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Prenons un de ces exemplaires à laspect si imposant, et voyons ce qu’il contient.
Bien qu’il n’y ait à Proprement parler que cinq volumes, on peut en réalité en compter sept, Comme nous avons fait plus haut, car le cinquième volume, qui contient déjà, à lui seul, plus de pages que tout le reste de l’ouvrage, se divise en deux parties bien distinctes, ayant cha- Cune leur pagination spéciale, ce qui en fait réellement deux volumes séparés. De plus, ce cinquième volume se termine par un Traité de la Marine, œuvre aussi de Champlain, qui a une pagination spéciale, et forme par conséquent comme un septième volume.
Le premier volume renferme, outre la préface générale de Laverdière et sa notice biographique de Champlain, la première édition d’un manuscrit dont on connut pour la première fois l'existence, au Canada, par une lettre de M. de Puibusque au commandeur Viger, en date du 15 décembre 1855. Ce manuscrit précieux, œuvre de Champlain, est le journal d’un voyage qu’il fit aux Antilles et au Mexique, de 1599 à 1601, en qualité de commandant d'un vaisseau qui appartenait à son oncle, le capitaine Provençal, et faisait partie d’une expédition envoyée par le roi d’Espagne : à ses possessions des Indes Occidentales.
M. de Puibusque avait vu ce manuscrit chez M. Féret, un savant archéologue de Dieppe, et avait songé à en faire l'acquisition pour le donner à la ville de Québec comme “un souvenir et une relique de son fondateur”. Mais il n'avait pu réussir à se le procurer. Il s'était contenté d'en faire un résumé et quelques extraits, qu’il avait envoyés à M. Viger.
Pius hardi et plus heureux que lui—audaces fortuna Juvat—l’abbé Casgrain,? dans un voyage qu’il fit en France en 1868, obtint de M. Fé ret la permission de copier tout le manuscrit. Il Je fit de sa propre main: sa copie est la reproduction parfaite du manuscrit de Dieppe. A cette copie est jointe la reproduction des soixante-deux gravures ou planches, vraiment magnifiques, quelques-unes coloriées, que Champlain avait dessinées lui-même pour illustrer son journal de voyage.
C'est cette copie de l’abbé Casgrain, avec ses gravures, conservée avec soin dans les archives du séminaire de Québec, où nous avons en le plaisir de la voir nous-même, que suivit Laverdière Pour faire la première édition du Voyage de Champlain aux Indes Occidentales. Pour ce voyage, en effet, ce n’est pas seulement la première édition canadienne, c’est tout à fait la première édition,
Comment ce manuscrit de Champlain, demeuré jusque-là inédit, se
Philippe III, petit-fils de Charles-Quint, et fils de Philipse II que s5n In tinoible Amads a rendu célèbre.
*Le huitième président de la Société Royale (1889-90).
trouvait-il à Dieppe ? D’après M. de Puibusque, M. Féret }’ d’un “ descendant collatéral du commandeur de Chaste.1” On sait que M. de Chaste était Bouverneur de Dieppe, et que c’est avec sa permission, et même à sa sollicitation,? que Champlain accompagna Pontgravé dans le voyage d'exploration qu’il fit au Canada en 16033 N ?y at-il pas lieu de croire que, pour lui exprimer ga reconnaissance, Champlain lui fit don du manuscrit de son voyage aux Indes Occidentales, et qu’après la mort du commandeur ce manuscrit resta dans ga famille, où personne ne s’intéressa pour le faire imprimer ?
Ce récit de voyage, d’ailleurs, n’est dédié à Personne, et semble n'avoir été écrit par Champlain que Pour sa propre satisfaction person-
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l'abbé Verreau, que Laverdière fit sa seconde édition, C’est le tome IT des Œuvres de Champlain : il compte soixante-trois pages.
Le tome III est beaucoup plus considérable; il n’en compte pas moins de trois cent vingt-sept, et renferme un très grand nombre de cartes. C’est la reproduction de Pédition publiée à Paris en 1613 chez Jean Berjon.
“L'édition de 1613, qui fait suite à 1603, dit Laverdière, est peutêtre la plus intéressante et la plus utile de toutes celles que publia Champlain. ..+
“Elle est si rare, ajoute-t-il, qu’à peine pourrait-on en trouver dix exemplaires dans tout le Pays; encore n’y at-il que celui de la bibliothèque de l’Université Laval qui soit parfaitement complet. .,”5
? Œuvres de Champlain, p. 4. (pagination inférieure).
* Ibid., p. 702.
