COURS
Spécial
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'Hommes.
§ II. — Gk>eiété8 de Femmes.
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SECTION m.
DBUX FAITS RBICARQUABLBS.
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Toi déjà parlé du calamiteux hiver de i846-1847. Il se passa alors à Grenoble un fait qui va montrer les sociétés de secours mutuels agissant, non plus d'une manière isolée, mais d'une manière collective, et prouver à quels résultats on peut atteindre par Tassociation des sociétés elles-mêmes.
Le 1*' mars 1847, je réunis à Thôtel de ville les commissaires généraux et les commissaires générales, et je rédigeai» séance tenante, le procès-verbal suivant, où figurent seu* lement les sociétés qui adoptèrent le projet proposé :
« Le 1*' mars 1847, a eu lieu à Thôtel de ville, sous la présidence de M. Frédéric Taulier, maire, une réunion des représentants des sociétés de bienfaisance mutuelle dont les numéros suivent 7 1, 2, 5, 6, 13, 14, 15, pour les sociétés d'hommes ; 1 , 2, 3, 5, 6, 7, 8, pour les sociétés de dames.
« Dans cette réunion, il a été convenu que des grains de froment seraient achetés au compte des sociétés ci-dessus désignées par leur numéro. Ces grains seront déposés dans la salle de l'hôtel de ville, dite salle des Concerts ; ils formeront une masse commune. Chaque société sera coproprié-
taire d'ane quantité représentant la somme pour laquelle elle aura contribué à l'achat général.
« Cet achat sera fait par une commission composée de MM. Mérand, Clet, Julien, Garnier etBurnoud, présidents de leurs sociétés respectives. Chaque société pourra retirer de la masse commune, les jeudi et dimanche de chaque semaine, la quantité de grains qu'elle jugera convenable, pour la livrer au meunier. La quantité ainsi extraite de la masse commune deviendra immédiatement aux risques et périls de la société, qui fera ensuite comme elle Ventendra la distribution de la farine. La délivrance dont il s'agit sera opérée par la commission ci-dessus nommée.
« Les mêmes jours que ci-dessus, la même commission vendra à prix coûtant aux membres des sociétés qui préféreront ce mode, le grain nécessaire ; la vente sera faite aux sociétaires porteurs de cartes délivrées par le président ou la présidente de leur société. Ces cartes indiqueront la quantité de grain qui pourra être vendue à chaque porteur; la vente n'aura lieu qu'au comptant.
« Tous grains délivrés pour être moulus, ou livrés contre argent, le seront à la mesure. Le mesurage sera fait par un syndic delà halle que Fadministration municipale s'empressera de mettre gratuitement à la disposition de la commission. L'administration municipale fournira aussi les mesures nécessaires.
< Chaque société pourra cesser, quand elle le jugera convenable, de fournir des fonds pour des achats nouveaux, en prévenant en temps utile la commission.
« Toutes les quinzaines, chaque société fera connaître i la commission la quantité de grains dont elle désire l'achat.
« La commission tiendra registre de toutes ses opérations.
« Signé :
Sociétés d'Hommes :
« Feydel, Julien, 1" bureau. — Clet, 2*bureau. — Poncet,
5* bureau. — Garnier, 6* bureau. — Mérand, 13' bureau.
— Burnoud, 14* bureau. — Michallet, 15* bureau.
Sociétés de Femmes.
« Buflet, !•' bureau. — Frédéric, S* bureau. — Chion, 3* bureau. — Guaimier, 5* bureau. — Gamier, 6* bureau.
— Lesbros, 7* bureau. — Veuve Bournal, 8* bureau.
« Le Maire, Fréd. Taulier. »
L'opération s'accomplit avec la plus parfaite régularité, mais d'une manière différente de celle qui avait été prévue. Ainsi, des grains furent successivement achetés, à Marseille, à un prix bien inférieur au prix du marché de Grenoble ; au fur et à mesure de leur arrivée, ils furent conduits au moulin et ils produisirent une farine pure de tout mélange. La farine, déposée à la salle des Concerts, fut vendue aux sociétaires. La commission et même des commissaires généraux et des commissaires générales qui n'en faisaient pas partie, déployèrent une activité et un dévouement dignes des plus grands éloges. A la fin de l'opération, les comptes furent ^réglés entre les diverses sociétés intéressées, sans donner lieu à la moindre discussion.
M*"" Guaimier, commissaire générale du 5® bureau des femmes, a eu la bonne pensée de conserver, par écrit, les détails de l'opération. Elle a bien voulu me communiquer ses notes, et je m'empresse de reproduire ici des résultats qu'il sera fort utile de consulter dans des circonstances semblables à celles qui les ont provoqués et dont le retour est malheureusement possible.
Le prix de treize factures de blé , y compris les frais
de port et de déchargement, s'est élevé à la
somme de 48,732 70
Frais de mouture, déduction faite du déchet , , 734 »
Frais de registres, correspondance, éclairage, etc 49 »
Frais de retour de sacs à Marseille ...*.' 38 80
Remboursement de sacs perdus ..... 11 50
Les sociétaires qui voulaient acheter de la farine étaient porteurs de cartes délivrées par le commissaire général ou la commissaire générale de leur société et indiquant la quantité. Ces sociétaires payaient un centime par kilogramme en sus du prix de revient. C'était là une sage mesure, prise en vue dun déficit qu'il était permis de craindre.
Les sommes pour lesquelles il fut acheté de la farine, y compris le centime en sus par kilog., se répartirent ainsi entre les quatorze sociétés associées entre elles :
SOCIÉTÉS d'hommes.
A reporter. . . 27,802 35