UK JOUR DE FÊTE
« Mes enfants ,
« Je suis heureux de me retrouver au milieu de vous, au milieu de cette foule empressée qui se compose de vos parents, de vos amis. Le magistrat n oublie pas quMl est père. Je comprends vos joies, je les sens profondément; je m'associe de tout mon cœur aux saintes émotions de la famille.
« Après un an d'études, mes enfants, vient donc un jour de fête. Comme ce jour est vaste, n'est-ce pas? Comme il vous révèle tout le prix de l'application et de la bonne conduite! Eh bien, mes enfants, la vie est un perpétuel labeur. Les jours de fête de la vie sont ceux où, reprenant haleine, on peut se recueillir dans le sentiment du bien qu'on a pratiqué. Alors le courage se relève , les forces renaissent: voyageur poussé par h main de Dieu, on se
remet en route, bénissant le passé, plein d'espoir dans l'avenir, emportant avec soi le calme de la conscience, ce trésor de tous les voyages.
« Ainsi, mes enfants, livrez-vous sans réserve aux joies d'aujourd'hui ; savourez-les tout à l'aise ; mais dites-vous bien que vous les devez à votre sagesse, à votre amour du travail ; sachez bien qu'après les obligations de votre âge il viendra d'autres obligations plus graves, plus diflSciles,/ et qu'il ne tient qu'à vous d'avoir d'autres fêtes, d'autres satisfactions, d'autres bonheurs.
« Allons courage, mes enfants ! courage, enfants de Grenoble ! apprètez-vous , quels que soient à votre égard les desseins de la Providence, à faire honneur à cette noble cité, notre chère patrie, à faire honneur à vos bons parents, à vos dignes et vénérables maîtres. Enfants, l'existence est rapide, le temps nous entraîne, comme le vent emporte la feuille; la religion, la probité, le dévouement agrandissent l'espace, et les années se mesurent non pas sur leur nombre, mais sur les œuvres qui les ont remplies. »
18 août 1847.