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«Pour les courses dans le terroir
« pour une lieue et heure portante et
<del RARE st Nr r0e SL, « Pour demi-lieue etdemi-heure de
€ AVANT ENS A RE ve t6 s « Pour un quart de lieue et un bon
quart de travail 2 nr ane ne D'EAU,
En terminant ces quelques lignes sur la chaise, mentionnons que la dernière d’entre elles qui soit employée encore aujourd’hui est la sedia gestatoria ou chaïse stercoraire sur laquelle le Pape, dans les grandes fêtes religieuses, fait le tour de Saint- Pierre-de-Rome. La première fois qu'on l'y fait asseoir, le jour de son intronisation, les chantres psalmodient :
Suscilans a terra inopem et de stercore erigens pauperem
pour lui rappeler qu’il n’est qu’un simple mortel, bien qu'il soit sur le point de devenir le roi des rois, le vicaire de Jésus-Christ.
Au XVII siècle, l'industrie qui, depuis a su porter si haut le renom de notre pays à l'étranger, la carrosserie française, n'existait presque pas. On ne parlait que des carrosses de Bruxelles pour leur solidité, de ceux d'Allemagne pour leur légèreté et de ceux d'Angleterre pour le luxe, l'élégance et le confortable qu'ils offraient. L'acier manquait en France, tandis que l'Allemagne avait ses aciers naturels et ses étoffes, comme l'Angleterre ses aciers
cémentés et ses cuirs. Ce fut le premier obstacle qui s’opposa au perfectionnement de la fabrication des carrosses chez nous.
Cependant, nous possédions un certain nombre d'ouvriers habiles, et les carrosses de cérémonie, ceux qui servaient pour le sacre des rois, pour nos ambassadeurs dans les divers pays, furent toujours des objets de grand luxe qui sortirent de mains françaises. Le passage suivant, du journal de Barbier, montre quelle prodigalité on Depot dans des voitures d'apparat:
« On fait ici des carrosses superbes pour l'entrée « du duc de Nivernais, ambassadeur de France, x dans la ville de Rome. Ces carrosses ont été pla- « cés dans une grande loge en planches que l’ on a « construite dans la cour du Carrousel, vis-à-vis le « Louvre, pour les laisser voir au public. Il y a. « trois carrosses; mais surtout les deux premiers sont de la dernière magnificence. Ils sont d'abord « d'une grandeur considérable; la caisse, parfaite- « ment sculptée et dorée, aussi bien que les roues, « les panneaux, d'une très belle peinture; les « mains de ressort et boucle de soupente, travail- « lées au mieux et dorées en or moulu. L’un,en « dedans, est garni d'un velours cramoisi tout re- « levé en bosses d'or et d’une très belle broderie, «avec les galons et les franges; l’autre est tout en « bleuet or, caisseet train, velours bleu tout brodé « d’or. On dit qu'on n’en a point vu d'aussi grand « goût. Aussi a-t-on mené les deux beaux carros-
L'E VOYAGE à <h(245
« ses bien couverts à Choisy, dans le dernier « voyage du roi, pour les lui faire voir et on doit « les embarquer incessamment pour les envoyer à « Rome. »
Maintenant que nous avons pu nous faire une idée de la magnificence des voitures royales aux XVI et XVIII siècles, il nous reste à parler de ce qu'on entendait par « monter dans les carrosses du roi. »
Nul n'était, jadis, admis à monter dans les carrosses du roi s’il n'était présenté, et il fallait, pour cela, obtenir l'agrément de Sa Majesté, ce qui était impossible à moins d'occuper une position élevée par sa haute naissance, par ses fonctions ou parses services. Monter dans les carrosses du roi était même une sorte de preuve de noblesse dont on se targuait en citant complaisamment parmi ses ancêtres celui qui avait eu cet honneur. Nulle règle, en cela, ne limita d’abord le choix des admissions, qui dépendaient uniquement du bon plaisir du souverain mais à partir de la minorité de Louis XV, la présentation fut soumise à une forme plus régulière. Il fallait occuper un rang parmi la noblesse titrée et faire un simulacre de preuves, car on tenait un registre exact des personnes qui avaient joui de l’honneur de monter dans les carrosses. Les requêtes en présentation, malgré cette difficulté, devinrent si nombreuses qu’un réglement, paru en 1760, exigeait que les personnes qui sollicitaient, fournissent les preuves d’ une noblesse re-
montant à 1400. Cette date de 1400 fut choisie parce que c'était celle de l’époque à laquelle les anoblissements avaient commencé à être en usage et que tous ceux qui remontaient au-delà devaient être considérés comme nobles d’origine. Ces preuves
devaient être faites par la production detrois titres
originaux par chaque degré de filiation et l’on n’admettait ni les jugements de maintenue, ni les arrêts du Conseil d’État et des autres Cours supérieures.
