‹ Le voyageChapitre 16 sur 42 · TILL EN · texte numérisé non relu

TILL EN

DBANHUT DU XIVE siécle,

Musée

de Cluny (d’après

nature

ménétriers, lutteurs, porteurs de fardeaux et fauconniers.

Le couvercle est décoré de douze médaillons à figures, de forme quadrilobée, séparés entre eux par des animaux chimériques ; les encadrements sont composés ‘de feuillages, de figures de bêtes en chasse et sont relevés par des pentures en relief; des scènes d’amour, des combattants, des tournois, des joueurs de musique, des jongleurs, occupent les douze médaïillons principaux dans lesquels la naïveté des figures ne le cède en rien à l'imagination du sculpteur.

Les bases du coffre consistent en quatre bas-reliefs d'animaux fabuleux avec grandes arcatutures à jour.

La forme de ce meuble, quoiqu’un peu épaisse et parfois grossière, est fort belle; il a été peint autrefois. (Voir la serrure et son entrée, page 87.)

La façon dont le couvercle du bahut roule sur ses charnières mérite d’être mentionnée. Les deux montants de derrière forment charnière à leur ex-. trémité (voir gravure, page 91) et reçoivent une fiche ou plutôt un boulon sur lequel roule le couvercle. Afin d'éviter que le contre-coup de ce couvercle ne vienne à fatiguer les charnières de bois, lorsqu'on le laisse tomber, deux bouts de chaîne À, attachés à un piton et à l'extrémité de la penture, arrêtent les deux angles postérieurs de l’abattant. Ces chaînes ont encore pour effet d'empêcher de forcer le meuble en brisant les charnières ou

‘ en enlevant les fiches. Ce couvercle, à gorge suT les côtés, tombe dans une feuillure garnie de goujons B, qui arrêtent tout mouvement de va-et-vient,

et maintiennent la gorge parfaitement fixe dans $ sa feuillure. Les ais du coffre sont fortement maintenus par des membrures intérieures, et l'on observera que le couvercle n’est pas plan maïs forme deux parties s'inclinant légèrement à droite et à gauche, ce qui donne au meuble un caractère de solidité particulier; le couvercle est maintenu ou- “4 vert au moyen d’une chaîne intérieure. | ca

À ce sujet, nous remarquerons que, dans les LS meubles encore existants, antérieursau XVe siècle, | 4 les ouvriers paraissent plus préoccupés du style a que de l'exécution. Il semblerait que jusqu’à cette | Fi époque, les artistes, les maîtres, prenaient le soin | js de donner à ces objets une forme pure, dans le | mode du temps, même pour des ustensiles de ménage répondant à un usage journalier ; tandis que plus tard, à la Renaissance, l'exécution l’emportera sur la composition et sur le style.

Au XIV: siècle, l'usage général fut de placer à profusion et un peu partout dans les pièces de l'ha- , bitation, des bahuts servant de bancs maïs il s’en trouvait toujours un d’une contenance plusgrande, ue d'un aspect plus noble, fermé avec plus de soin que les autres, qui contenait l'argent, les bijoux et tous les objets précieux constituant la fortune du maître et de la maîtresse de la maison.

Une chronique nous rapporte le peu de scrupule

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