ÉCOLES CHRÉTIENNES
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Le frère ignorênlin B*est pas le frère ignorant; c'est le frère qof sait assez ponr savoir qoe lasclenee
bomalne Ini est un mystère Le frère ignorantia
a en lai toatc la seieDee qD*il faut an pcople, avec rbomiUté poor la lai rendre profitable dans Tapplica-
tioB Le frère Ignorantln n'est pas seolrment
le mattre, il est U frère dn people. il a la simplicité dn people, la bonté dn peaple, les besoins dn penple.
LApniRTii, Leitret tur nducation.
L'institut des frères des écoles chrétiennes a été fondé, en 1679, par Fabbé de la Salle, né à Reims en 1651, mort à Rouen, le vendredi saint, 7 avril 1719.
L'abbé de la Salle était chanoine de la cathédrale de Beims. Il se démit de son canonicat et donna son patrimoine aux pauvres pour s'occuper tout entier à diriger les mœurs de l'enfance vers la pratique de la vertu, en formant ses disciples à l'art difficile de l'enseignement.
C'est l'abbé de la Salle , lui-même , qui créa les écoles chrétiennes de Grenoble, en 1707, sur la demande qui lui en fut faite par M. de Saléon, chanoine de Saint- André, et par M. l'abbé Canel, conseiller-clerc au parlement, au nom
assemblée chrétienne ; étant d^ailleurs bien certain qu'il n'y aura point d'autres disputes que de céder les uns aux autres, par cet esprit de charité et de politesse qui y régnera. >
Pour subvenir à la dépense annuelle, chaque membre de la société se cotisa, Tun à 20 livres, l'autre à 25, plusieurs à 50, chacun selon sa fortune.
Deux classes furent d'abord ouvertes à Saint-Laurent, le 2 novembre 1707.
En 1713, l'abbé de la Salle voulut visiter les frères de Grenoble. Il fixa pendant assez longtemps sa résidence au milieu d'eux, vécut comme l'un d'entre eux, et remplaça même dans l'école le frère qui en était chargé, et qui, par son ordre, avait entrepris un long voyage pour des affaires de la communauté. On vit en cette occasion Tabbé de la Salle, ce docteur de Sorbonne , cet ancien chanoine de Reims , ce chef de congrégation , se faire un, plaisir, un honneur, un devoir d'apprendre lui-même aux enfants du peuple à lire et à écrire, de les conduire deux à deux à l'église, de les y faire ranger en ordre , après quoi, il montait à Fautel et leur disait la sainte messe.
Le fauteuil qui servit à l'abbé de la Salle , dans l'école de Saint-Laurent, y a été conservé jusqu'à nos jours comme une vénérable relique. Il a été réclamé, il y a quelques années, par l'institut central, à Paris.
Deux autres classes furent ouvertes, en 1715, sur la paroisse Saint-Hugues.
Les quatre classes contenaient 400 écoliers.
Deux frères donnaient l'enseignement dans les classes de Saint-Laurent, et il était donné par trois frères dans les classes de Saint-Hugues.
La maison que les frères occupaient à Saint-Laurent , louée d'abord, fut achetée le 3 septembre 1732, au nom de Mgr révèque de Grenoble, avec des fonds provenant de sous-
« L'ignorance dans laquelle vivent la plupart des pauvres, est sans contredit la source funeste des dérèglements aux* quels ils s'abandonnent : accoutumés dès leur bas flge , et par Texemple de leurs parents, à mener une vie oisive, qui se passe dans Tignorance de tout ce qui regarde la religion de Jésus-Christ, ils laissent écouler leurs jours dans des vices et dans des désordres d'autant plus considérables et continuels, qu'il n'est point de digue qui les arrête.
« C'est donc pour répondre à ce que la charité demande, et pour avoir quelque part à cette glorieuse récompense promise par le Seigneur dans les prophéties de Daniel, à ceux qui auront soin de faire instruire les autres dans la voie de la justice, qu'on a formé le dessein d'établir des écoles oh les pauvres seront instruits, et dans lesquelles on leur apprendra avec soin les obligations de leur état, en leur mettant devant les yeux celles qu'ils ont contractées dans leur baptême, et les leur gravant sans cesse si profondément dans le cœur et dans la mémoire, qu'elles ne s'en efiacent jamais, afin que cette vue les engage à supporter avec patience les incommodités de leur état, et à les convaincre quUls trouveront avec Tobie un fonds inépuisable de richesses dans leur pauvreté, s'ils craignent Je Seigneur, et sMls ne s'éloignent jamais de ses commandements.