La présentation, pour les seigneurs, était la cérémonie la plus simple : le premier gentilhomme de service nommaïit au roi la personne en lui donnant la qualité que l’impétrant avait choïsie, car il fallait, si le présenté n’avait pas de titre, qu’il en prit un parmi ceux de marquis, comte ou baron, celui de duc excepté, la concession n'en appartenant qu’au roi. Sa Majesté répondait par une inclination de tête ou par quelques mots aimables, et l’impétrant avait, de ce moment, le droit de suivre le cortège royal à la chasse; c'était ce que l’on appelait alors « monter dans les carrosses du roi».
Quelquefois, cependant, des circonstances particulières firent, même sous Louis XIV, le roi le plus pointilleux sur les questions d’étiquette, déroger à l’usage de la présentation. Mr° Colbert est la première femme de secrétaire d'Etat qui ait monté dans les carrosses du roi; voici à quelle occasion :
Louis XIV avait confié à la femme du grand ministre M'e de Blois, fille de Mie de La Vallière, de-
puis sa naissance jusqu'à son mariage avec M. le prince de Conti, en 1680. La reine, à qui Me de La Vallière avait toujours témoigné les respects les plus humbles, prit en amitié M!e de Blois; elle la menait souvent promener evec elle. M®° Colbert ne pouvait accompagner son élève niaux promenades, ni aux collations qui se faisaient parfois à Saint- Germain, avec les dames de la suite de la reine. Cependant, Mie de Blois devenait grande et la reine ne trouvant pas décent qu'elle fût sans gouvernante dans les parties où elle ne pouvait pas toujours être sous ses yeux, demanda au roi que Me Colbert ne quittât plus son élève. Cet honneur, accordé par décence, subsista par une sorte de
‘prescription après la mort de Mie de Blois.
Il n'y avait, parmi les ecclésiastiques, que les cardinaux, les prélats pairs, ou ceux qui avaient le rang de princes étrangers qui pussent monter dans les carrosses du roi et manger avec lui. L’évêque de Fréjus, Fleury, qui n’était pas encore cardinal, fut le premier en faveur de qui on dérogea à cet usage; le régent lui accorda cela comme une grande faveur. Mais à part ces circonstances exceptionnelles, les règles de l'étiquette étaient scrupuleusement observées, prenons en à témoin le passage suivant des Mémoires du duc de Saint-Simon :
« Ilarriva, depuis son mariage, que Monseigneur & (le grand Dauphin) revenant de courre le loup, « qui l’avait mené fort loin, manqua son carrosse « et s’en revenait avec Sainte-Maure et d'Urfé, Il
« trouva en chemin un carrosse de M. le Duc, dans « lequel était Xaïintrailles, qui était à lui, et le « chevalier de Sillery, qui était à M. le Prince de « Conti et frère de Puysieux, qui fut depuis cheva- « lier de l'Ordre. Ils s’étoient mis dans ce carrosse « qu’ils avoient rencontré et y attendoient si M. le « Duc ou M. le Prince ne viendroient point. Mon- « seigneur monta dans ce carrosse pour achever « la traite, qui étoit encore longue jusqu’à Ver- « sailles, y fit monter avec lui Sainte-Maure et &« d'Urfé, laissa Xaintrailles et Sillery à terre, quoi- « qu'il y eut place encore de reste et ne leur offrit « point de monter. Cela ne laissa pas que de faire « quelque peine à Monseigneur par bonté et le « soir, pour sonder ce que le roy en penseraïit, il « lui conta son aventure et ajouta qu'il n'avait osé « faire monter ces Messieurs avec lui : « — Je le « crois bien, lui dit le roy en prenant un ton un peu « élevé, un carrosse où vous êtes devient le vôtre « et ce n’est pas à des domestiques de prince du « sang à y monter > |
« Mr de Langeron en a été un exemple singu= « lier : elle fut d’abord à M? la Princesse, et tant « qu’elle y fut, elle n’entra point dans les carrosses « nine mangea à table. Elle passa à Madame de « Guise, petite-fille de France, et dès ce moment « elle mangea avec le roy, la Dauphine et Madame, « car la reine était morte avec qui elle aurait mangé . « aussi, et entra dans les carrosses sans aucune. difficulté. La même Ms* de Langeron quitta M"°
