‹ Le vrai livre du peupleChapitre 64 sur 77 · AIMEZ LA POSITION DANS LAQUELLE DIEU VOUS A PAIT NAITRE · texte numérisé non relu

AIMEZ LA POSITION DANS LAQUELLE DIEU VOUS A PAIT NAITRE

« Jeunes élèves,

« Aimez la position dans laquelle Dieu vous a fait naître. Le bonheur n'est pas attaché au rang que Ton occupe : il réside dans Faccomplissement du devoir et dans la modération des désirs. La vie est courte : ne la 'dépensez pas en rêves inutiles, employez-la en jouissances réelles.

« La variété du monde physique est infinie, au ciel qui est au-dessus de nos tètes comme sur la terre qui nous porte. La variété du monde moral n'échappe pas moins à l'analyse : Tune et l'autre attestent la puissance divine ; ni l'une ni l'autre ne sauraient disparaître. Le monde physique est soumis à des lois immuables, le monde moral est libre, mais l'ordre est la limite de la liberté. Ne quittez donc pas votre place, vous dérangeriez l'ordre universel; Jionorez-la, cela vaut mieux. La richesse et les grandeurs ne donnent ni le cœur, ni l'intelligence; Tintelligence se développe par l'étude, qui, sous des formes diverses, appartient à tous. Le cœur ne vit pas moins à l'aise dans les conditions modestes.

« Il y a, sans doute, des vocations exceptionnelles, qui peuvent aspirer à de hautes régions ; ces natures privilégiées arrivent presque toujours au but. La Providence ne les crée pas pour les abandonner ; mais défendez-vous des ambitions jalouses, des efforts irréfléchis et téméraires.'

« Interrogez le passé : la France eut ses guerriers et ses politiques illustres, elle eut aussi ses artisans célèbres. La gloire des uns est quelquefois contestée, la gloire des autres ne Test pas; le siècle qui élève aux uns des statues peut être suivi d'un siècle qui les brise; les autres vivent paisiblement dans la mémoire des hommes. On en parle moins, on y pense davantage. C'est qu'il y a des honneurs qui sont une mode et qui passent, il y en a qui sont un parfum et qui restent.

« L'avenir est à vous. L'humanité marche à grands pas, se riant d'incrédulités superbes et d'obstacles que des mains débiles, qui se croient fortes, jettent sur sa route. Le temps a déraciné hien des préjugés et emporté dans son cours rapide bien ^es erreurs sociales. D^autres disparattront à leur tour.

« Pourquoi vous plaindriez-vous avec amertume? Il vous sera donné d'être de bons pères de famille, des citoyens vertueux, dévoués à ces institutions larges qui ont la puissance d'un fait accompli, parce que le temps ne saurait remonter à son origine et qu'aucune lutte ici-bas ne peut être stérile. Il vous sera donné d'aimer vos semblables, de les protéger, de les secourir. C'est assez, croyez-moi.

« Dans cette école, si habilement dirigée, vous recevez une instruction qui vous conduit à des professions empruntant leur éclat à leur utilité pratique. Aimez vos maîtres, restez fidèles à vos travaux.

« Ces couronnes qui vous attendent sont un touchant symbole. Elle manqueraient leur but si, en récompensant le travail présent, elles ne vous révélaient tout le prix du travail futur. Elles doivent signifier pour vous courage et persévérance. Cette fête, du reste, appartient aussi à vos parents. Elle consacre leurs bienfaits et leurs droits, votre dépendance et vos devoirs. Elle remet en honneur pour vous ces traditions domestiques, qui ont la valeur d'un précepte et d'un exemple. Elle vous dit : préparez-vous i faire le

bien comme le firent vos pères; ne dédaignez pas de suivre la voie qu'ils vous ont tracée; ajoutez vos travaux à leurs travaux, vos veilles à leurs veilles, et n^oublicz pas que r honneur des familles n est pas plus dans le luxe de la vie, que la paix suprême dans le luxe des tombeaux. »

•^MrtAPJVuv»^

Page 1