*M. de Chaste avait obtenu du roi Henri IV la permission de fonder un établissement dans la Nouvelle-France, ‘“ C'était un homme très honorable, bon catholique, grand serviteur du Roi.” D'après Champlain, “bien qu'il eût Ja tête chargée d'autant de cheveux gris que d'années,” il voulait reprendre les entreprises manquées de Roberval, du marquis de La Roche et de Chauvin, et aller luimême au Canada, “ pour consommer le reste de ses ans au service de Dieu et de son Roi, en y faisant une demeure arrêtée, pour y vivre et mourir glorieusement,..,”
“ Œuvres de Champlain, p. 131.
*Ibid., préface générale, p. II.
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Cette édition de 1613 renferme le récit de cinq Voyages de Cham- Plain : celui de 1604, qu’il fit avec M. de Monts : en Acadie, où il demeu-
prince de Condé, qui venait d’être nommé vice-roi de la Nouvelle- France, à la place du comte de Soissons, et dont Champlain était le lieutenant.
De 1615 à 1618, Champlain fit trois autres voyages au Canada: le premier, de 1615 à 1616, le second en 1617, le troisième en 1618; et il en publia le récit à Paris en 1618, chez Claude Collet. L’édition de 1618, dit Laverdière, est peut-être encore plus rare que celle de 1613.” » Elle est dédiée encore à Louis XIII; et Champlain, qui, dans tous ses voyages, se montre toujours gi sincèrement religieux, fait voir plus que jamais, dans celui de 1615, jusqu’à quel point il était un véritable apôtre:
Nouvelle-France.
L'édition de 1619, reproduite par Laverdière, forme le tome IV des Œuvres de Champlain, qui n°a Pas moins de cent quarante-trois pages, et est orné de plusieurs belles gravures,
Le tome V, dont nous avons parlé plus haut, est immense, mais se divise naturellement, comme nous l'avons dit, en trois parties: la pre-
* Après la mort de M. de Chaste, en 1603, M. de Monts avait obtenu À son tour une commission royale pour fonder un établissement dans la Nouvelle-France. 11 s'établit d'abord à l'Ile Sainte-Croix, puis alla se fixer À Port-Royal,
* Champlain, lorsqu'il fonda Québec, n'était que le lieutenant de M, de Monts, Celui-ci avait encore ia cnmmission royale qui lui permettait de fonder des établissements dans la Nouveue-France; et il chargea Champlain “ d'aller faire une habitation sur le Saint-Laurent.” C'est M. de Monts qui fit les frais du voyage de 1608 et de la première habitation de Québec. (Œuvres de Champlain, p. 783).
* Œuvres de Champlain, préface générale, p. III.
“Ibid, p. 488.
12 SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA mière, qui renferme trois cent vingt-huit Pages, n’est à peu près que la
répétition des Voyages de Champlain de 1603 à 1618; la deuxième partie a trois cent quarante-trois pages, et continue le récit de ses voyages jus-
la manière ordinaire de Champlain. Pour nous servir d’une expression piquante de M, de Puibusque, “il Y parle une autre langue que la
“Il est évident, dit Laverdière, en parlant de l’édition de 1632, qu’une main étrangère s’est chargée de la révision de l'ouvrage de Champlain.”
Laverdière va plus loin et précise davantage :
“Non seulement, dit-il, quelqu’un a revu, ou même retouché le récit de Champlain, mais on peut affirmer que ce travail a été fait soit par un jésuite, soit Par un ami des religieux de cet ordre.
“T1 faut remarquer, ajoute-t-il, que cette édition s’imprimait au moment où les Récollets faisaient d’inutiles efforts pour rentrer dans ne mission dont ils étaient les fondateurs, tandis que les Pères Jésuites revenaient seuls, évidemment protégés par la toute-nuissance de Richelieu...
“Que le lecteur examine attentivement lédition de 1632, et il remarquera que l'on retranche à dessein, des éditions précédentes, tout ce qui était en faveur des Récollets, et que l’on y introduit au contraire tout ce qui pouvait servir la Cause des Jésuites... Le caractère brave et loyal de Champlain ne Permet pas de supposer qu’il ait eu recours à de pareils procédés. , ,” 2
Quoi qu’il en soit, cette édition de 1632 est extrêmement intéressente; et quant à la seconde moitié du volume, elle est certainement, comme le dit Laverdière, “unique et indispensable” pour l’histoire de la Nouvelle-France. C’est là que l’on trouve, en effet, le récit du premier .
de l'érection du premier fort Saint-Louis; celui de l’arrivée des premiers jésuites en Canada, en 1625, sous les auspices du duc de Ventadour;® puis le récit de la prise de Québec par les Anglais en 1629, et
celui de la reddition du Pays à la France en 1632. + +
2 Œuvres de Champlain, p. 637.
