I.E* PETITE» ««EVE* DEC PADTEE
Saint-Servan est une petite ville de Bretagne, située en face de Saint-Malo, sur le bord de l'Océan, dont un bras sépare les deux villes. Mais, deux fois par jour, la marée basse permet à leurs habitants de communiquer à pied sec ou au moins en chariot.
La population de Saint-Servan se compose surtout de pécheurs ayant pour toute fortune leurs barques et leurs filets. Là mer se montre souvent terrible pour ces frêles embarcations ; elle fait l)icn des victimes', et le voyageur attristé rencontre sur son chemin un grand nombre de vieilles femmes, veuves et réduites à la plus extrême pauvreté.
Un vicaire de la paroisse de Saint-Servan songeait à ces âmçs délaissées, dont la misère religieuse n'est pas moins grande que la misère physique. Saint-Servan ne possédait pas d'hospice. Le digne vicaire aurait bien voulu en fonder un, mais sa bourse ne répondait pas à sa bonne volonté. L'esprit de charité est fécond et Dieu lui vient en aide. Deux jeunes filles, Marie-Thérèse et Marie-Augustine, devaient servir le dessein du pieux abbé. Inspirées par ses conseils , elles résolurent de se vouer au soulagement des pauvres vieillards. L'abbé commença par leur recommander de prendre soin d'une vieille aveugle de leur, voisinage ; elles obéirent et consacrèrent à la pauvre infirme leurs loisirs et leurs petites économies. C'était le début. Voici la suite. Nous sommes en 1840. A Saint-Servan, vivait une ancienne domestique, âgée de quarante-huit ans. Jeanne Jugan était son nom. Elle possédait une somme de 600 fr. environ et elle habitait avec une autre fille beaucoup plus âgée, Fanchon Aubert, qui avait aussi quelques fonds, un petit