‹ Le voyageChapitre 18 sur 42 · EE CZ · texte numérisé non relu

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BAHUT DU MUSÉE DE CLUNY (o

« procurer outils aux ouvriers qui ne travaillent « qu’à la tâche ou à la journée, de même défense « de louer huches à gens morts. »

Nous comprenons la vente, maïs la location ?

Plus tard, les bahutiers ou coffretiers-malletiers s’organisèrent en une corporation dont les statuts furent élaborés en 1596. La maîtrise fut fixée à 750 livres avec le brevet et ne put s’obtenir qu'après cinq ans d'apprentissage suivis de cinq autres années de compagnonnage. Le travail fut interdit à ces artisans avant cinq heures du matin et après huit heures du soir à cause du grand bruit qu'il nécessitait. C’est probablement de cette époque et à cause de cette interdiction que l'esprit public, toujours frondeur, mit au jour le gros calembourg suivant, en parlant sans doute d’un homme à l'intelligence peu développée :

Ïl raisonne comme un coffre !

en jouant sur le mot résonner.

Les huchiers-bahutiers adoptèrent pour patron saint Jean de la Porte-Latine.

Les bahuts ne conservèrent pas plus tard que le XIV® siècle, le caractère de coffre ferré. Lorsque les intérieurs d’appartements reçurent de riches boiseries, de somptueuses tentures, etc., on abandonna petit à petit le coffre uni, on rendit les ais plus épais pour pouvoir les sculpter à plein bois et les huchiefs furent réputés et devinrent des artisans habiles. :

Au XV® siècle, on renonça aux ais épais pour former des panneaux assemblés par des montants

et des traverses. Les pentures furent remplacées

par des ouvrages de serrurerie moins apparents mais délicatement travaillés.

À titre d'exemple de ce qui précède, nous donnons page 95, la vue d’une huche du XIV®- siècle; on voit, qu'on faisait alors des meubles énormes contenant des coffres. Le devant est divisé en deux vantaux retenus par une feuillure, un loqueteau et le moraïillon attachéaucouvercle.Cette disposition est nécessaire pour pouvoir tirer les coffres’ dont

le nombre est de quatre, qui sont séparés par une

tablette de façon à ce que ceux du dessus n’appuient pas: directement sur ceux du dessous et qu’on puisse les tirer tous à volonté. Quand on partait en voyage, on mettait dans l'un de la vaisselle, dans l’autre du linge, dans le suivant des habits et enfin, dans le quatrième, des armes. Chaque coffre est encore divisé en trois petits

tiroirs de sorte que, par exemple, dans celui de la

vaisselle on mettait séparément l’argenterie, les bijoux et les épices ou dragées. La huche entière étant soigneusement fermée, on l’enveloppait dans des peaux munies de boucles qui servaient à l’attacher et l’on pouvait, à volonté, la placer sur des bêtes de somme ou sur un chariot. Voulait-on retirer les coffres intérieurs de la huche? on les chargeait à part, on Ôôtait la tablette mobile de séparation et l’on remplissait l’intérieur du meuble

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