« Pour réussir dans une entreprise qui est aussi belle qu'elle est chrétienne , et que rien ne soit capable de la faire échouer, il a été résolu de n'établir qu'une école pour le présent, et de la mettre dans la paroisse de Saint-Laurent, comme étant celle où il y a un plus grand nombre de pau* vres.
« Il n'y aura aucune place distinguée dans les assemblées de messieurs les directeurs, et l'on s'y rangera sans cérémonie ; ces sortes de distinctions ne convenant point à une
Ea 17i2, M. DuPUT, oonseiller au parlement; M. Clémnr, chanoine aux honneurs de Saint-André.
En 1744, M. Fczieh; M. Delhort, grand^-préyôt.
En 1715, M. DE Bârrâl, président au parlement; M. Ro- GHETTE, maître aux comptes; H. Morel. chanoine de la cathédrale; M. de Murât, président au parlement; M. de PoLUiY, conseiller, vicaire général, chanoine de St-Ândré ; M*"* DE Seyye ; M. Gérante, curé de Saint-Hugues.
En 1717, M. Pelissier, trésorier de France; M"* Thomé.
En 1718, M*"* Bauxy; M. de Saint-Priest, président au parlement; M°* Pourroy.
En 1719, M. de Montal, conseiller-clerc, chanoine et théologal de St-André ; M*""^ la comtesse de Sahit-Valuer ; M*"' la présidente du Bouchage ; M*"' de Marnais ; M"* de Chaléon.
En 1720, M. Morel, chanoine de la cathédrale.
En 1721, M. Arnaud; M. Ducerf.
En 1722, Mgr de Ghaulnes, évoque de Grenoble, chanoine-vétéran de Saint-André.
En 1723, M. Morel d'Arcy, chanoine-vétéran de la cathédrale.
En 1724, M. du Bouchage, président au Parlement; M. Tabbé Courbet, conseiller; M. Prat, correcteur aux comptes; M. Morel, avocat général aux comptes; M. de Bressieux, trésorier de France.
En 1725, M. de Leffln, conseiller; M. de Beaubegard, conseiller; M. Buisson, curé de Saint-Hugues ; M. Collaud, curé de Saint-Laurent.
En 1726, M"*"" la vicomtesse de Bardonnenche ; M"** la marquise de l'Estang de Murât; M. de Belmont, con* seiller.
En 1727, M. Monin, maître des comptes; M. de Mstral, M. le président de la.Sone; M. F abbé de Saint-André, chanoine de Saint- André ; M. du Teil, curé de Saint-Louis ;
— 483 -^ M. Fabbé de Saotbreau ; M'^' ds Beaughémb ; M. le marquis
DE BOURGHKNU.
En 1728; M. LouvàTi chanoine honoraire de Saint-André ;
M. ROMIIE.
En 1729, M. de Bbauvoir.
En 1730, H. le président de Chateaumeuf ; M. de Mavbec, vicaire général i chanoine de la cathédrale et vétéran de Saint-André; M. de Jouvbn de Perouse; M. de la Thuil- UÈRB, trésorier des guerres *, M. Magnan, avocat.
En 1731, M""* de Gomiers.
En 1732, M. Puiol, avocat.
En 1733, M. Durand, curé de Saint-Hugues.
En 1738, M. le président de QurnsomAs; M. le conseiller DE Barein; m. Drogat, avocat; M°^® la comtesse de Saint-
JULIN.
En 1741, M. DE Baillt, premier président aux comptes; M. le comte de Saint-Julin.
En 1744, M. Tabbé de Corbeau, conseiller-clerc.
En 1745, M. du Colombier, conseiller; M. Armand, chanoine de la cathédrale ; M. d^Hautefort, conseiller; M. Ro- BBRT, Tainé, marchand.
En 1746, M. Botut, marchand.
En 1748, M. le président de la Poype; M. Bernon, avocat; M"* Frayer.
En 1751, M"** la présidente de L'AuBBRiviiRE.
« Voilà de grands noms et de grands exemples, dit le vieux recueil où j^ai puisé ces indications : veuille le Seigneur qu'il y ait beaucoup de personnes qui les imitent ! »
A partir du 1^^ septembre 1792, les écoles chrétiennes furent supprimées et remplacées par des écoles primaires. Les premières étaient gratuites ; les secondes ne le furent pas .
Après la tourmente révolutionnaire, les frères furent rap-
pelés à Grenoble par le zèle et les soins de M. de Lagrée, curé de la cathédrale. Les premiers frais furent couverts par des souscriptions. Leur ancienne maison de la rue St-Laurent leur fut rendue, en vertu d'une délibération du conseil municipal, prise le 16 juin 1807. La ville s'engagea à y faire les réparations nécessaires , et à compléter le traitement des frères, en cas d'insuffisance des souscriptions. L'ouverture des classes eut lieu le 1^ juillet 1807, après une messe du Saint-Esprit, célébrée par Mgr Févèque Qaude Simon. x
Au mois d'octobre suivant, une seconde école fut ouverte, rue des Mûriers.
