‹ Le yacht; histoire de la navigation maritime de plaisanceChapitre 4 sur 80 · DU YACHTING FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DU YACHTING FRANÇAIS

sure 7 mètres de quille, S'" 10 sur le pont et 2"'90 de large. C'est donc un tout petit bateau, avec un avant fin et légèrement concave dans ses œuvres vives; plus évasé dans ses œuvres mortes, il forme un divers bien marqué; le maître-couple est de bonne forme et reporté très à l'arriére du milieu de Tembarcation ; l'arrière se trouve

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conséquemment plus court que Tavant; il est néanmoins très effilé dans sa partie immergée et s'élargit dans les hauts en forme de voûte. La voile, de houari, mesure 1G"'50 de hauteur sur 9"'G0 de large, c'est-à-dire 80 mètres carrés; le foc mesure 12 mètres sur 8, soit 32 mètres carrés; en tout 112 mètres carrés, ce qui est énorme par rapport aux dimensions du bateau.

Le Lison est certainement le bateau de sa taille qui a fourni les plus grandes vitesses constatées en France, surtout dans les allures « près du vent. »

Il faut dire que la manœuvre de ces petits dériveurs demande des connaissances particulières; tel, très habile marin, apte à mener d'autres bateaux, peut s'exposer avec ceux-ci à de singuliers mécomptes, et, à ce propos, la plupart des coureurs du Cercle de la Voile connaissent Torigine de la célèbre Noisette qui fut construite dans des circonstances assez singulières.

En 1874, un yachtsman anglais de quelque notoriété, lord Louth, eut la curiosité devoir manœuvrer les bateaux parisiens. Il se rendit en conséquence à Argenteuil un jour de régates et se déclara émerveillé de ce qu'il vit. Présenté au Cercle de la Voile, il fut très courtoisement reçu et on lui offrit une promenade sur un de ces bateaux, afin qu'il pût mieux en étudier la manœuvre; en lui remettant la barre, on crut devoir le prévenir que ces embarcations, étant d'une extrême sensibilité, demandaient une grande attention. Il est probable que lord Louth ne fit que rire, dans son for intérieur, de cette recommandation s'adressant à un yachtsman de sa valeur.. . Il n'en est pas moins vrai que, peu de minutes plus tard, le bateau chavirait, à la grande confusion de lord Louth qui, très piqué de l'aventure, devint un habitué assidu d'Argenteuil, se mit à étudier nos dériveurs et en fit même construire un par Texier, qu'il baptisa du nom de Noisette, et qu'il arriva d'ailleurs à conduire avec une grande habileté. Dans ses mains la Noisette fit une carrière de courses des plus brillantes, qu'elle continua avec MM. Verbrugghe sous le nom de Pierrot. MM. Verbrugghe frères, qui, depuis, moururent à Panama, passèrent peu de temps dans le monde du yachting auquel ils s'étaient donnés d'ailleurs d'une façon très militante; ils firent môme construire, vers 1880, un grand bateau de course, le Rouge-et-Noir, qui fut un insuccès, mais qui n'en constitua pas moins une tentative intéressante dans la voie de recherche des formes nouvelles, qui était alors suivie par tous les yachtsmen.

Et, puisque nous parlons des morts, rappelons le nom des personnes auxquelles la navigation de plaisance doit un souvenir reconnaissant. Citons, à ce titre, l'un des premiers, M. G. Benoît-Champy, avec ses bateaux le Porthos, le Tambour-Battant, la Diane et l'im-

DU YACIITINC. l'RANCAIS

bal table Marie-Gabrielle. M. G. Benoîl-Cham|)y, mort en 1889, suivait (le près INI. Albert Carpentier, son ami et son plus redoutable rival de régates. M. Carpentier posséda successivement deux yachts à voile de courses, qui portèrent les noms de Temps; c'est le dernier que nous avons mentionné plus haut et (jui fut le seul rival sérieux de la Marie-Gabrielle. M. Carpentier, vers 18G9, avait acheté un bateau de

Le coire Avenir, de 25 tonneaux, conplruil à T'aris en 1847.

mer, le Capitaine-Fracasse, et avait abandonné les régates pour se consacrer au yachting de croisière.

Citons encore MM. G. Ledoux, Jugelet, Baqué, etc., ({ui furent des navigateurs de la première heure, aujourd'hui disparus.

Ne fermons pas cette liste sans parler d'une personnalité heureusement vivante, et bien vivante, M. Lucien More, lun des doyens de la navigation de plaisance, l'ancien compagnon d'Alphonse Karr et l'un des premiers adeptes des formes américaines, dont le Pétrel fut entre ses mains un des plus remarquables spécimens.

Aujourd'hui M. More, malgré sa robuste santé et la verdeur de

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