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ÉCOLES MUTUELLES

Au commencement du XVIII* siècle, l'amour de la religion et du bien public avait fondé, i Grenoble, les premières écoles chrétiennes? Pendant une longue suite d'années, des libéralités privées les avaient entretenues. Plus tard, la sagesse des administrateurs et des conseils municipaux les avait développées. Mais la population s'était accrue, et les heureux résultats produits par l'instruction primaire donnée aux enfants du peuple avaient fait désirer au peuple luimême la création d'écoles nouvelles.

En iSSi, il se forma à Grenoble une société composée des citoyens les plus honorables, appartenant tous aux premiers rangs de la population. A leur tète , se trouvait M. Breton, docteur en médecine, professeur à la faculté des sciences, qui a laissé, en mourant, un nom universellement aimé et regretté*

Cette société fonda une école d'enseignement mutuel, qui fut installée, rue Chenoise, maison Royer, et qui s'ouvrit le 90 juillet 1821.

Dix ans après, Fadministration municipale fut priée d'assurer la continuation de l'œuvre entreprise et qui avait obtenu un plein succès.

Le conseil municipal, par délibération du 24 septembre 1831 , prit à la charge de la ville toutes les dépenses d'entretien de l'école mutuelle.

Le 1*' octobre 1833, l'école fut transférée dans le vaste local situé au-dessus de Torangerie du Jardin de Ville.

Le 29 juillet 18S0, le conseil municipal arrêta, sur ma proposition, que Vécole primaire supérieure devant être transformée en école professionnelle et installée dans une partie du monastère de Sainte-Ursule, les belles salles qu'elle occupait seraient affectées à une seconde école mutuelle, de telle sorte que désormais les deux écoles mutuelles représenteraient deux degrés différents.

L'administration et le conseil exécutaient ainsi le vœu exprimé parH. Antoine Reboul, qui avaitlégué le tiers de sa fortune à l'enseignement mutuel * . *

Dès l'année 1851 , les deux écoles mutuelles fonctionnèrent régulièrement.

La plus ancienne reçut le nom d'école Reboul et devint école du premier degré.

Cette école est entièrement gratuite. Les enfants, pour y être admis, doivent être Agés de six ans au moins. Ils y restent, en général, jusqu'à l'âge de dix à douze ans. Alors, ils sont aptes à entrer dans Técole mutuelle du deuxième degré. Quelques-uns prolongent leur séjour à Técole

4. Le chapitre VI renferme d'intéressants détails sur le testament RebauL

Reboul. Ce sont les moins intelligents ou ceux qui ont commencé très-tard leurs études.

La méthode d'enseignement suivie dans les deux écoles n est pas exclusivement mutuelle. Elle est tout à la fois mutuelle et simultanée.

L^école du premier degré contient trois divisions.

Voici, par divisions, le programme de son enseignement :

TroUlème D1t1«1ob.

Lecture élémentaire, sur les tableaux et dans les livres. ËCRIT13RE ÉLÉMENTAIRE, sur Vardoise et dans les cahiers. Prières et leçons de morale et de bonne conduite.

•e«xlème VItIbIob.

Lecture courante.

Écriture, grosse et moyenne.

Catéchisme. — Tout le petit.

Histoire sainte. — Étude des quatre premières époques.

Calcul oral et préparation a l'orthographe.

Première MYlsIea.

Lecture, plus développée. %

Écriture, grosse et fine anglaise.

Catéchisme. — Tout le petit et une partie du grand. Histoire sainte, jusqu'au schisme des dix tribus. Grammaire. — Notions préliminaires. — Substantif. — Article. — Adjectif.

Orthographe. — Pronom et verbe.

Arithmétique. — Notions préliminaires. — Étude des quatre règles.

Calcul. — Nombres entiers et décimaux. — Système métrique. — Problèmes.

Géographie. — Notions générales.

Chant. — Méthode Wilhem.

Gymnastique. *

L'école mutuelle du deuxième degré est également gratuite. Elle ne reçoit que des élèves âgés au moins de dix ans révolus, sachant lire et écrire couramment, connaissant Tanalyse grammaticale des cinq premières parties du discours, les quatre règles appliquées aux nombres entiers, possédant quelques notions sur le système métrique» enfin des notions sur les quatre premiers âges de THistoire sainte.

Les cours de l'école sont divisés en deux années, dont voici le. programme.

Coars de première Attaée.

Lecture du français.

Instruction morale et religieuse. — La cinquième et la sixième époque de THistoire sainte. — Le Nouveau Testament. — Le catéchisme.

Histoire de Frange. — La première race.

Grammaire. — L'analyse grammaticale des dix parties du discours. — Exercices orthographiques.

arithmétique. — La théorie des quatre règles appliquées aux nombres entiers et aux nombres décimaux. — Le système métrique. — Problèmes.

Géographie. — La géographie générale de l'Europe et les divisions anciennes et actuelles de la France.

Dessin linéaire.

Écriture. — Les divers genres.

Chant et gymnastique.

€««r(i de 4eaxlèaie AMiée.

Lecture du français. — Du latin.— -Instruction morale ET RELIGIEUSE. — ^Récapitulation générale de THistoire sainte. — Catéchisme.

Histoire de France. — La deuxième et une partie de la troisième race.

Grammaire. — La syntaxe des dix parties du discours. — Exercices d'orthographe et de composition.

Arithmétique. — La théorie des fractions ordinaires, des proportions et des puissances. — Problèmes. — Règles d'intérêt, d^escompte et de société.

Géographie. — Des notions plus étendues 3ur la géographie de la France. — La géographie générale des autres parties du monde.

Dessin linéaire et géométrie.

Écriture. — Les divers genres.

Chant et gymnastique.

L'école Reboul a un directeur, assisté de deux maîtres adjoints. '

L'école du deuxième degré a également un directeur, assisté d'un seul maître adjoint.

Les deux directeurs sont MM. Brunet et Déranger, qui, depuis de longues années, se font remarquer par la persévérance de leur zèle et par le plus consciencieux accomplissement de leurs délicats et pénihles devoirs * .

La ville de Grenoble alloue dans son budget, à Fécole

4 . M. Bninet est VanteuT d'une géographie historique, physique, politique, industrielle, commerciale, statistique et pittoresque du département de^VIsère. Je ne saurais trop vivement recommander cet excellent petit livre, qui a été publié en 4 857.

Reboul^ pour traitements, entretien des classes, fournitures classiques et prix, une sonune de 4,000 fr.

La somme allouée à F école mutuelle du deuxième degré, pour les mêmes objets, est de 4,300 fr.

La moyenne des élèves de Fécole Reboul, pendant Vannée scolaire 1857-58, a été de 185.

La moyenne des élèves de Fécole mutuelle du deuxième degré, pendant la même année, a été de 94.

Ainsi que je Tai fait dans le chapitre précédent, pour les écoles chrétiennes, je reproduis ici quelques-unes des allocutions que j'ai prononcées dans des séances de distribution de prix aux élèves de Fécole mutuelle.

23 août 1847.

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