« de Guise et rentra à M"* la Princesse et dès lors « il ne fut plus question pour elle de plus entrer « dans les carrosses, ni de manger. Cette exclusion « dura le reste de sa longue vie et elle mourut chez « M" la Princesse. »
Il arrivait parfois que, après avoir produit toutes les justifications nécessaires à l'effet d'obtenir la précieuse faveur, le roi la refusait par une boutade. Un cahier original, annoté de la main même de Eouis XVI coment la liste exacte de ceux qui avaient fait leurs preuves, sans cependant monter dans les carrosses. Voici cette liste où les mots en italiques sont ceux que le roi avait écrits de sa main :
« Le comte de Hay : refusé; le marquis de Gour- « jault père, capitaine à la suite des dragons : a cé- « dé les honneurs à son fils; le chevalier de Ponta- & vice : un de ses cousins du même nom y ayant « monté, il peut regarder sa preuve de noblesse « faite; Brachet de Floressac, sous-lieutenant au « régiment de Monsieur-Infanterie : 1! peut regar- « der comme ayant monté; le comte de Charry, & sous-lieutenant au régiment de Vexin : un de ses & COUSins ayant monté, il peut regarder sa preuve de « noblesse faite; de Livron, sous-lieutenant de ca- « rabiniers : son père ayant monté, il peut regarder « sa preuve de noblesse faite; le marquis de Chef- « fontaine : a cédé les honneurs à son fils; le vi- « comte de Châteauneuf-Randon : méme annotation
« que pour Livron; le comte de Mac-Carthy-Levi-
gnac, sous-lieutenant aux cuirassiers : Même annotation; Bongrenet de la Tonnaye, sous-lieute-
nant au régiment de Monsieur : différé; le marquis de Montholon, mestre de camp du régiment de Penthièvre : passé; le marquis de Rochemaure, capitaine à Royal-Cravate : aftendre; le marquis de la Ferronnière, mestre de camp de dragons : refuse; le comte du Touchet, capitaine de dragons : refusé; le marquis de Fenouil, sous-lieutenant en second aux gardes françaises : passe; le chevalier Théobald de Hofflize, capitaine au régiment de Languedoc-Dragons: différe; le comte de Graveson de Clément, capitaine au régiment royal de Pologne : refusé; le marquis de la Pasture, ancien mousquetaire du roi : refuse; le marquis de Lastours, fourrier-major des gardes du corps du roi: ne peut pas, n'ayant accorde celte distinction qu'aux lieutenanis et sous-lieutenants des gardes du corps; Ayÿmar de la Chevalerie : ne se peut pas; le comte Le-Noir-de-Pas-de- Loup, lieutenant aux carabiniers : refusé; le comte de Turpin: y renonce pour son frère; le comte de Mosselmann : n’est pas au service, ne se peut pas; le marquis de Gabriac, sous-lieutenant de remplacement au régiment de Conti- Dragons : attendre; le chevalier de Gauville, capitaine d'artillerie au régiment de La Fère : son frère y ayant monte, il est inutile qu'il y monte pour ses preuves; le comte de Puisaye, capitaine au régiment des chasseurs de Franche-Comté :
« refuse; le marquis de Bouthilliers, colonel au ré- « giment de Picardie : refusé. »
Sa Majesté, on le voit, se montrait assez sévère et n’aimait pas les doubles emplois. Le pauvre roi, dont le seul crime fut une horreur exagérée de verser le sang de ses sujets, qui, eux, n'eurent pas le même scrupule en ce qui le concernait, le pauvre roi, répèterons-nous, monta, à trois époques solennelles de sa vie, dans trois carrosses différents dont la description terminera notre étude de cette principale manière de voyager au XVII siècle.
La première voiture qui marqua profondément dans la vie du roi Louis XVI fut celle de son sacre, duieut Heu Aa Retms le 11 juin 17 1Ce Carrosse existe encore, il est conservé à Trianon, dans la remise des voitures de gala, dont nous parlerons plus tard, et est appelé aujourd’hui carrosse du ConsubtOest dans ce véhicule, en eftet, que le Premier Consul se rendait au fêtes officielles. Il a été repeint et redoré entièrement; la dernière fois qu'il sortit, ce fut pour conduire à la Malmaison l’ex-impératrice Joséphine après son divorce.
