À MADAME LA CONNESTABLE
Madame,
Estant venue en ce lieu pour mon procès, je n*ay pas voulu faiUir d'envoier par devers vous pour sçavoir comment vous vous portez, et aussi si avez point sceu des nouvelles de M. le connestable, car Ton tient pour certain en cesle ville que M. de Guise a gagné le pourtereau d'Orléans et aultres forteresses. Je vouldrois bien que Dieu lui feist la grâce de venir à bout de toute ces te affaire , pour donner repos et paix à ce pauvre royaulme; et au surplus. Madame, je vous avise que je suis deslogée d'Anet sans trompette, car j'en despartis environ sur les quatre heures du soir, monstée à cheval, ayant la pluie sur le dos jusques à quatre heures du matin , dont je me suis ung peu trouvé mal , mais Dieu raercy ça n'a rien esté et je me porte bien maintenant. Je me dehbere de partir.de ce lieu après demain, et avant je n*ay voulu partir que je n'entende de vos nouvelles , lesquelles je prie Dieu qu'elles soient bonnes , me recommandant de bien bon cœur à vos bonnes grâces.
De Paris, ce xf jour de février i563. (De sa main.) Madame, si avez affaire de mon ^ervyce, commandez et vous serez obeye. Votre trèsheumble à jamait obéissante ,
DiANNE de Poytiers *.