CHAPITRE PREMIER
De la Chambre des représentants du peuple, on, ce qui est tout uu, du pouvoir local uniquement cliargé de surveiller les intérêts sanitaires et financiers de toutes les familles françaises en votant l'impôt et le contingynt.
Article 1". Parce qu'en un pays véritablement républicain, la qualité politique de chaque homme honorable et majeur, (en un mot, citoyen) ne doit jamais s'éteindre, jamais être sans représentant et (surtout, surtout!) n'être jamais soumise au vouloir, bon ou mauvais, du pouvoir central, qui n'est, en défmitif, qu'un mandataire exécutif; les chefs et sous-chefs
temporels des cantons formant un même demiarrondissement se réuniront, de leur propre mouvement et pleine autorité, à une époque fixe et déterminée par la loi, dans la salle des actes et délibérations civils et civiques du plus central de ces susdits cantons; pour examiner publiquement le mérite des hommes qui ambitionnent d'être élevés, par le suffrage de leurs concitoyens, à la dignité inviolable de représentants du peuple.
Articles, 2, 5, 4, o et 6, à calquer, sinon copier mot pour mot, sur les articles 2, 5, 4, 5 et 6 de la Charte de la commune.
Messieurs, plusieurs articles concernant les conditions d'éhgibihté à la dignité de représentant du peuple, l'inviolabilité inhérente à leur personne, le règlement de leur Chambre, la nature de son mandat, sa durée, et cœtera, etcœtera..., devraient prendre place ici. Mais, parce que trop de détails nuiraient à l'ensemble que nous devons contempler seul, quanta présent; j'ajourne, à plus tard, l'examen complet de toutes ces questions. C'est donc à titre de renseignements, purs et simples, que j'ajouterai ici les quelques considérations suivantes :
1° Parce qu'une nation se compose de familles et non d'individus; la Chambre des repré-
sentants du peuple ne renfermera que des hommes mariés ou veufs, contrairement à ce, qui n'est que trop fréquemment arrivé jusqu'à présent ;
2' Parce que la Chambre des représentants du peuple est, comme le pouvoir exécutif, responsable de ses faits et gestes (je dirai bientôt devant quel tribunal); contrairement encore à ce qui n'est que trop fréquemment arrivé jusqu'à présent, cette susdite chambre n'aura pas plus d'ordre de réunion, de dissolution, prorogation ou toute autre sorte, à recevoir de ce susdit pouvoir exécutif que lui d'elle ;
3" Parce qu'une Chambre de députés n'est pas plus faite pour violenter ou laisser violenter un de ses membres, que la patrie pour attaquer ou laisser attaquer un quelconque de ses éléments territoriaux ; et parce que l'inviolabilité du représentant du peuple lui vient du suffrage universel, qui ne saurait être annulé un seul instant en ses effets ; contrairement aussi à ce qui n'est que trop fréquemment arrivé jusqu'à présent, les électeurs auront seuls h pouvoir d'autoriser un sévice quelconque contre leur élu ;
4° Parce que tout mandat impératif met celui qui l'accepte en état de suspicion, et qu'un représentant du peuple doit être, avant tout
réputé honnête; toute élection qui sera conditionnelle sera nulle de fait. Mais!
5" i\Iais, parce qu'il n'est que trop souvent arrivé, à certains hommes politiques, de mentir à leur mission, en se sentant élus pour un temps assez long ; pour que la flétrissure puisse frapper, demain, celui qui faussera, aujourd'hui, sa profession de foi d'hier ; contrairement encore à tout ce qui s'est vu sous la monarchie, la Chambre des représentants du peuple ne sera nommée que pour trois ans.
Je passe à l'organisation du second de nos trois grands pouvoirs nationaux : celui qui a nom Pouvoir exécutif, central ou temporel.
— Quel but doit il poursuivre ?
— Faire converger toutes les forces vives, tant humaines que matérielles du pays, vers une seule et même résultante: la prospérité nationale.
— Ces forces, où finalement devra-t-ii les atteindre ?
— Où elles résident. Au sein des familles et dans leur avoir.
— Donc, il y aura quelquefois, sinon souvent, conflit entre cesdites familles ou, ce qui est tout un, l'ensemble de leurs délégués (c'est-
à-dire, la Chambre des représentants du peuple) et ce susdit pouvoir exécutif.
Car autant ce dernier sera mis, par la nature même de sa mission nationale et inîernatinale, au point de vue d'une politique générale et patriotique ; autant, au contraire, en vertu de Vorigine remi-atTondissementaîe de ses membres, la Chambre en question ne sortira, pour ainsi dire pas de ses préjugés, habitudes et spéculations toutes de clocher, pour ne pas dire, toutes domestiques et quasi-particulières.
Eh bien! parce qu'il y aura possibilité de conilit entre ces deux pouvoirs : afin d'éviter les coups d'Élat ou les révolutions, c'est-à-dire le triomphe à main armée du pouvoir central ou du pouvoir local, triomphe qui manque rarement (dans le premier cas surtout) d'aboutir à des infamies sommaires : non-seulement nous devons faire conseiller les électeurs le mieux possible, à l'occasion du choix de ce pouvoir central ; mais, qui plus est, nous devons encore interposer entre lui et son contrôleur constitutionnel (la chambre des représentants du peuple) un troisième grand pouvoir national capable, au cas échéant : l*' de fonctionner comme leur arbitre suprême ; 2^^ d'empêcher l'effusion du sang; et 5° de faire f en jugeant et punissant le ou les cou-
pables) autre chose qu'un vain mot de leur responsabilité respective.
Mais, évidemment, je vais trop vile. Donc j 'en reviens à notre grand pouvoir national central.
— Quelle sera sa tache ?
— Nous l'avons indiquée: faire, en grand ce que, sur une moindre échelle, feront nos chefs et sous-chefs d'intendances, départements, arrondissements, cantons et communes: rendre unitaire ou patriotique l'activité administrative, judiciaire, financière, mihtaire, enseignante de toutes façons et travaillante de nos dix-sept intendances.
— Eh bien ! pour jouer un pareil [rôle ; que faut-il être ?
— Eminemment administrateur, cela va sans dire.
— Donc, puisque nos chefs et sous-chefs du pouvoir exécutif devront être tels ; trèsnaturellement, nous devrons donner pour conseillers aux électeurs ceux crue leurs suffraj^es (en quête d'administrateurs de plus en plus habiles) auront acclamé en cette qualité : tous les
. intendanciers et sous-intendanciers de France
Par conséquent, c'est à peu près de la sorte que nous devrons continuer à rédiger notre future Constitution.