De la manière dont il était peint, nous savons peu de chose, cependant des documents nous enseignent qu’ilétait intérieurement garni de velours bleu d'azur, rehaussé de fleurs de lys d’or.
La seconde voiture fut une grande berline de voyage qu'un jeune seigneur suédois, le comte de Fersen, donné comme amant de la reine dans un
pamphlet du temps, commanda chez Louis, le premier carrossier des Champs-Elysées et qu’il paya
deux cent cinquante louis comptant. L'intérieur en avait été particulièrement soigné, on y pouvait tenir six personnes parfaitement à l'aise.
Cette voiture avaitété établie en vue d’un long et rapide voyage. Derrière, suivant la mode de l’époque, une vache, sorte de grande malle en bois, recouverte de cuir épais, était fixée solidement, tandis que sous l’appuie-pieds du cocher, un veau, manière de malle plus petite, avait sa place
ménagée., Le siège était disposé de façon à ce que
trois personnes y pussent prendre place : le cocher au milieu et un homme de chaque côté.
Dedans, les sacs de nuit et les valises étaient dissimulés sous les banquettes et dans les coffres, ainsi qu'un nécessaire de toilette, qui fut une des causes de la perte du roi.
Cette voiture, nos lecteurs l’ont deviné, était celle qui devait transporter le roi à Metz et qui fut si malheureusement arrêtée à Varennes, le 20 juin 1791, à minuit moins un quart. Elle avait été faite secrètement par le carrossier qui avait, à la lettre, suivi les instructions de M. de Fersen; mais Desbrosses, le fabricant d'articles de voyage de la rue Notre-Dame-des-Victoires, avait, lui, voulu faire un petit chef-d'œuvre du nécessaire tout en vermeil qui lui avait été commandé, il y avait deux mois déjà, soi-disant pour faire un présent à l’archiduchesse Christine, gouvernante
È cf de 1 IS PTS,
pe
des Pays-Bas. Tout Paris défila chez l’habile fabricant, admirant, soupesant et... glosant, car à la vérité, à moins d'afficher l'intention de son départ sur les murs, l’infortunée famille royale ne pouvait pas être plus imprudente..…….
On sait la suite: l'arrestation du roi et de tous les siens, son internement aux Tuileries le 20 juin, le 10 août 1792, le Temple!
Nous n’avons point entrepris un récit historique au sens propre du mot, bien que, souvent, notre modeste tâche côtoie de près l'histoire. Nous ne nous appesantirons point sur les conséquences fatales de l'arrestation à Varennes; mais nous déplorerons que ce soit par ou à cause de ces innocents articles de voyage, dont nous venons d’esquisser les différents perfectionnements à travers les âges, que la famille d'un monarque et lui-même périrent, les uns sur l’échafaud et les autres dans l'exil. Petites causes, grands effets
Enfin | letroisième carrosse du roifut pour lui la voiture suprême |
Louis XVI eut le sinistre honneur d’être le premier et le dernier de son royaume qui fut conduit à la mort autrement que dans une ignoble charrette. Sa chère femme, la pauvre Marie-Antoinette, connut ce dernier outrage, qui était bien peu à ses yeux après l'accusation d’avoir dépravé son fils. Le véhicule que, dans sa munificence, la Commune mettait à la disposition de la victime de la Convention, était une voiture de place à la garniture
intérieure en drap foncé et dont la caisse était peinte en vert. Cette voiture avait à peu près, si nous en croyons une estampe du temps, la forme d'une de ces berlines de deuil, haut sur roues, employées actuellement par la Compagnie des pompes funèbres à Paris. Le cocher, dont l'histoire n’a point conservé le nom, était coiffé du chapeau bicorne en bataille, fort à la mode alors, et que plus tard Napoléon illustra.
Quand le roi, après avoir traversé la première cour intérieure du Temple, arriva dans la seconde, il aperçut le fiacre auprès duquel se tenaient deux gendarmes dont l’un ouvrit aussitôt la portière et s installa le premier.
