‹ Le voyage du Levant. Publié et annotéChapitre 44 sur 68 · Ou buluk-bacby · texte numérisé non relu

Ou buluk-bacby

eux qui cinq janissaires, qui dix ou vingt; ils portent des plumets d'aigrette sur leurs chaperons blancs : aussi ont-ils l'air d'avoir une paire d'époussettes de Ferrare sur la tête; ils sont d'ailleurs vêtus superbement. Nous vîmes ensuite huit chevaux, que huit tchaouchs menaient par la bride. Et bien que ce fussent les plus beaux chevaux que j'aie vus de mes jours, il ne semblait pas qu'à des chevaux convinssent des harnais aussi précieux et magnifiques ; car les brides, les selles, les pectoraux et les rênes étaient d'or pur ou d'argent doré et travaillé, incrusté de tant de turquoises et autres pierres qu'on aurait plus vite fait de compter les grains semés en Lombardie ou le sable du ruisseau du Val délie Donne. Les croupes étaient couvertes de drap d'or uni, tout semé de perles orientales ; les selles ne se voyaient pas parce qu'elles étaient couvertes de housses (?) de velours cramoisi bordé d'or pur de sultanins, et sous ces housses étaient joliment pliées les couvertures d'écurie de ces chevaux. Le premier était déjà vieux, mais on jugeait bien encore qu'il avait été très beau, et l'on nous dit qu'en plusieurs guerres il avait fidèlement et vaillamment porté Sultan Soliman, et qu'en récompense il jouirait de tous ces honneurs jusqu'à sa dernière vieillesse. Les autres étaient autant de Bayards ou de Frontins1.

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