SCÈNE IV
HENRI, AL1D0R, puis POMPÉRY et MARIE.
ALIDOR, joyeux.
L'épouser dans un mois !... l'épouser dans un mois !...
HENRI s'approche d'Alidor et le salue.
Monsieur de Rosenville
ALIDOR
Alidor de Rosenville!...
HENRI
Monsieur Alidor de Rosenville, j'ai fait vœu de tuer tous les prétendants de M lle Marie.
ALIDOR
Hein? Plaît-il?
Si vous l'approchez à plus de trois pas, vous êtes un homme mort.
(il tire un pistolet de sa poche et le lui montre.) ALIDOR.
Qu'est-ce que c'est que çà ?
HENRI
Un révolver.
ALIDOR
Je l'avais bien vu. m
POMPÉRY, entrant aver Marie.
Viens, ma fille.
MARIE, apercevant Henri.
Ah ! lui !
POMPÉRY, à Marie.
Voici M. Henri de Kernoisan, que tu as entrevu à Naples chez ta tante... Il vient de me faire l'honneur de me demander ta main.
MARIE , atec joie.
Ah!
POMPÉRY
Et je la lui ai refusée... (gracieusement à Henri) et je la lui refuserai toujours.
MARIE
Mon père ...
Voici M. Alidor de Rosenville, qui m'a fait également l'honneur de me demander ta main... je la lui ai accordée... (gracieusement à Henri) et je la lui accorderai toujours.
ALIDOR, l'oubliant, fait un pas vers Marie.
Ah! Mademoiselle...
HENRI, tous.iaut fortement.
Hum!
ALIDOR, il se recule brusquement fi «lit vivement à Henri, en lui montrant
l'espace qui le sépare de Marie.
Je suis daus mes limites.
MARIE
Vous ôtes libre de disposer de ma main, mon père (marchant sur Aiidor), mais je m'adresserai à Monsieur, qui est un galant homme.
ALIDOR
Certainement, pas si près...
MARIE, marchant toujours sur lui.
Je compte sur votre loyauté, Monsieur...
Pas Si prèS ! (il tourne et passe de l'autre côté.)
POMPÉRY
Eh bien! il se sauve! (L'arrêtant.) Qu'avez-vous donc?... Allez donc?... Parlez, corbleu !...
ALIDOR
Oui... d'ici... (s'animant et hélant) Mademoiselle, mon cœur
Va pa... papa... pa .. arler. (il fait un paa vers Marie. Henri arme la détente de son pistolet. Alidor pousse un cri et porte vivement la main à son gosier.)
Ah ! mes cailloux !
POMPÉRY
11 a avalé ses cailloux... (n lui offre un verre d'eau.) Buvez ça, ça les fera descendre.
HENRI, à Marie, à voix basse.
11 ne nous reste qu'un moyen d'arracher le consentement de votre père.
MARIE
Lequel?
HENRI
Fuyez avec moi !...
MARIE
Que me proposez-vous?... Jamais !
(La ciel s'est obscurci, la musique commence en ?ourdine annonçant la pluie.)
ALIDOR, finissant son verre d'eau.
Ah ! çà va mieux ! Pourvu que çà n'aille pas me donner la pierre !