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SUÏTE ET FIN DE LA SECONDE SÉANCE

(de virili modo Vivendi).

(Du prototype musculaire, actif ou pratique de notre espèce, au triple point de vue de sa manière d'être, d'agir et de penser. — Des services qu'il a rendus et des services que ses représentants rendent et rendront, longtemps encore, dans toutes les sociétés possibles.

Mes Seigneurs,

De même qu'il faut (dans les pays où vit le prototype actuel de notre variante végétative) distinguer, (F abord, deux variétés de noirs : la nègre et la Papoue, respectivement déterminées par l'excès d'une chaleur, plus ou moins grande, qui prime toute autre influence: puis, dans chacune de ces deux variétés, distinguer, ensuite, deux sous- variétés : l'une à peau relativement inodore et lisse aussi douce que fine et fraîche : l'autre, au contraire, à peau granuleuse et odorante aussi écailleuse et râpante (quand, momentanément, elle est sèche) que gluante ou bien happante (quand, chose plus fréquente, elle est plus ou moins

Jiumectée par sa propre sécrétion) Sous

variétés respectivement déterminées, à lem^ tour, ])ar un excès de sécheresse et un excès d'humidité qui doublent la susdite chaleur prédominante

De même idans les pays où vit le prototype actuel de notre variante nnisculaire) il faut distinguer (F abord au point de vue de la forme trois variétés d'hommes éminemment actifs : à savoir, la variété coureuse, la variété lutteuse et la variété normale, respectivement, déterminées par les excès de contractilité qu'exigent de nos jambes, de nos bras, ou de nos quatre membres également) les difficultés mécaniques inhérentes à la faune, à la llore, à la n)inéralogie ou à la

topographie du sol) De môme, dis-je, il

faut, distinguer tVabord ces trois variétés morphologiques ; puis, dans chacune d'elles, distinguer ensuite (au point de vue de la couleur) trois sous variétés : l'une à peau plus ou moins rouge, mieux (peut-être) faudrait-il dire à peau plus ou moins hàlée seulement : l'autre à peau plus ou moins jaune : et la

troisième à peau plus ou moins verte Sous

variétés déterminées à leur tour par les qualités plus ou moins pulmonairement hématosantes, de l'air qu'on respire en ces susdits pays si dynamiquement exigeants.

Deux mois d'explication ; non pas sur les trois variétés lutteuse, coureuse et normale de notre variante musculaire (puisque c'est chose dite), mais bien sur leurs trois sousvariéîés, rougeâtre, jaunâtre et verdàtre ; que, respectivement, on rencontre aux parages qui sont tempérés, froids, ou chauds en même temps qu'humides plutôt qu'autrement.

La première ou rougeàtre, se rencontre aux parages qui sont tempérés plutôt qu'autrement ! C'est-à-dire aux parages où, comme chez nous fpour aider, en leur office d'organes artérialiseurs par excellence, les poumons surchargés de besogne, par le fait d'une extrême activité) d'organisme désigne (de par les données cosmiques ambiantes) en première ligne, les papilles vasculaires de notre peau; en seconde, ses glandes sudorales ; et, en troisième, ses glandes sébacées. Le tout (n'oubliez pas ce détail fort important, que je donne une fois pour toutes;, le tout, dis-je, en ayant soin de foncer, pour mieux assurer le jeu de ces trois organes cutanés, la couleur du pigmentum qui les recouvre. Pigmentum d'autant plus habile à fournir, à ces papilles et glandes, les agenis physico-chimiques, dont elles ont besoin, <|u'il est plus coloré.

La seconde ou jaunâtre, se rencontre aux parages qui sont froids plutôt qu'autrement ! C'est-à-dire aux parages où, comme aux environs du cercle polaire (pour aider, en leur oftice d'organes arfcérialiseurs par excellence,

les poumons surchargés de besogne )

l'organisme, de par les données cosmiques ambiantes, dési^jne, en première ligne» nos glandes rein aies, si profondément enfouies dans notre corps ; en seconde, nos glandes sudorales, si profondément enfouies (elles aussi dans l'épaisseur de notre tissu cellulograisseux ; et, en troisième (pour favoriser le jeu de ces derniers) notre pigmentum sous épidermique. Pigmentum ! dont la coloration, jaunâtre alors, n'est peut-être pas étrangère à la présence de quelque urate.

