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Bostandjibachy, chef des jardiniers

i3 o VOYAGE DU LEVANT

din de Tarsena avec la même troupe, à l'époque où il voulait faire sortir sa flotte. Je m'étonnais grandement de voir qu'il ne recherchât pas davantage les conseils pour de si grandes entreprises et qu'il ne fût pas accompagné des capitaines ou des reis des • galères. Et pourtant il est certain que rien ne se fait dans tout cet empire qu'on ne lui en ait référé, et lui seul, sans le conseil d'autrui, ordonne et dispose de tout dans son État'.

Comme je me suis proposé d'écrire en détail ce que j'ai vu en Turquie, il ne sera pas hors de mon dessein de décrire l'ordre que j'ai vu observer dans l'administration de la justice, afin qu'on puisse clairement juger combien se trompent ceux qui s'imaginent que la Porte ottomane soit une copie de la cour des empereurs byzantins, et qu'après l'avoir vue

i. Ce n'était là qu'une apparence. Barbaro montre fort bien, p. 319, que le véritable chef de l'État était Mehemed : « Ma la somma dell' universal governo è tutta posta nella personna di Mehemet pascià... Distribuisce lui solo quasi tutti li carichi, gradi, officij ed onori di quello stato ; ... solo ascolta, consulta e risponde agli ambasciatori ; ... solo provvede ed ordina tutte le cose, e massimamente le più importanti, ed in somma passano per mano sua tutte le cose civili, criminali e di stato... » Malheureusement ce véritable homme d'État, capable de suivre les traces de Sultan Suleyman, était obligé de compter avec l'inimitié de ses collègues et les vices de Sélim. Voici quels étaient ses rapports avec le Sultan : « Espediti prima li negoziati (au grand divan) entra poi il primo visir a dar conto al G. S. di quanto più gli piace, non avendo ardimento niuno degli altri con una minima parola contradirlo ; ed il G. S. non ordina allora quello che gli piace, ma commette a Mehemet pascià la somma di tutte le cose. Ne in altra maniera anco esso primo visir put1) ragionare con il G. S. ; salvo che S. M. non lo chiamasse a qualche giardino... » C'est ce que dit du Fresne lui-même un peu plus loin.

on puisse être au courant des noms antiques des fonctions et des attributions de chaque fonctionnaire, ce qui est très obscur dans les livres qui en parlent. Le Turc est un destructeur et un dévastateur non seulement des empires et couronnes antiques, mais aussi des lois, usages, coutumes et même des noms des peuples soumis. Il se gouverne non par des idées philosophiques, mais au moyen d'une discipline telle que jamais elle n'a été observée que par des Turcs.

Donc revenant à mon premier propos, je dirai que le dimanche, le lundi et le mardi ' tous les pachas ensemble avec le mufti, les cadilesquers2, les secrétaires et trésoriers généraux3 et le chancelier, se rendent à l'aube au sérail du Grand Seigneur et tiennent audience jusqu'à dix heures . Là se discutent les procès de toute sorte, et ils se terminent rapidement, sans écritures ni avocats; chacun plaide pour soi; et s'il y a une question de droit, les pachas requièrent l'avis des cadilesquers et aussitôt donnent une sentence définitive. De même on y traite les matières fiscales, on y dispose des revenus du Grand Seigneur et on en tient registre.

1. Voy. Navagero.p. 93 ;Trevisano, p. 117 (à cette époque, 1554, iiy avait également divan le samedi); Postel, p. 122; Garzoni, p. 431.

2. « Cioè dottori délia legge dell'esercito, uno di Grecia, l'altro di Natolia... Sono esecutoridelle leggi, et di consentimento delli Bassà pongono et privano gli cadi... » Ils ont un timar de 7,000 ducats, 2 ou 300 esclaves, 10 secrétaires, etc. (Ramberti, f° 136). — Postel, p. 121.

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