ACTE III
HENRI
Moi, je n'ai pas été vous chercher... Qu'est-ce que vous êtes venu faire ici ?
Une promenade en mer.
HENRI
Eh bien ! vous serez servi à souhait.
POMPÉRY
Pas de jeux de mots... Vous nous débarquerez en arrivant à Madère.
HENRY
Ah ! impossible!... je le voudrais que je ne le pourrais pas.
TOUS
Pourquoi !
HENRY
Mes instructions sont formelles... j'ai ordre de ne relâcher qu'à Canton.
TOUS
A Canton ! !...
BONNETEAU
Qu'à Canton !
POMPÉRY
Ah ! ça, trêve de plaisanteries... Vous veus moquez de nous !
Monsieur, quand je suis à mon bord, je ne plaisante jamais l
POMPÉRY, aller*.
En Chine !
BONNETEAU, de même.
En Chine l
POMPÉRY
En Chine ! (ua* à *a fcmme.) As-tu de l'argent sur toi?
MADAME POMPÉRY
J'ai 29 francs !
POMPÉRY
Et moi 34 !
MADAME POMPÉRY
Tâche de le fléchir... Si nous lui faisions parler asd Marie ?
POMPÉRY
Ma fille ! jamais !
BERTHE
Papa !
BONNETEAU
Monsieur Pompéry...
Je vais tâcher... pour vous... pour vous seuls... de lui dire quelques mots affables, (n s'approche d'Henri.) Voyons... capitaine, bâbord ! nous sommes des gens raisonnables, tribord ! il y a peut-être un moyen de s'entendre, sabord !
HENRI, à part.
Il y vient ! j'en étais sûr !
POMPÉRY
Faites vos conditions.
HENRI
Ce que vous dcmandez-là est très grave... enfreindre mes ordres, c'est m'exposer à la perte de mon grade... Eh bien ! atcordez-moi la main de votre fille et je vous ramène à Cherbourg.
POMPÉRY
Tout ! excepté cela !
HENRI
Et moi, je ne veux que ça!
POMPÉRY
Je vous l'ai dit : le cou dans la corde...
HENRI
Alors, allons en Chine.
POMPÉRY
Allons en Chine.
HENRI, à part.
Maudit Breton !
POMPÉRY
Après tout, on n'en meurt pas, pour aller en Chine 1
BONNETEAU
Mais moi, j'ai mon étude... ma liquidation.
POMPÉRY
C'est quatre mois de traversée.