CAISSE DE VOITURE DE VOYAGE
Du XV: siècle, conservée à la Douane de Constance (d’après nature).
au long corps dégingandé, au nez en bec d’oiseau de proie et qui tient un petit modèle de gouvernail dans la main droite.
Plus loin, les résultats du conseil tenu précédemment ne se sont point fait attendre : de sérieux préparatifs d'embarquement d’armes et de muni-. tions occupent de nombreux personnages. Ici, deux hommes lourdement chargés peinent sous le poids d’une armure couverte d’écailles de fer dans les manches de laquelle on a passé un bâton qu'ils appuient sur leurs épaules ; là, d’autres valets portent des haches, des heaumes, des cuirasses et des épées. Dans un coin de la tapisserie, deux personnages attelés chacun à une bricole analogue à celle dont se servent les gens qui mènent des voitures à bras, halètent, dans l'attitude lamentablement naïve des dessins du moyen âge, en traînant une voiture composée d’un long tonneau cerclé de fer surmonté d’un ratelier d'armes, dans lequel sont
dressés des piques et des heaumes. Les rayons des
roues sont fusiformes et celles-ci ne sont pas cerclées de métal.
En continuant l'examen de la tapisserie, on arrive à l'endroit où sont représentés les navires qui emportent l’aventurier normand et son armée. Le mât d’une des galères est terminé par un écusson surmonté lui-même d’une croix. Les voiles sont gonflées à se rompre et les guerriers, leurs boucliers couchés à côté d’eux, devisent pendant que les matelots travaillent à la manœuvre, La
poupe est terminée par une tête de lion, la proue porte un bouffon en bois sculpté, d’une maïn tenant un petit drapeau, de l’autre, sonnant de l’olifant. Une autre galère contiguë enmène avec elle de la cavalerie.
Mais laissons la description de navires dont la construction ne rentre pas dans notre sujet et revenons aux moyens de transports terrestres.
Outre le char, le chariot et la charrette, un des moyens les plus usités de voyager était la litière. On appelait ainsi un lit couvert ou non d’un dais complété lui-même par des rideaux, posé sur un brancard et porté par deux chevaux. Les brancards étaient longs et flexibles, de façon à amortir les secousses produites par la marche; on faisait porter ces brancards sur un harnais posé sur le dos du cheval. Ce mode de locomotion, étant donnée l’absence presque complète de routes, était encore plus employé que le voyage par chariots.
Dans nos plus vieilles chroniques nous retrouvons des passages où il est parlé de litières.
Dans le Roman du Renart:
I vist une tout gentils geline Que l’on omenoit en litière Fete autresi con une biere. (1)
Dans un manuscrit aussi rare que curieux, « Li Roman de Robert le Dyable » (XIV: siècle), l'empe-
(1) Roman du Renart, vers 9978 et suivants,
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