‹ Le vuidangeur sensibleChapitre 13 sur 33 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Mistriss tompson et sentfort, miss tompson et SENTFORT, TOMPSON, JONES, sa vBste déboutoïinée et déchirée^ et ses cheveux en désordre.

JONES

Excusez-moi, mesdames, il ne m'a point été possible de me tirer des embarras qui me poursuivent depuis quatre heures.

MISTRISS SENTFORT.

Il faut qu'ils aient été grands; car vous vous présentez dans un bel équipage !

JONES

Pardonnez cet air de désordre à mon empressement, et à l'aventure qui vient de m'arriver.

MISTRISS SENTFORT.

Elle est donc bien extraordinaire ?

JONES

Je me hâtais de venir m'habiller, et de me mettre en état de faire décemment ma cour à cette charmante Miss, lorsqu'auprès d'ici, j'ai entendu un tumulte épouvantable, et des cris à faire peur ; je me suis aussitôt avancé, en fendant la presse, et j'ai vu un de mes meilleurs amis, le plus honnête

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homme du monde, aux prises avec la plus vile canaille, qui le traitait de Juif, de Banqueroutier ; à cet aspect, mon sang s'est allumé ; Je me suis élancé dans la bagarre ; j'ai frappé à droite, à gauche ; les coups de poings, les gourmades volaient de tous côtés ; jamais bélier n'a donné de si furieux coups de tête ; vingt fois on m'a renversé dans la boue : mais enfin, par ma valeur, j'ai sauvé mon ami des mains de la populace, et l'ai ramené en triomphe dans le sein de sa famille ; tandis que nos ennemis avoient un œil poché, une dent meurtrie, ou la moitié des dents cassées.

MISTRISS TOMPSON.

Voilà, certainement, une belle action, qui mérite bien qu'on vous pardonne un retardement, dont nous appréhendions d'avoir à nous plaindre, comme d'une négligence.

JONES à miss Charlotte.

Sans des raisons aussi fortes, j'aurais même devancé votre arrivée ici, miss Charlotte; ma famille veut que je vous sacrifie ma liberté; je n'aurai pas de peine à lui obéir.

MISS CHARLOTTE

Mais VOUS ne serez point mon esclave ; l'amitié seule doit nous réunir l'un à l'autre.

JONES

Vous avez raison, Miss, je n'y pensais pas.

MISTRISS SENTFORT.

Allons, allons, tout est convenu. Ne songeons qu'à nous divertir et à conclure. On dresse actuellement le contrat.

JONES, d'un air troublé.

Quoi, ma mère, déjàl

MISS CHARLOTTE

En êtes-vous fâché, Monsieur?

JONES, se remettant un peu.

Non, Miss, je ne m'attendois pas seulement que mon bonheur fût si prochain.

MISTRISS SENTFORT.

Mon fils, on ne sauroit trop se presser pour terminer les bonnes affaires.

MISTRISS TOMPSON.

En attendant l'heure du dîner; allons faire un tour dans le parc Saint-James .

TOMPSON.

C'est bien dit : partons.

MISTRISS SENTFORT.

Mais pouvons nous aller décemment, sans être suivie chacune de notre servante?

MISTRISS TOMPSON.

Vous avez raison, nous risquerions d'être confondues avec les femmes du peuple.

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MISS CÉCILE

Eh bien, comme miss Charlotte et moi nous serons avec vous, nous vous tiendrons lieu de servantes.

MISS CHARLOTTE

C'est bien pensé !

TOMPsoN, à sa femme et à sa fille.

Quel diable de cérémonie ! Est-ce que vous êtes folles ?

JONES, aux Dames,

Dans l'état où je suis, je ne puis vous conduire à la promenade : j'en suis fâché, Mesdames.

MISTRISS SENTFORT, à SOU fils.

Nous vous dispensons de venir, songez seulement à mieux vous équiper.

MISTRISS TOMPSON.

Mais nos servantes... sortir sans elles... .

TOMPSON, prenant sa femme et Mistrîss Sentfort sous le bras et les entraînant hors de la scène.

Je vais vous apprendre à vous en passer.

Miss CÉCILE et CHARLOTTE, les suivaut en éclatant de rire.

Ah ! ah ! ah ! elles apprendront aussi à courir. Ah ! ah I ah !

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