Enfin, la troisième ou verdàtre, se rencontre aux parages qui sont chauds, en même temps qu'humides , plutôt qu'autrement !

C'est-à-dire aux parages où, comme en Ma-

laisie (pour aider nos poumons en

leur office ) l'organisme, de par les données ambiantes, désigne, en première ligne, le foie ; en seconde, celles de nos glandes cutanées qui , par leur sécrétion sébacée , viennent plus volontiers en aide à ce fort gros organe ; enfin, en troisième, encore ce même

pigmentum sons épidermique. Pigmentuni !

dont la coloration, alors verdâtre, n'est peutêtre pas étrangère à la présence de quelque biliverdate.

(Premiers sufues (rimpatience.)

Eh bien ! de toutes ces variétés, ou mieux, sous variétés de notre variante animale, active , pratique ou musculaire ; laquelle choisirons-nous comme prototype de ce qu'est devenue notre espèce, aux pays où elle a du sacrifier (de père en fds, de génération en génération et de siècle en siècle) sa puissance végétative et même sa force intellectuelle ^ autant, bien entendu, que l'obligation d'agir avec discernement le lui a permis) au développement maximum de son pouvoir e( de son activité musculaires ?

Nous choisirons, évidemment, celle dont le pays provoque (par ses exigences de force contractile et ses qualités aéro-respiratoires) le plein développement de tout notre appareil dynamico-musculaire, en même temps que le plein développement de notre appareil hématoseur par excellence...... celle

que, par conséquent, on rencontre aux parages où notre cage thoracique prend le plus fréquemment et, par suite, conserve le

plus fidèlenieni la tonne qu'elle alfecte peu-

daul, le phénomène de l'effort celle qui

habite (au nord et dans le nord de la Chine) les régions de moyen climat qui s'étalent, en Asie, au sud de la Sibérie, depuis les côtes occidentales du grand Océan pacitique septentrional jusqu'aux rivages orientaux et quelque peu méridionaux de la mer Caspienne celles enlln dont les populations,

plus ou moins nomades, ont, dans le passé, (tantôt sous les noms de Tartares, de Mongols et de Mandchoux, tantôt sous ceux de Huns et de ïurcomans) prouvé, à diverses reprises (aux Asiatiques, aux Européens et même aux Africains; que les colorés jaunes, tirant sur le rouge plutôt que sur le vert , étaient des envahisseurs et même des conquérants de premier ordre ; sinon sous le rapport de l'intelligence, du moins sous le rapport de l'activité, de la force, de l'énergie

et dont les populations sédentaires (de l'aveu môme de ceux, qui ont eu l'imprudence de pénétrer chez elles) menacent de prouver, dans un fort prochain avenir, aux autres Asiatiques 5 aux Américains , aux Africains et même aux Européens que ces mêmes colorés (s'ils ne sont encore que des inventeurs industriels de second ordre ; sous le rapport de rintelligengei n'en sont pas moins déjà des

laJjricants de premier ordre sous le rapport de l'économie, plus des marchands de premier ordre aussi, sous le rapport de la ruse et de l'accaparement des affaires.

Eh bien ! ces hommes qui (je le répète) ont organisé les invasions les plus nombreuses, les plus lointaines et les plus terrifiantes dont notre espèce ait souvenance ; comment sont-ils faits non pas chromatiquement (car c'est chose établie) mais .géométriquement, anatomiquement, physiologiquement et mentalement ou mieux moralement ?

Géométriquement, ils sont de taille moyenne et rappellent, ainsi que je l'ai déjà dit , par la carrure générale de toute leur personne, les contours d'un homme qui, en vue de produire un suprême effet contractilo-mécanique, aurait élargi le plus possible (s'il m'est permis d'ainsi parler) toutes ses amplan turcs musculaires et, le plus possible aussi, inspiratoirement amplifié toutes les cavités de son abdomen, de sa poitrine, de son col, de sa face et fje dirais presque) de son crâne ; pour se procurer un plus vaste point d'appui.