En 1812, il en fut établi une troisième à la Halle.
Ces trois écoles comportaient neuf classes : l'enseignement y était donné par onze frères.
En 1814, l'école de la Halle fut réunie à celle de la rue des Mûriers.
En 1826, les classes de Saint-Laurent, privées de courant d'air et situées sur une rue fort bruyante, furent transférées dans Tarrière-corps de la maison, qui était resté debout en 1776, et qui fut reconstruit à neuf entre cour et jardin, aux frais de la ville, aidée par un prêt sans intérêts de 11 ,000 fr. que lui fit M. le curé de Lagrée. La construction coûta 32,000 fr.
En 1827, on construisit la terrasse du jardin, qui coûta " 4,000 fr.
Enfin, en 1829, la chapelle de la communauté prenant jour sur la rue et exposée aux regards des voisins fut transférée au deuxième étage, du côté de la cour, par les libéralités de M. le marquis de Pina, maire de Grenoble ; de M. le marquis de Maubçc, ancien maréchal de camp; de M. de Lagrée et de plusieurs autres personnes charitables. La bénédiction en fut faite le 2 février 1830.
Les événements de 1830 ne changèrent pas les rapports
de la maison des frères avec les autorités locales. En 1832 et 1833 , diverses sommes furent allouées aux frères par le conseil municipal pour fournitures classiques à répartir entre les enfants les plus pauvres. La ville paya également Tentretien du matériel des classes et une partie du chauffage. En 1834, elle prit à sa charge le traitement de douze frères, a raison de 600 fr. par an pour chacun. Trois frères surnuméraires, indispensables pour le succès des classes, étaient entretenus, soit au moyen d'un prélèvement sur le traitement des autres frères salariés, soit à Faide de dons volontaires.
Depuis cette époque , les allocations portées au budget municipal, pour les écoles chrétiennes, se sont successivement accrues. Aujourd'hui, la ville paie annuellement ' 9,690 fr. pour le traitement de quinze frères et le salaire de deux concierges. Je crois que le budget de 1860 contiendra le traitement d'un seizième frère. Non-seulement les écoles chrétiennes sont gratuites, mais encore la ville affecte chaque année une somme de 2,000 fr. à Tentretien des classes, aux fournitures classiques et prix.
En 1853, sous l'administration de M. Joseph Arnaud, la ville a fait construire dans Tancienne rue des Mûriers un bâtiment isolé, d'un aspect très-gracieux, entièrement destiné a une école appelée école de la Salle, et la rue a reçu le même nom.
Cette construction a coûté 54,000 fr. , non compris la valeur du sol appartenant à la ville.
Je ne puis m'empècher de faire remarquer que le conseil municipal a commis un véritable contre-sens en donnant le nom de la Salle à un bâtiment neuf et à la rue des Mûriers. Ce nom convenait bien mieux à Fécole de Saint- Laurent, où l'abbé de la Salle a enseigné, et à la rue Saint- Laurent, où on le vit tant de fois à la tète des enfants 4{u'il conduisait à l'église. Mais l'erreur est facile à réparer
et je ne doute pas que le conseil , mieux éclairé sur la vérité historique, ne s^ empresse pas de voter un changement bien simple, qui consacrera de précieux souvenirs dans les. lieux mêmes auxquels ils se rattachent.
Pendant l'année scolaire 1857-i 858, les écoles chrétiennes ont reçu 854 élèves , savoir : 631 à Vécole de la Salle et S23 à celle de Saint-Laurent.
Etant maire de Grenoble, je me faisais un bonheur et un devoir de présider toutes les distributions de prix des écoles communales. Ces distributions ne sont*elles pas la fête des enfants du peuple ? Ne sont-elles pas la fête de leurs familles? Ne sont-elles pas la fête de leurs maîtres ? N'étaient-elles pas ma fête aussi ? On me permettra de reproduire dans ce chapitre et dans les chapitres suivants quelques-unes des allocutions que j'ai prononcées à Toccasion de ces solennités intéressantes. Ces allocutions rentrent en quelque sorte dans l'histoire de nos établissements d'instruction primaire, et elles s'harmonisent avec l'idée générale de ce livre.
26 août 1645.
LBSS ^OIES DU PKUPLB.