*Ibiv., p. 638.
* Henri de Lévy, due de Ventadour, 4e vice-roi de la Nouvelle-France (1625. 1627).
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Voilà, dans le détail, les différentes parties de ce beau monument élevé par Laverdière à la gloire de Champlain. S'il fait honneur à ce-
Québec. Quand on Parcourt attentivement ces récits de voyages, quon examine ces cartes, ces plans de villes ou d'habitations, ces vignettes, ces différentes gravures, on ne peut s’empêcher d'admirer le savoir, les connaissances vraiment universelles de Champlain. Certes, ce n'était pas un homme ordinaire, celui qui pouvait ainsi parler pertinemment de toutes choses, et Pour qui les sciences naturelles, surtout, n’avaient presque pas de secret,
Et remarquons de suite que ce savoir paraissait chez lui tout naturel, sans apprêt, sans la moindre prétention, J amais homme ne chercha moins que Champlain à se faire valoir. S'il fût resté en France, il eût Pu certainement arriver aux plus hauts honneurs de la marine, Mais il s'était voué à l'établissement d’une colonie française en Amérique; il Y consacra la moitié de sa vie et voulut mourir à Québec qu'il avait fondé. È
Navigateur et marin, il l'était dans P’âme 3 il l'était depuis son enfance: “Cet art de la navigation, écrit-il quelque part, m’a dès mon bas
Il avait une âme “ active et aventurière”, et ne Pouvait rester longtemps en repos. Il éprouvait le besoin de Voyager, mais toujours dans un but sérieux et utile, pour s'instruire, Pour connaître des pays nouveaux, et surtout pour y fonder des établissements profitables à son propre pays.
“ Dans ses voyages, dit Laverdière, on remarque chez lui une qualité infiniment précieuse, celle d’observateur scrupuleux et intelligent, qui ne manque aucune occasion de servir la louable ambition de la science aussi bien que les intérêts de la patrie. Non seulement il tient journal, mais encore il note sur son Passage la position des lieux, les productions du pays, les mœurs et les coutumes des habitants.” 2
Nous pourrions en citer une infinité d’exemples; mais voici, entre autres, la jolie description qu’il fait du Mexique: “Il ne se peut voir, dit-il, ni désirer un plus beau pays que ce royaume de la Nouvelle-Es- Pagne: grandes campagnes unies à perte de vue, chargées d’infinis trou-
? Œuvres de Champlain, p. 187.
* Notice biographique, p. XIV.
Puis tout de suite il Tous les contentements que j'avais eus à la vue de choses si agréables, dit-il, n’étaient que Peu de chose, au regard de celui que je reçus lorsque je vis cette belle ville de Mexico, que je ne croyais si superbement bâtie de beaux temples,
long, que l’on Pourrait bien Couper et fortifier, n’ayant à craindre que de ce côté, car de tous les autres il] ÿ a plus d’une lieue jusques aux
tention: aucun oiseau, aucun anima] ne se présente à ses regards, qu’il ne serrête immédiatement Pour le dépeindre dans toutes ses particu-
quérir comme lui leur estime et leur confiance. Il a su déméler leurs bonnes qualités de leurs nombreux défauts; il s’est rendu compte de leurs besoins, de leurs aspirations, de leur manière de vivre, et a fait de
leurs villages et de leurs habitations, de leurs fêtes et de leurs cérémonies, des descriptions charmantes.
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? Œuvres de Champlain, p. 27.
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C’est à l’occasion de ces Pauvres sauvages qu’il fait entendre les plus
peuples “n’ayant ni foi ni loi, vivant sans Dieu et sans religion, cuume bêtes brutes”, il se sent profondément touché, et son zèle d’apôtre ne peut se contenir: “Je jugeai à part moi, dit-il, que ce serait faire une grande faute : je ne m’employais à leur préparer quelque moyen pour les faire venir à la connaissance de Dieu. Et pour y Parvenir, je me suis efforcé de rechercher quelques bons religieux, qui eussent le zèle et affection à la
On parle beaucoup d’américanisme, de nos jours. Le mot n’était Pas encore inventé du temps de Champlain. Mais &il ne savait pas le mot, il connaissait parfaitement la chose; et nous croyons que perruuns n’a jamais été meilleur américaniste que lui.
