‹ Le yacht; histoire de la navigation maritime de plaisanceChapitre 18 sur 80 · L:i iToélollc anuM'icMinc iKiioillcss. a M. Coll · texte numérisé non relu

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sont sept grandes chambres d'amis ayant chacune leur bain et leur toilette.

Du couloir central ffui donne accès à ces chambres, |~)art un

large escalier conduisant au deck-house de Farriére, qui est divisé en deux parties formant deux salons ou chambres de repos.

Le deck-house central contient le grand salon, de 4'"27 sur 3'"35. Les chambres et le carré des officiers du bord sont placés dans la partie avant, précédant immédiatement Tappartement du propriétaire. Dans cette partie, comme dans les autres, la commodité et Télégance sont aussi parfaites qu'on peut le souhaiter : aucun officier des plus puissantes Compagnies transatlantiques n'est aussi bien logé que ceux de VAlva.

L'équipage de pont, composé de 50 hommes, est logé à Tavant; les mécaniciens et les chauffeurs à l'extrême arriére.

Après VAlra, et en laissant de côté la Bretagne, le plus grand yacht du monde est le Nourmahal, de 939 tonneaux, appartenant à M. William Astor, de New- York. Il a été construit par la maison Harlan et C'*^, de Wilmington, la même qui a conslruil VAh'a.

Enfin, au quatrième rang des grands yachts, vient la Xamouna^ à M, James-Gordon Bennett.

f.a Namouna, qui jauge ~\() tonneaux et qui est un des yachts les plus i-apides de rAtlanticjue, est bien connue dans nos ports, où elle fait de longs et fréquents séjours. Presque tout son emménagement et son mobilier ont été refaits en France, par des ébénistes et des tapissiers parisiens.

On comprend que des yachts pareils sont un luxe permis seulement aux fortunes américaines. L'Angleterre elle-même ne peut rien mettre en parallèle; car ce n'est pas seulement le prix de premier étal)lissem<Mit (jui est énorme, c'est surtout le train (juotidien. On en aura une idée par les chiffres suivants, que relève le World, de New -York :

« A bord des grands yachts à vapeur, tels que la Namouna, VAlalanta et le Noiirmahal, dit le journal américain, les matelots et les chauffeurs touchent en moyenne l.")!) francs par mois, les maîtres et les mécaniciens de 3(X) à 500 francs, le capitaine de 600 ci 1000 francs; le maître d'hôtel a généralement .500 francs, et ses aides le même salaire que l'équipage. Quant au chef de cuisine, sa

LES CnOlSIKI'.KS WM'KLLKS

liste civile est celle d'un principicule allemand. Sans la compter, on peut eslimer la somme totale des salaires à 1()(M)() ou TiOUO francs par mois, au minimum. Ajoutez le \m\ du combustible, à 20 francs la tonne, les frais gcnéraux de gréement, de voilure, trapprovisionnemenls de loul genre, la nourriture de ré(|uii)age qui s'élève à

l.e >U;nn-vnchl Aliui, de l'2'^8 lonnoiui\. à M. ('.. \';in(loi-l>ill.

7.Ô00 francs par mois, s'il s'agit de 7A) hommes; ajoutez, poui' la A'c7;;2o//;/j, une lable toujours ouverte, avec les premi(M-s vins du monde, et vous ai-riverez à la conclusion (ju'un yacht pareil ne peut pas coûter moins de T.")!) (KM) fi-ancs par an. M. Jay (lould reçoit peu de monde à son bord, et pourtant sa dépense annuelle est évaluée à 30!) (MX) francs. Celle de M. Astor, sur le Xoiimmlial, s'élève à 'lOODO IVancs par mois. »

In des traits cai-actérisliques du yachting américain est la tlisci-

\f,f, LE YACHTING AMÉRICAIN

pline toute militaire qu'il a introduite clans les mœurs, et qui ferait de ses membres actifs, au lendemain d'une déclaration de guerre, de précieux auxiliaires pour la flotte fédérale. Non seulement les officiers de marine de l'Union instituent fréquemment des cours de navigation à l'usage des grandes sociétés nautiques, comme le Corinthian Seaivanhaka Yacht Club; non seulement des examens spéciaux, donnant droit à des commissions d'officier de réserve, servent de sanction à ces cours; mais en leurs plaisirs mêmes, les yachtsmen américains se font honneur d'observer strictement les règlements de la flotte.

Dans tous leurs Yacht Clubs, la hiérarchie navale est établie. 11 y a un Commodore, un vicc-commodore, un contre-commodore, des capitaines, des lieutenants, des enseignes et aspirants. Soit en rade, soit à la mer, les membres du club sont tenus de rendre les honneurs à leurs chefs hiérarchiques et de prendre ses ordres, au moins pour la forme, sur les entrées et sorties. Enfin, des croisières de conserve, véritables manœuvres navales, sont organisées tous les ans, sous le commandement direct du commodore, entre les yachts d'un même club.

Ces croisières n'ont pas seulement pour but, comme la grande croisière anglaise, de suivre les régates locales; elles visent à être une école de man(x3uvrc, et réalisent si bien leur objet, qu'en Américjue un yachtsman ne sera jamais pris au sérieux par personne s'il n'a point passé par cette épreuve décisive. Il s'agit, en effet, dans ces croisières maritimes, non seulement de gouverner convenablement son yacht, mais de garder par tous les temps le contact avec le reste de la riotlille; d'envoyer et de recevoir des signaux; d'obéir à des ordres; d'exécuter des évolutions souvent difficiles; de montrer, en un mot, (ju'on n'est pas un simple dilettante, et qu'on possède -ii fond toutes les connaissances essentielles au marin.

Chaque club organise sa croisière annuelle, qui a lieu après les premières régates de la saison, et dure une quinzaine de jours, il s'agit habituellemoni d'aller de pori en port, sur un parcours déterminé, et. en c|uelque sorte, par étapes. Le voyage de chaque jour

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