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FRAGMENT DU BAHUT DU MUSÉE DE CLUNY (Extrait du Dict. du Mobilier, Viollet-le-Duc),
de Duguesclin adolescent, quine craignit pas d’enfoncer la huche de sa mère, pour distribuer à ses compagnons d'armes et de jeux, l'argent qu’elle contenait :
Quant argent i faloit et petit argent a, En la chambre sa mère, privéement entra, Une huche rompi ou escrin trouva Ou les joïaux sa mère sachiez, (cachés) estoient là, Et argent et or fin que la dame garda Bertrand mist tout à fin, à ses gens en baïilla Et quand la dame sçeut comment Bertrand ouvra À. démenter se prist, son argent regreta.
(Chronique de Du Guesclin, vers 657 et suivants).
Le bon connétable préludait ainsi aux nobles jeux de la guerre; forcer les coffres de sa mère ne devait point, en effet, effrayer celui qui sut si bien mettre à mal ceux du pape au profit des malandrins et des tards-venus composant l’armée qu’il menait combattre en Castille.
Un curieux écho du moyen âge nous arrive si l’on consulte les règlements édictés par Saint Louis dans le but de réformer le système des corporations. Après avoir pris avis des intéressés, il chargea les maîtres de chaque corps de métier de rédiger, sous la direction d’Etienne Boileau, prévôt de Paris, le code commercial connu sous le nom d’ « Etablissements des métiers/de Paris. » Pour la première fois les anciennes coutumes usitées en
matière de commerce furent rédigées et Les attri-
butions de chaque métier ou corporation déterminées d’une manière précise. En examinant ces intéressants documents, on voit que les huchiers ou huchers faisaient partie de la corporation des charpentiers. Leur travail se ressentait certaine-
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ment de ce voisinage dont la hache est le meilleur
argument; il était d'aspect assez grossier, sans la moindre visée artistique et d'un usage répandu dans le populaire : c'était le meuble courant.
Les ébénistes, que l’on appelait aussi fableftiers, s’appliquaient aux ouvrages plus fins et plusrecherchés. Ils employaient des bois précieux, de l’ivoire, de Ia corne, des métaux et se montraient assez habiles dans lesincrustations. Ce sonteux qui produisaient ces coffres et ces coffrets dont il sera parlé plus loin, réunissant une architecture délicate
et de bon goût à des sculptures d’une naïveté souvent exquise, Ils paraissent surtout s'être consacrés aux meubles portatifs destinés à faciliter les dépla-
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cements de leurs propriétaires; ils seraient, sous le nom de huchiers-tablettiers, les ancêtres des fabricants d’articles de voyage d'aujourd'hui; en tous cas ils sont assurément les précurseurs des menuisiers de l'Administration des Pompes funèbres, ainsi qu’on en va juger :
« Les ouvriers, dit le règlement des patrons « huchers d’Etienne Boileau, ne pourront travailler « chez les clients du maître hucher que par son « ordre; de plus, défense est faite aux maîtres de
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