Mes Seigneurs, les traits du genre d'homme auquel je fais alhision vous sont trop connus

et j'ai Irop à cœur de ména[>'er votre temps; pour que je croie devoir entrer dans les détails d'une description complète.

En conséquence je passe à la question biologique.

(Seconds signes d'impatience.)

Analomiquement, le squelette du prototype de notre variante active (musculaire ou colorée) est mieux équilibré que celui du noir et que celui du blanc ; de plus, ses muscles sont plus fermes que les leurs ; son sang plus fibrineux; et son cœur,sinon plus gros, du moins plus vigoureux, dans ses compartiments de gauche surtout.

Physiologiquenient, enfin

(Troisièmes signes (V impatience.)

Je vous assure, Mes Seigneurs, que je me borne au strict nécessaire.

Physiologiquenient, enfin, ce qui caractérise notre prototype actif, c'est qu'il adopte plus énergiquement et (surtout, surtout!) abandonne plus tardivement que nos deux autres variantes (et cela au physique aussi bien qu'au moral le modus viri'is vivendi,

autrement dit la manière d'être, d'aj]ir et de penser (jui l'ait l'apanage vital de tout homme adulte.

C'est qu'il adopte plus énergiquement, disje, et surtout abandonne plus tardivement que les noirs et les blancs le mode vital de l'homme adulte ! Double phénomène qui nous explique on ne peut mieux, d'une part, comment les colorés ont pu créer des états si prodif^ieusement peuplés ; et, d'autre part comment en dépit du concours prodigieux aussi, qu'ils forment d'hommes obstinément travailleurs et, partant, penseurs, jusqu'à un certain point) ils n'ont jamais pu sortir du concret; jamais pu que recueillir (en quantité prodigieuse, il est vrai, mais enfin que recueillir) des notions purement empiriques en tous genres.

J'en arrive, si déjà la chose n'est commencée, à rénumération des qualités mentales, ou mieux morales du prototype de notre deuxième variante.

Vous l'avez tous deviné, mes Seigneurs ; pas de ibrce et d'activité musculaire maximum; sans force et sans activité non pas intellectuelle Ja plupart des hercules le prouvent; mais bien morales maximum aussi, Donc la carac-

téristiqiie mentale de notre prototype musculaire, actif ou pratique; c'est la ténacité du vouloir. Ténacité qui fait que, dans toutes les résolutions, gestes, faits et actes (sinon dires) de ses variétés, on trouve toujours plus de caractère et d'orgueil que d'intelligence, de cœur et de vanité.

{Les mêmes voix que précédemment : Un tel homme est trop loin de nous et les services qu'il a rendus, à notre espèce, et que ses pareils, destinés du reste à devenir de moins en moins Importants^ pourraient lui rendre encore sont trop peu de chose pour qu'il soit opportun de tant insister sur ses qualités bonnes ou mauvaises.)

A cette objection, que j'espérais ne pas voir se renouveler. .. car, pour viser notre deuxième variante, elle n'en est pas moins identique à celle que j'ai déjà réfutée Je ne peux évidemment répondre que comme précédemment.

- Donc je vous répéterai, mes Seigneurs, erreur, d'ouble erreur même !

Erreur! Car le mode vital et surtout vitalomental de notre variante musculaire est, fut et sera, toujours, non-seulement celui qu'imitèrent, imitent et imiteront (de plus ou moins

— ue, —

près) les liommes parvenus à l'à^^e viril, quels que soient leur pays et leur race c'est-àdire, tous les adultes mis en devoir de matériellement gagner la vie de leur famille et de

matériellement aussi la diriger mais encore

celui que, de plus ou moins près pareillement, imitèrent, imitent et imiteront tous les individus (quels que soient encore leur pays et leur race) dont la position sociale ou professionnelle fut, est ou sera de commander un certain nombre de subventionnés ; soit au militaire, soit au civil ; soit comme officier tâchant de mériter le nom de père du soldat , soit comme administrateur s'etïorçant de justifier celui de patron que généralement les ouvriers leur donnent

Les noms de père et de patron qui rappellent, aussi bien l'un que l'autre, celui du pater familias; et qui, pas plus l'un que l'autre, ne me semblent devoir péricliter de sitôt.

