LE ZOUAVE JEAN BERN1LLE
— Le zouave type, le zouave qui, lorsque sous la poudre des siècles les vraies grandes figures se dresseront, sera pour l’avenir le zouave de la légende, le représentant original d’un cycle héroïque, un soldat à mettre à côté du bon chevalier pourfendeur, vaillant et loyal, du lansquenet du xvie siècle, du cadet de fa-
Le Dix-neuvième Siècle.
mille mousquetaire du xvuc siècle et du grenadier de l’Empire, ce zouave, je l’ai connu, me disait mon ami A..., officier algérien en congé à Paris.
— Oui, reprit-il, le zouave du commencement de la conquête, lithographié par Charlet vers 1835, le zouave de Ivabylie illustré par Raflet, le zouave des tranchées de Sébastopol peint par Bellangé, ou d’Italie chanté par Pierre Dupont :
« On va voir les nouveaux anciens « La France a lâché ses zouaves ! »
Et ce zouave des jours de malheurs écrasé 'par ie nombre et la mitraille, dont l’héroïsme a été célébré par Déroulède et raconté par les pinceaux épiques de Neuville et de Détaillé, pour moi ce zouave se résume en Jean Bernille, que j’ai en
Sedan.