Louis monta à son tour, en faisant signe à 1 abbé Edgeworth de Firmont, son confesseur, de le suivre: après eux, le deuxième gendarme, un officier, le lieutenant Leblanc, pénétra à son tour dans le véhicule et ferma la portière derrière lui.
La voiture roula pendant que le roi, penché sur un petit livre, le bréviaire de son confesseur, suait les dernières sueurs de son agonic.
On prétend que le précieux manuel de prières appartient aujourd'hui à Mr° la duchesse des Cars: si cet humble recueil pouvait parler, lui qui reçut les dernières confidences du royal pee que nous dirait-il ?
Après l'exécution, la voiture qui conduisit le roi à son Golgotha disparut. Elle n'eut point l’ironique destin de la guillotine qui servit le 21 Jan-
vier; elle n’alla point échouer, pour le grand esbaudissement des badauds et des cokneys de | Londres, dans le musée de M Tussaud. Peutêtre, à son heure, fut-elle simplement détruite et ses ressorts et essieux furent-ils jetés à la ferraille par un ouvrier insouciant ?
Che lo sa ?
Trois voitures marquèrent pour Louis XVI, les heures les plus solennelles de sa vie : son avènement au trône, sa fuite, sa mort! Sombre trinité |
À ce titre, à cause de ces trois voyages si différents, nous devions constater, dans un ouvrage comme le nôtre, ces incidents du règne du meilleur et du plus faible des rois. à
Détournons les yeux d’aussi lamentables tragédies et revenons à notre sujet.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, pour voyager rapidement, on employait couramment la chaise de poste. C'était une berline légère, construite avec une extrême solidité et qui s’attelait à deux, quatre ou six chevaux. Celle qui devait faciliter la fuite du roi et qui fut arrêtée à Varennes, était attelée ainsi. Sur le dessus de la voiture, sur le derrière et sur le devant, étaient ménagés des emplacements pour y fixer solidement les bagages. Parfois une bâche mobile les protégeait.
En général, un courrier précédait la chaise pour préparer les relais. La voiture arrivait, roulant comme un tonnerre, devant la poste où le postillon botté attendait. On attelait sans désemparer,
: l'homme enfou :
bientôt le roulement de Ja Ÿ F5 Bus 2 Ne S PRE F ES St
fracas, diminuait et s’éteignait en
campagne. SLÉENAE de
CHAPEPRE : EX
XIX° siècle. Empire, Restauration | Monarchie de Juillet
M AIUISQUE nous venons de traiter des chaises ; de de poste employées par la haute société ee) du XVIIT siècle pour ses déplacements et ses voyages, n'oublions point, dans le chapitre consacré au XIX®°, la chaise de poste de Napoléon I®. | C’est encore Madame Tussaud, la grande hospitalière des objets historiques, qui possède la voiture de voyage de l'Empereur : c’est une grande berline dont la banquette du fond est aménagée de manière à se déployer, à la façon de nos sleepingcars actuels, pour permettre au voyageur de se coucher. Elle est garnie de nombreuses poches ou por-
tefeuilles, disposés un peu de tous côtés et d’un nécessaire de toilette placé sur le devant. Elle est établie avec soin au point de vue carrosserie, ses ressorts sont souples et solides et les roues, aussi bien que les essieux, ont été l’objet de soins tout particuliers.
Empruntons à un témoin oculaire, à Alexandre Dumas (Mémoires, tome Il) le récit des deux passages de l'Empereur dans son pays, à quelques jours d'intervalle, le 11 et le 20 juin 1815 : . . . . . « Puis on annonça dansles journaux que Napoléon « quitterait Paris le 12 juin pour se rendre à l’ar- « mée. | « Napoléon suivait toujours le chemin qu'avait « suivi sa garde; Napoléon passerait donc par Vil- « lers-Cotterets. | & J'avoue que j'avais un immense désir de voir « cet homme, qui, en pesant sur la France, avait y « particulièrement, et d’une façon si lourde, pesé « sur moi, pauvre atôme, perdu parmi trente-deux « millions d'hommes, et qu’il continuait d’écraser « tout en oubliant que j existasse. | « Le 11, on reçut la nouveile officielle de son « passage; les chevaux étaient commandés à la « poste.
« ll devait partir de Paris à trois heures du matin: « c'était donc vers sept ou huit heures qu'il traver- « serait Villers-Cotterets. :
« À six heures, j'attendais au bout de la rue de | « Lagny avec la partie de la population la plus
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