Je dis, qui ne me semblent, pas plus l'un que l'autre, devoir péricliter de sitôt; parce que (si vous partez de ces faits ; que plus un groupe social se civilise, plus il travaille : plus il travaille plus s'y multiplient les spécialités professionnelles : et plus s'y multiplient les spécialités professionnelles, plus s'y multiplient le nombre des ouvriers divers, et, partant, le

noiiibre des patrons', vous arrivez droit à cette première conclusion ; que le nombre des hommes contraints d'imiter (de plus ou moins près , au moral surtout) le mode vital de notre variante musculaire, active ou pratique, n'est pas près de péricliter numériquement ou en quantité.

Vous arrivez, dis-je, droit à cette conclusion première comme, non moins droit, vous arrivez à cette conclusion seconde : que le prototype de ce genre d'homme ne peut que gagner en importance, c'est-à-dire en qualité; si (tenant compte de ce fait : que le nombre des professions diverses augmente à mesure que le militarisme décroit) vous dites plus les ouvriers se spécialisent manuellement , plus moralement ils tendent à le faire : plus moralement ils tendent à le faire , plus déterminer leur concours vers une même résultante sociale devient difficile : plus déterminer leur concours vers une résultante sociale devient] difficile, plus augmente en dignité l'oftice de synthétiseur matériel, autrement dit, d'administrateur ou de patron.

Donc, mes Seigneurs bien qu'il soit juste

et bon de penser, avec tous' ceux qui ont foi (comme vous ) dans la perfectibilité matérielle et spirituelle de notre espèce, qu'en tous lieux

comme en Ions temps l'homme s'embellit et môme s'achemine vers notre variante mentale; dès que son industrie lui crée des loisirs végétatifs et musculaires, en détruisant les sauvages influences qui fatalement l'acheminèrent tout

d'abord vers un type inférieur On aurait

tort d'affirmer, ce me semble, que les difficultés sociales de plus en plus nombreuses et de plus en plus spécialisantes (que font naître les travaux croissant en tous genres n'auront pas pour effet de maintenir, chaque jour d'avantage, cette classification (si ])iologique, si géographique, si historique, je dirai même si morale) des hommes de toutes les races et de tous les pays possibles, en hommes de cœur, en hommes de caractère et en hommes d'intelligence, devenant de plus en plus solidaires les uns des autres en hommes, travaillant de plus en plus avec leurs mains et leur sentiment, pour dompter la matière ; en hommes travaillant de plus en plus avec leur vouloir et leur activité, pour dompter les personnalités; et finalement en hommes travaillant, de plus en plus, avec leur intelligence et leur vanité pour gouverner les idées.

Je passe aux considérations qui m'ont fait dire : non pas erreur seulement, mais double erreur ! c'est-à-dire, i\ l'importance des servi-

ces qu'ont rendus, que rendent ou que rendront k notre espèce les hommes de sa deuxième variante. Services qui ne sont autres que les solutions qu'ils donnèrent, donnent et donneront lonp;temps encore aux grandes questions spirituelles, ou d'ordre religieux; temporelles, ou d'ordre politique ; et enfin matérielles, ou d'ordre végétatif, qui forcément se dressent devant tout groupe humain soucieux de vivre en société.

Commençons (pour bien comprendre comment les choses se passèrent, se passent et se passeront longtemps encore) par bien fixer notre point de partance, par bien nettement établir la nature mentale de l'être appelé à résoudre ce triple problême.