daient avec impatience son retour au temps qu’il le leur avait promis. Une année, le vaisseau de Champlain étant un peu en retard, les sauvages se désespéraient, Enfin ils le voient poindre du côté de Tadoussac, et ils courent au devant de lui: “Quand ils furent dans notre vaisseau, ditil, ils regardaient chacun au visage, et comme je ne paraissais point, ils demandaient où était M, de Champlain. On leur fit réponse que j'étais demeuré en France. Ce que ne croyant pas du tout, il y eut un vieillard qui vint à moi en un coin où je me promenais, ne désirant pas encore être connu; et me Prenant l’oreille—car il se doutait qui j'étais—i] vit la cicatrice du coup de flèche que je reçus à la défaite des Iroquois. Alors il s’écria, et tous les autres après lui, avec de grandes démonstrations de joie, disant : “ Tes gens sont au port de Tadoussac, qui t’attendent.” + Cette courte citation et les autres que nous avons déjà faites, tout en nous montrant le beau caractère de Champlain, nous donnent une idée de sa manière d'écrire. Ah, quelle pureté, quel abandon, et quelle simplicité! On a dit quelque part: “Le style, c’est l’homme.” C’est
? Œuvres de Champlain, p. 490.
*Ibid., p. 891.
*On le voit, Champlain ne craint pas de se faire donner la particule par les teuvages; {! ne leur fait pas dire M. Champlain, mais M. de Champlain.
“ Œuvres de Champlain, p. 436.
tention, dans sa vie et sa conduite, étant Je plus modeste, le plus vrai et le plus sincère des hommes, son style est l'expression simple et naturelle de sa pensée et de ses sentiments,
Pour apprécier, du reste, avec justice le style de Champlain, il faut évidemment se reporter au temps où il écrivait, au commencement du dix-septième siècle, alors que la langue française n’avait Pas encore atteint son dernier degré de perfection; et nous mettant bien dans le mi-
était, comme la si bien dit Laverdière, un observateur intelligent.” Mais il faut supposer, avant tout, qu’il avait reçu une forte éducation de famille; et son exemple m’a toujours laissé une haute idée de l’instruction primaire qui se donnait, à son époque, sinon dans toute la France, du moins à Brouage, son Pays natal.
nÿ: au Canada. Bien maigre renseignement, avouons-le, et qui était Lin de rendre justice à la mémoire de ce grand homme,
De son caractère noble et élevé, de son savoir, de ses Connaissances, de ses nombreux et intéressants Voyages, de son talent de narrateur, nous ne pouvions avoir qu’une idée confuse et imparfaite, Comme la si bien dit Laverdière, “ toute la vie de Champlain est dans ses Œuvres.” Et nous ne les Connaissions pas... Nous ne pouvions nous faire une juste idée de la largeur de ses vues, de l'étendue de ses Projels, parce
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qu'il n’avait pu mettre à exécution qu’une petite partie du plan qu’il avait conçu. On juge d’un arbre Par ses fruits, et d’un homme par ses actions : l’œuvre que Champlain avait pu réaliser sur les bords du Saint- Laurent, toute méritoire qu’elle était, était cependant peu de chose.
Mais voilà qu’en 1870 on exhume de Ja Poussière où ils dorment depuis plus de deux siècles les quelques rares—très rares—exemplaires de ses récits de voyages, les précieux volumes de ses Œuvres; ils sont édités de nouveau, mis à la portée du public; et nous Y découvrons l’ensemble de ses vues, qui sont à la fois superbes, raisonnables, faciles à réaliser, C’est tout un nouveau Champlain qui nous apparaît. Ce n’est plus le simple fondateur d'une bourgade sur les rives du Saint-Laurent, c’est un grand esprit colonisateur, c’est un créateur d’empire, c’est une intelligence qui est d’au moins cent ans en avant de celle de ses contemporains.
Ce que veut Champlain, c’est la création d’une nouvelle France en Amérique; et il ne Propose pour la réalisation de son plan que les moyens les plus simples et les plus pratiques: ce qui est le caractère du génie. Mais il lui faut lutter contre les fausses idées de son temps ; il a les mains liées; il ne peut mettre à exécution qu’une toute petite partie de ses vastes et magnifiques projets. Qu'importe; il en a tout le mérite. Sa figure grandit, à nos yeux, en proportion des obstacles qu'il rencontre; et nous l’apprécions non plus seulement pour ce qu'il a fait, mais en Proportion de ce qu’il voulait faire, et que la maladresse et souvent le mauvais vouloir de ses contemporains l'ont empêché de réaliser.
Ab, si l’on avait compris la politique de Champlain! Que de guerres désastreuses pour la France dans les trois derniers quarts du dix-septième siècle eussent été évitées! Et quel magnifique et solide empire colonial elle eût pu établir en Amérique!
Champlain, étudié et considéré dans ses Œuvres, sera désormais Pour nous non plus seulement le fondateur de Québec, mais l’un des meilleurs et des plus Pratiques esprits colonisateurs que la France ait produits.