‹ Le XIXe siècleChapitre 23 sur 74 · I.’ atelier de petrus · texte numérisé non relu

I.’ atelier de petrus

La Confession d'une ancienne jeune actrice.

Le députe ne trouvait pus plus facilement ses mots pour ses explications que pour ses déclarations. 11 regardait la porte et cherchait le moyen de s’esquiver.

Pétrus eut une idée,

— Très flattés de votre gracieuse visite, illustre seigneur, ineffable et sérénissime bélître, nous voulons vous rendre politesse pour politesse, nous allons vous reconduire en grande cérémonie chez madame votre épouse... à seule fin qu’elle n’en ignore ! déclara-t-il.

— Vive le député ! vive le gouvernement !

Cinq minutes après tous étaient dans la rue. Pétrus tenait le député par le bras, ses amis suivaient en cornant effroyablement, au grand ébahissement des voisins. Le député ne demeurait pas loin ; les fanfares avaient attiré le concierge et sa famille devant la porte, la troupe n’eut qu à prendre l’escalier. Sur le palier du premier étage, après avoir sonné, toute la bande s arrêta pour une dernière aubade. Toutes les portes s ouvraient dans la maison mise sens dessus dessous par cette musique

Le Dix-neuvième Siècle.

effroyable; seule la porte du député restait fermée; enfin elle s’ouvrit... Des domestiques, la femme du député et un monsieur parurent, la mine effarée...

Le monsieur, c’était Guindoulas le romancier, notre ancien ami.

Pétrus le regarda un instant. Tout à coup il comprit, il éclata de rire et dégringola l’escalier avec sa bande.

Pauvre député ! nous étions vengés d’avance, Guindoulas étudiait les femmes du monde chez lui !

Pétrus Ringard.

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