Je viens de vous le dire : Tliomme éminemment praticien et actif (le spécimen de notre prototype musculaire) est, comme l'adulte en pleine possession de sa virilité, plus volontaire qu'intelligent et sensible, plus orgueilleux que vaniteux et bon, plus soucieux d'un résultat bien palpable et bien réel que d'une émotion bien sentimentale et d'une vérité bien scientifique, plus enclin (pour obtenir ce qu'il veut) à employer la force plutôt que la prière ou la démonstration.

Moralement, mentalement parlant, que signifient de pareilles aptitudes ? Tout simplement que les enseignements, presque exclusivement empiriques de la pratique, plaisent infiniment plus à ce genre d'homme, que les inventions du

cœur et les théories positives de la science

ou, si mieux vous aimez, que le prototype de notre deuxième variante, vu sa nature aussi éminemment volontaire qu'ombrageuse, adhère (d'instinct) et (d'instinct) se cramponne aux notions (toujours plus ou moins incertaines, mais partant, jamais absolument dominantes) de la métaphysique, plutôt qu'aux fictions de la théologie et surtout (surtout! ) plutôt qu'aux prescriptions de la science.

Rien de plus naturel I

Rien de plus naturel ! (^ar celui qui suit son bon plaisir plus volontiers que sa raison n'est, pour peu qu'il doute, qu'assez légèrement tourmenté par l'amour ou la crainte de Dieu ; tandis que, tout au contraire, l'homme convaincu par la science a, dès qu'il lui désobéit, pour ennemi intime, immédiat et continuel son propre savoir.

Conclusion (moralement, mentalement ou mieux, philosophiquement parlant), le prototype de notre seconde variante est aussi instinctivement que systématiquement métaphysicien.

Eh bien, comment ce métaphysicien, ce coloré s'y prit-il, quand vint son tour de servir spirituellement notre espèce, en s'organisant religieusement ?

Parce qu'il préférait de beaucoup l'obéissance à l'approbation, vu son excès d'orgueil et son défaut de vanité ; parce qu'il comptait beaucoup plus sur la force que sur la science ; et parce que (désirant par dessus tout rester le maître de toutes façons) il n'éprouvait aucun besoin de synthèse sentimentale ou scientifique, c'est-à-dire, de théorie dirigeante surhumainement fictive ou (ce qui l'aurait encore plus gêné) humainement réelle tout bonnement il subordonna le pouvoir religieux au pouvoir poH tique, en absorbant celui-là, quitte à lui laisser la satisfaction en même temps que Toffice de consécrateur ; et, sans chercher à formuler aucune synthèse, accepta, comme matériaux philosophiques de même valeur, les romans du fétichisme aussi bien que ceux du polythéisme, du monothéisme, du déisme ou du psychisme. Ce que fesant; il institua (sans le vouloir peut-être !) mais enfin il institua la tolérance religieuse.

Tolérance qui, je ne crains pas de le dire, fut pratiquée, dans notre vieux monde, par les grands souverains asiatiques, beaucoup plus

lar(>emeiit que par tous ' les ihéocrates et par tous les nioiiocrates blancs.

{Signes mcmifesies d'étonnemeni, chez les uns, d'impaiicnce et de îrprobuHon, chez les autres.)

Je passe, des services spirituels rendus. [Agitai ion et murmures nouveaux.)

à notre espèce, par ses enfants jaunes,

aux services temporels.

Quand leur tour vint, pour nos colorés prototypes, de s'organiser politiquement 5 tout bonnement ils aboutirent (de par leur soif de pouvoir temporel, leur ténacité supérieure et leur intelligence beaucoup moins naïvement crédule que celle des noirs; à mettre l'absolutisme humain ou politique, ainsi que je viens de le dire, au-dessus de l'absolutisme inhumain ou religieux. Autrement dit, prisant l'obéissance infiniment plus que l'approbation, ils se contentèrent de réglementer les actes, en laissant la pensée libre plus ou moins.

{Nouveaux murmures, nouvelle agitation.)

Je passe aux services que nous ont rendus,

dans l'ordre matériel ou vé{>étalif, nos frères colorés.

