‹ Le yacht; histoire de la navigation maritime de plaisanceChapitre 16 sur 80 · LE C ENTER-BOA RI · texte numérisé non relu

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course anglais. On reviendra ci-aprés sur ce haultail nautique. Constatons seulement ici qu'il s'agissait de la Coupe internationale de 500 livres sterling (12 500 francs) offerte comme défi, par le Royal ^acJit Sqnadroii, aux yachts de tout tonnage et de tout pays. Le parcours était autour de File de Wight, avec départ et arrivée à Cowes.

Le colie aiiiencam Maria, à M. HoberL Livingslone Slevens.

L'Amer-ica, goélette de 170 tonneaux, partit contre huit autres goélettes et neuf cotres anglais. Elle arriva première, suivie à huit minutes de distance de VAut^ora, cotre de 47 tonneaux, et à 57 minutes de la Bacchante, cotre de 80 tonneaux.

L'A?7îeHca avait été construite à New-York par George Steers. Sa longueur était de 28'"67, sa largeur de H mètres, son tirant d'eau de 3'"40. « Elle était gréée d'une brigantine lacée sur la home, d'une voile goélette de misaine, d'un foc lacé sur une borne et d'une flèche

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en pointe sur la grande voile. Sa mâture était inclinée sur Farriére, son avant très fin, très élancé et creux dans ses lignes d'eau, le maître couple placé aux trois cinquièmes sur Tarrière relativement court et brusquement relevé; sa quille avait une légère convexité dans son milieu. La maîtresse section de V America avait la forme d\m triangle, c'est-cà-dire celle qui donne le plus faible délacement et la moindre résistance. Elle était lestée en fer moulé placé dans les membres, et gueuses de fonte au-dessus. » {Le Yacht, journal de la

Marine.)

En sept ans d'efforts, le yachting américain était arrivé à ce magnifique résultat de battre le Royal Yacht Squadron. On peut juger de l'impulsion qu'un tel triomphe vint lui donner. Dès lors, chaque année se marque par de nouveaux progrès et de nouvelles victoires. En 1852, les yachts de course sont divisés en trois séries : la première composée des bateaux de plus de 50 tonneaux; la seconde, de 25 à 50 tonneaux; la troisième au-dessous de 25 tonneaux. En 1854, la voilure des yachts de course, encore quelque peu timide, arrive d'un bond aux derniers degrés de l'audace, et le Nejp-York Yacht Club lève toutes les restrictions qui s'opposaient à son développement. En 1855 un nouveau système d'allégeance basé sur la surface de toile présentée au vent, est mis cà l'essai. En 1859, les Américains adoptent une jauge calculée sur l'aire de la coque, en prenant pour base sa longueur et sa largeur à la ligne de flottaison.

Depuis plusieurs années, cà côté de ses régates, le Yacht-Club de New-York avait institué des croisières de conserve, soit au dehors (le la baie, soit en remontant l'Hudson. C est au cours de cette croisière annuelle que M. .1. -Cordon Bennetl, en août 1859, gagna avec son sloop Rebecca un pari de 500 dollars contre la goélette Restless, entre le phare de Newport et la bouée de Throgg's Neck, sur la distance de 1.54 milles.

En 18G0, le parcours de Sandy-llook en pleine mer, au vent, sur 20 milles, aller et retour, destiné à rester classique, est adopté pour la première fois. La guerre de Sécession suspend les régates de New -York en 1801, mais, en 1862, elles reprennent de plus belle, et

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la Maria y prend part, transformée en goélellc. En 1865 et 1866, courses d'essai, de Sandy-Hook au cap May, entre VHenrietta de 230 tonneaux, à M. James-Clordon Hennetl, et le Flectiving- d'abord, puis la Vesta : celle-ci, de 201 tonneaux, à M. P. Lorillard ; celuilà, de 206 tonneaux, à M. Osgood.

Ces courses d'essai n'étaionl (|ue le prélude d'un nouveau i^enrc de sport, le plus noble et le plus audacieux qui ait jamais été inventé: la course à la voile à travers toute la largeur de T Atlantique, « Océan race », comme on dit à New-York.

Que des yachts de 200 tonneaux tentassent un pareil voyage, dans la saison la plus favorable, c'était déjà hardi; Y America l'avait fait sous voilure de pilote, dans Tété de 1851, pour venir disputer et gagner la Coupe de Cowes. Mais concevoir l'idée de tenter le même exploit en plein hiver semblait friser la démence; à plus forte raison, prétendre franchir l'Océan sous gréement de course, au mois de décembre, avec toute la toile cju'on pourrait porter.

Cette héroïque folie, les trois yachts ci-dessus nommés, Henrietta, Fleetiving et Vesta, allaient la tenter, contre l'avis de tous les hommes du métier. L'enjeu était de 90 000 dollars (450 000 francs), à raison de 30 (XX) dollars par bateau engagé. On contait que l'affaire avait son origine dans un pari après boire tenu par M. Lorillard, propriétaire de la Vesta, contre MM. George et Franklin Osgood, propriétaires du Fleetmng. M. J. -Gordon Bennett ayant appris le défi, avait demandé à y participer. Un traité fut signé, stipulant les conditions de la course, l'heure du départ, la liberté absolue du gréement; des arbitres furent nommés; il fut entendu qu'aucun des yachts ne pourrait prendre de pilote au départ, qu'ils auraient le droit, au cours du voyage, de tout jot(M' à la mer, sauf le lest. Le départ devait avoir lieu de Sandy-Hook, le 11 décembre, à une heure après midi, quelque fût le temps. L'arrivée devait être marquée par le moment où le phare placé à la pointe occidentale de l'île de Wight serait signalé à l'avant.

A l'heure dite, le départ eut lieu par un temps splendide. 13 jours 21 heures et 55 minutes plus l;ird, Heurie/la. a M. .1. -Gordon Bennett,

le très parisien propriétaire du Neiv-York Herald, arrivait première après un parcours de 3106 milles. FleetivingXs. suivait de près, en 14 jours 6 heures et 10 minutes, avec un loch de 3 135 milles. Enfin, V^esta (le plus vite des trois yachts) arrivait troisième, 40 minutes après Fleetn'iiig', avec un parcours de 3144 milles. Presque jusqu'au bout, elle avait gardé la tète.

Une erreur de son capitaine, qui ne tint pas compte du courant do Runnell, la fit tomber sous le vent des Sorlingues, par une forte brise du sud; une nouvelle erreur du pilote lui fit manquer la seconde place.

Le voyage du Fleetwing avait été attristé par une catastrophe : le 19 décembre, en courant devant la tempête, il eut six hommes emportés par un coup de mer et perdit cinq heures à la cape, en les cherchant vainement.

Cette course sans précédent n'en est pas moins restée la plus belle que présentent les annales de Tari nauli(|iie. Elle suffirait à placer le yachting américain au premier rang, sans conteste, quand dix autres victoires n'auraient |)as confirmé cet exploit. Les trois yachts étaient restés sous gréemcnt de course pendant toute la terrible traversée, et leur vitesse avait dépassé celle des clippers les j^lus illuslres.

En 1SG7 paraît la Snppho, goélette à quille de 274 tonneaux, construite ù Brooklyn par Poillons. Elle débute mal et commence par se

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