« Jeunes élèves,
« Cette réunion oflVe un caractère bien touchant. Groupés autour de vos maîtres, vous ne formez qu'une seule et grande famille, et vos parents, pour jouir de ce spectacle, se pressent en foule, conduits ici par un double sentiment, la tendresse et la gratitude..
« Que de fronts courbés par la fatigue se relèvent aujour-
ui avec orgueil ! Que de douleurs s'oublient où s'apaisent !
imbien d'heureux dans cette solennité ! Salut aux saintes iies du peuple ! Salut à ces affections douces, à ces épan- .*heinents intimes, nobles besoins de Tàme, qui la rapprochent de Dieu par Tamour l Ces émotions , jeunes élèves, c'est vous qui les donnez ; ces heureux, c'est vous qui les faites. Et n'ètes-vous pas sans cesse une seconde Providence qui, installée au foyer domestique, frappe et console, blesse et guérit? Oh! que le cœur d'un père, que le cœur d'une mère est vaste pour tant souffrir , pour tant aimer ! '
« Enfants de Grenoble, fils d'artisans et d'ouvriers, sachez comprendre l'esprit de sacrifice qui vous protège depuis le berceau. Au sacrifice qui donne et s'épuise, rendez Fapplication, la bonne conduite. Vous êtes nés dans ces conditions modestes que préférait le Rédempteur dont on vous enseigne la vie et la mort; il ne tient qu'à vous d'honorer vos jeunes années ; il ne tient qu'à vous d'honorer toute votre existence. Le travail et la vertu appellent le respect sur l'enfant le plus humble ; ils élèvent le citoyen le plus obscur. Il est donc en votre pouvoir d'offrir à vos parents des compensations bien douces, dans le présent et dans l'avenir. Je vous convie en ce jour à de généreuses résolutions; il vous sera facile de les prendre; et si vous le voulez, mes chers enfants, il vous sera facile aussi de les tenir.
« Vous êtes dans ces écoles l'objet des soins les plus dévoués, vous y recevez une instruction élémentaire trèscomplète. Nul précepte utile ne vous manque, et vous avez sous les yeux l'éloquence de l'exemple. N'oubliez jamais ces bons frères de la doctrine chrétienne, vos premiers, vos dignes maîtres.
« Cette année, vous avez étudié léchant; c'est une amé* lioration notable. La musique s'adresse à l'imagination; elle parle à Tàme ; elle adoucit, elle apaise ; elle familiarise avec tous les sentiments nobles, les seuls, du reste, qu'elle puisse
et je ne doute pas que le conseil , mieu^ écla^ vérité historique, ne s'empresse pas de voter un ^ ''^%. bien simple, qui consacrera de précieux souvï.'W '»-.■ ,fy lieux mêmes auxquels ils se rattachent. ^ ^ r^.. \ \
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ant le passé, plein d'espoir dans ^ le calme de la conscience, ce
't'^^'i/'^^ ^^ sans réserve aux joies
; * V\ '^ */^ ^'aise; mais dites-vous
''' 'tfl''\y'y^*' ''^ '. ^ ^^^^^ amour du
'''/!^"// '"'- ''- '^ ^ difficiles,, et
'<, 'Va '''^'^ ' ^/ y ' . ' 'itres satis-
^ '^ ^. '^^ ^ , .ants de Gre-
. votre égard les / ^' '-/^ ^x ^^ / imeur à cette noUe
"'^ /^^ ^ ^ »ueur à vos bons parents,
.res. Enfants, Texistence est
aine, comme le vent emporte la
^^robité, le dévouement agrandissent
^s se mesurent non pas sur leur nombre,
yres (jui les ont remplies. »
18 aoûl 1847.
UN PRIX r>E VERTU. LA MANSARDE.
« Mes enfants,
« J'aime à me trouver au milieu de cette assemblée nombreuse. J'aime à voir vos familles se presser dans cette enceinte toujours trop étroite. Est-ce une vaine curiosité qui le^ attire ? Non, mes enfants. Elles viennent ici pour vous, conduites par la sollicitude et la tendresse. Elles y viennent pour elles-mêmes. Laissant un instant les pénibles
exprimer. Soyez reconnaissants envers le conseil de la cité, qui vous a donné cette nouvelle marque de sa sollicitude. « Ne vous séparez pas sans regretter Tabsence, sans bénir les bienfaits du premier pasteur du diocèse, si sage par les années, si jeune par Tesprit et par le cœur, et qui Voit en vous la partie la plus aimée de son troupeau. . « Et maintenant, chers élèves, que ces couronnes qui s'apprêtent soient à vos yeux le naïf emblème des récompenses plus difficiles, des hommages plus sérieux que, dans le cours de votre vie , il vous sera donné de» conquérir. »
28 août 1846.