LE CENTER-BOARD
A TRAVERS L'ATLANTIQUE
ET LES ClîOISlÈRES ANNUELLES
Le yachlini>- américain a des origines bien aulonomes. Ce sont elles qui lui ont assuré, au point de vue de la vitesse, sa supériorité sur les bateaux de course de construction anglaise. En matière de
sport, en effet, pas plus qu'en matière d'art ou de science, on ne fait rien de durable et de grand par l'imitation servile. Les amateurs yankees Pont compris. Pour mieux dire, leur histoire tout entière les amenait à s'ouvrir une route personnelle, indépendante de Tinfluence anglaise, résolument hostile même à cette influence. C'est pourquoi ils sont rapidement arrivés à battre les Anglais et à conserver, sur le yachting britannique, l'avance écrasante qu'ils avaient su prendre dès le début.
L'École nauLicjue de New-York, — elle mérite bien ce nom, — est née, dans la première moitié de ce siècle, des conditions d'éloignement et de virginité qui isolaient les États-Unis du reste du globe et lui faisaient une loi d'abréger les distances. Réduite alors aune bande de territoire cultivé, sur le littoral atlantique, séparée de la côte californienne par d'immenses étendues de terre ou par des étendues de mer plus vastes encore, l'Union américaine apportait tous ses soins au perfectionnement de ses moyens de transport. C'est de cette préoccupation que naquirent ses paquebots à voiles, d'abord, puis ses dippcrs ou coureurs du commerce, enfin ses yachts de course et d'agrément.
Le premier service régulier de paquebots établi entre New-York et Liverpool date de 1816; c'était celui de la Black Bail Line, qui effectuait le trajet en 2:î jours pour aller, en 40 jours au retour. Ses bateaux, d'un tonnage de 500 à 600 tonneaux, partaient le l*"" elle 16 de chaque mois. Dès 1821, une concurrence s'instituait sous le nom de Red Stat^ Liiie : eWe awml un départ le 24 de chaque mois; puis venait la Smallow lait Line (dont le nom même indique une modification systématique dans la forme du navire, effilé de Tarrière) et qui fixait au 8 ses départs mensuels.
Ln l<S2:î, une ligne de paquebots à voiles s'établit entre New- York et Londres; en 1832, un service entre New-York et le Havre. Dès lors, le tonnage des paquebots grandit à proportion de leur clientèle croissante, et leur vitesse en raison des exigences de cette cli(Mitéle. Ln I84:î, les États-Unis ont déjà VAshbiirton, de lOlô tonnes et le Henry Claj-, de 1230 tonnes; trois ans plus tard, le