SOCIÉTÉS DE FEMMES
Report. . . 27,802 35
Dépenses réelles de Topération . 49,566 »
Boni. . . . 404 50
Ce boni provenait de la légère contribution prélevée sur la délivrance de chaque carte. Il fut divisé entre toutes les sociétés qui avaient pris part à Topération, et dans la proportion des sommes versées par chacune déciles. Chacune d'elles reçut 84 cent, pour 100 fr. *.
4. Un honorable magistrat de Grenoble a publié, il y a quelques années, sur les sociétés de secours mutuels de cette ville, une brochure o(i, après avoir rappelé en quelques mots le fait que je viens de raconter, il dit que la municipalité imita cet exemple et fit venir du blé, à ses frais, pour le vendre au pris coûtant. Il y a là deux erreurs. D'abord la municipalité ne put pas imiter l'exemple, puisqu'elle le donna elle-même en provoquant l'opération qui fut faite par quatorze sociétés. Ensuite , la municipalité n'eut même jamais la pensée de faire venir du blé à ses frais. L'opération des sociétés avait un caractère licite, car c'était une opération privée. La municipalité n'aurait pu faire une opération semblable, avec les deniers publics, sans créer au commerce une concurrence ' qui aurait paralysé ses efforts et sans augmenter, dès lors, la disette au lieu d'y remédier. C'eût été une faute énorme.
Les sociétés de secours mutuels avaient l'habitude de placer leurs fonds dans des maisons de banque. Il y a un . certain nombre d^ années, plusieurs de ces maisons tombèrent en faillite. Ce fut pour la ville de Grenoble une douloureuse catastrophe commerciale. Mais les sociétés de secours mutuels excitaient un tel intérêt, commandaient une telle sympathie, qu'il n y eut qu'une voix parmi les créanciers, riches ou pauvres, pour décider que les sommes dues aux sociétés leur seraient intégralement remboursées. Que de générosité et d'abnégation 1