Parce qu'ils sont iniînimeni plus tenaces et plus praticiens que les noirs; ils ajoutèrent, à force de patience et de tâtonnements, à la con ■ quête des plantes et des bêtes philanthropes, la domestication des minéraux qu'aucune bonne volonté, ne portait (évidemment) à s'adjoindre à nos ressources sociales et que forcément il fallut entièrement violenter. Ils ajoutèrent, dis-je, cette conquête à celles des êtres vivants domesticables ; et, ce faisant, ajoutèrent pareillement, à l'activité pastorale amsi qu'à l'activité a{>ricole, l'activité industrielle ainsi que l'activité commerciale.

Ayant dit pour les services passés et présents, je passe aux services futurs.

Parce que vous n'avez pas terminé vos importants travaux ou, ce qui est tout un, parce que vous n'avez pas encore élaboré une doctrine qui permette de moralement gouverner tous les hommes

(Nouveaux signes iV impatience cl iVimprohanon.)

Mes Seigneurs, si la chose était laite, vous ne seriez certainement pas ici !

Parce que, dis-je, vous n'avez pas encore élaboré une doctrine qui permette de (moralement rien que moralement; gouverner tous les hommes, quels que soient leur pays, leur position sociale et leur âge ; vous ne pouvez, évidemment, que leur souhaiter et vous souhaiter des gouvernements temporels aussi tolérants que ceux des plus grands califes et les plus grands empereurs asiatiques.

{Agitation notablement croissante.)

Par conséquent, les hommes de la trempe de ceux dont je vous parle, les chefs de gouvernements purement temporels auront à faire au moins jusqu'à l'époque ou

{L'agitation, le trouble et les récriminations sont tels que Von n'entend plus de Vorateur, que des fragments de phrase qu'il devient déplus en plus dififcile de recueillir.)

Pour mon compte, parce que je crois

qu'un genre d'homme pour qui l'avarice ,

l'égoïsme et l'orgiieil sont presque des vertus

sociales , n'est pas appelé à disparaître de

sitôt de nos sociétés modernes

Parce que je suis coiivaiiicii, profondément

convaincu que l'homme éminemment acti

et volontaire ne cessera d'èlrc indispensable au premier ran^, que lorsque l'industrie moderne aura fait, de la terre, un Ëden tel que nous n'aurons plus qu'à nous y aimer

Ou, ce qui est tout un, parce qu'il me semble

rationnel, absolument rationnel, que, dans

une civilisation de plus en plus industrielle, la plus grande part du gouvernement incombe aux gens les plus,.... les seuls capables d'organiser le travail

(Cest par trop avilir tout pouvoir spirituel)...

..,..Je ne crains pas de vous le dire : Mes Seigneurs, tenez pour certain que vous n'aurez jamais trop de richesses esthétiques, ni jamais trop non plus de richesses scientifiques à opposer aux richesses financières des hommes de notre prototype actif ou praticien !

..... Et tenez pour certain aussi que vous

n'aurez jamais trop d'amour enthousiaste ni

trop de convictions inébranlables à opposer

aux métaphysiques subtibilités de leur fort énergique vouloir.

Donc, faites en sorte que tous ceux qui travaillent avec leurs mains et leur cœur, ainsi que tous ceux qui travaillent avec leur intelii-

gence et leur vanité ne trouvent dans les futu res assertions, qui doivent servir de base à votre nouveau culte à votre nouveau régime et à votre nouveau dogme,.... rien, absolument rien qui ne soit aussi parfaitement démontrable que démontré.

(Agitation et récriminations telles que la séance reste pendant longtemps suspendue,)

Croyez-moi, mes Seigneurs, puisque vous ne souhaitez qu'une chose : faire le bonheur

universel ! Puisque vous ne voulez qu'une

chose : faire œuvre de bons cathoHques dans la plus large et la plus belle acception du mot; abandonnez un système de philosophie, que la métaphysique elle-même a si

souvent battu en brèche ; et raUiez-

vous, aussi cordialement que sagement, à un ensemble de conceptions scientifiques auxquelles de plus en plus tout le monde se rallie; vu leur

(Impossible d'entendre le reste, La séance est renvoyée au lendemain. J

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