‹ Le voyage en Chine operacomique en trois actesChapitre 3 sur 79 · ACTE I MARIE · texte numérisé non relu

ACTE I MARIE

Papa est donc à Paris?

Il vient de partir il y a une demi-heure arec la petite voiture d'osier... 11 est allé prendre l'heure à la Bourse.

MARIE

Comment I il est allé à Paris pour cela !

MADAME POMPÉRY, ironiquement.

Hier, nous avons eu une petite altercation, il m'a dit ? Est-ce qu'on ne dîne pas, il est six heures... Six heure 8 moins un quart, lui ai-je répondu, en lui montrant la pendule. — Six heures trois, a-t-il répondu en tirant sa montre. — Tu avances. — C'est toi qui retardes. — Non. — Si. — Non. — Si. — Et pour me prouver que j'avais tort, il est parti ce matin chercher l'heure à la Bourse.

MARIE

Ah ! je reconnais bien là mon père.

MADAME POMPÉRY

Oh ! il n'est pas Breton pour rien!... et quand il a dit : Non ! c'est pour la vie.

BERTHE

C'est bien vrai ! Avant-hier encore il a eu une discussion des plus violentes avec M. Maurice Fréval.

MADAME POMPÉRY

Ton père prétendait que ce jeune homme lui avait sauvé la vie, M. Maurice s'en défendait.

BERTHE

Si. — Non. — Si. — Non.

Cela a duré vingt minutes.

BERTHE

Et M. Maurice a été obligé de céder.

MARIE

Je ne vois pas dans quelles circonstances il aurait pu sauver la vie i mon père.

MADAME POMPÉRY

Ni moi ! Certes, je ne veux pas jeter de défaveur sur ne

jeune homme... il est charmant, spirituel, bien élevé...

BERTHEt

Et officier d'état-major.

MARIE

Dans la garde nationale.

BERTHE

Et il aime les fleurs !... 11 vient tous les jours de Paris avec deux bouquets... un pour ma sœur, un pour moi...

MADAME POMPER Y, à part.

Il est évident qu'il recherche une de mes deux filles... mais laquelle?...

(Haut.)

Berthe, comment trouves-tu ce jeune homme?

BERTHE

Oh ! très bien ! très aimable !

MADAME POMPÊRY.

Et toi, Marie ?

MARIE

Oh ! très bien ! très aimable !

MADAME POMPÉRY

Oui! (a part.) Je ne suis pas plus avancée.

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