‹ Le vuidangeur sensibleChapitre 14 sur 33 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JONES seul.

Comme ils ont eu la bonhommie d'ajouter foi à mon combat généreux (// rit). Ah ! ah! ah !.... Ce coquin là, me chercher toujours querelle, quand il est ivre... Quelle grêle de coups de poings, et comme il vous lance sa tête dans l'estomac! Je ne veux plus aller dans sa maudite taverne... Ouf ! Je suis

moulu de coups voilà des avant-coureurs de

noce assez désagréables A propos de mariage,

je me suis furieusement avancé, je ne sais pas trop comment je pourrai me dédire. Si je me marie. Miss Arlowe ne me le pardonnera jamais-, je serai réduit à ne plus la voir. .. Cette idée seule me desole... D'un autre côté, la terrible Carlidge m etourdira par ses cris et ses clameurs ; animée par l'intérêt qu'elle prend à sa ifille, c'est une furie qu'il n'est pas aisé d'adoucir... Après une entrevue et des conventions arrêtées, si je renonce à l'alliance convenue, je dois m'attendre aux dernières extrémités de la part de mon père, de ma prétendue et de sa famille qui deviendront de nouvelles harpies pour me tourmenter : je serai renfermé, peutêtre même deshérité Ma parole est engagée et

la future est gentiUe... Mais je n'en suis pas amoureux; et rimage d'un autre objet viendra me

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poursuivre jusques dans les bras de ma femme.... Je me perds dans mes réflexions.. . Non, je ne saurais abandonner ma Miss Arlowe, je la préfère à toutes les fortunes que l'on m'offre, elle est mon âme;

ma divinité Que dis-je 1 je m'expose à me la

voir enlevée pour toujours : car on attenterait à ma liberté, ce bien si cher, digne partage d'un Anglais... qui saitle conserver... Ma foi, je vais courir le monde, et emmener avec moi ma chère Maîtresse... Je suis sans un sou.... Me voilà bien embarrassé; je n'ai qu'à mettre la main sur le magot de mon père ; j'ai remarqué que la serrure de son coffrefort ne tient presque point : cela suffit A merveille ! je passerai dans nos Colonies ou dans le pays étranger. Je m'y enrichirai par mon industrie; au bout de dix ans, je reviendrai, cousu de guinées comme un Milord, et tout sera oublié ; ma future actuelle aura trouvé un autre parti, tous mes gens seront morts et personne n'aura plus rien à me dire... Oui, voilà ce que j'ai de mieux à faire; voler mon père, et me sauver avec la petite Arlow^e... pourvu toutefois que l'aimable créature consente à me suivre... Je n'ose me flatter d'obtenir d'elle cette marque d'amour... Je crois l'apercevoir.

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