LES RÉGATES A VAPEUR
Comme il y a des régates à voile, il y a aussi des régales à vapeur. C'est chose naturelle, et volonliers on croirait que la mode est venue d'Amérique. Il n'en est rien pourtant, et c'est en France seulement qu'il y a régulièrement des courses à vapeur réglementées par un code spécial.
Il n'est pas facile, en effet, de faire concourir ensemble des em-
Le stcam-yarhl Xcmcsis. Y. CF., à M. Alborl Menier.
barcations à vapeur de puissance, de tonnage différents, et de les handicaper équitablement. Les Anglais y ont renoncé jusqu'à présent. Quant aux Américains, après avoir chargé leurs ingénieurs les plus éminents d'établir des tables d'allégeance, (|ui ont pris le nom de Tables d'Emoiy, et cpii se réduisent à multiplier la i"acine cubi(juc de la longueur en pieds par 2,7, — ils ont dû reconnaître que celte allégeance s'applique seulement à la coque et n'a de valeur pratique qu'en supposant toutes les qualités du bateau entièrement sacriliées à sa vitesse.
Chez nous, les amis de la \apeur on! été plus heureux, en
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matière de courses, que leurs confrères américains et anglais. Les premières régates à vapeur eurent lieu en 1867, à l'occasion de rtlxposition universelle. C'est le Cejxle de la Voile de Paris qui les dirigea et qui en avait élaboré le règlement; la formule appliquée est due à MM. Bourdon, Téminent ingénieur à qui nous devons le manomètre métallique, et Pérignon, le yachtsman bien connu.
Cette formule, dite du Cercle de la Voile, s'est maintenue avec de très légers remaniements de ses auteurs, juscju'au congrès du Yacht-Club. A cette époque, M. Pérignon en proposa une autre plus complète et qui fut adoptée, dans laquelle la surface de chauffe de la chaudière joue un rôle important.
Voici cet important règlement :
Est^'ccnsidèré comme yacht tout bâtiment à vapeur ponté ou demi-i)onté, consacré exclusivement et d'une manière permanente à la navigation de plaisance et propre à la navigation de mer. Tout bâtiment à vapeur que l'on veut consacrer à la navigation de plaisance, après qu'il a été affecté à une autre navigation, ne pourra prendre part aux courses qu'un an au moins après avoir cessé la navigation à Uuiuelle il était employé précédemment.
Les yachts à vapeur sont répartis en deux classes : la première comprend les yachts ayant 10 tonneaux de douane et au-dessus; la seconde comprend les yachts au-dessous de 10 tonneaux de douane. Chacune de ces classes est divisée en autant de séries que les sociétés ou comités locaux le jugent possible. Une série spéciale peul être consacrée aux canots ù vapeur.
Des allégeances de temps seront attribuées à chaque concurrent. Les allégeances seront calculées par les sociétés locales, suivant une formule fixant la vitesse dont chaque yacht est susceptible. En cas de doute sur son application, il en sera référé au Conseil maritime du )'achl-Cliib de h^raiice.
Dans une course de yachts, on nomme allégeance le nombre de secondes que le navire le plus rapide doit rendre au navire moins rapide pour égaliser la chance de chacun d'eux pendant la course.
LES liKC. \Ti:s \ VAPEUIÎ
Les allégeances dépencIronL :
1" De la sui-race de voilure S; 2" de la longueur du yachl J ; \j" de son tonnage T; 4° de la longueur du parcours.
La Ibrmule servant à calculer les allégeances est :
dans laquelle V exprime la vitesse probable en milles marins par
Le jacliL a pciroic Djc;yrclv, au manjuis dUi-ro (l'Aubairi.
heure; S, la surface de chaulTe en mètres carrés et frac! ions; T, le tonnage en mètres cubes et tractions: L, la longueur en mètres et fractions; G est une constante qui, pour la première classe, est égale à 3,2, et pour la seconde à ?>. (Si l'on désire exprimer la vitesse en mètres par seconde, il y a lieu de remplacer ces constantes par 1,64 pour la première classe et l,r)4 pour la seconde.)
La surface de chauffe S sera mesurée directement, et pour les boites ù. feu dans lesciuelles il est difficile de pénétrer, on admettra
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que leur surface équivaut à la surface d\m grand cercle ayant pour diamètre celui de la chaudière. Si la chaudière est du type locomotive, il ne sera pas tenu compte de la surface de la plaque tubulaire qui est au pied de la cheminée, mais la surface de la plaque à tubes du foyer sera mesiu^éo comme si elle n'était pas percée des trous de lubes. Les surchauffeurs indépendants de la chaudière compteront pour moitié de leur surface réelle. Dans les calculs des surfaces tubulaires, les tubes enveloppés d'eau compteront pour leur diamètre intérieur, ceux contenant de l'eau pour leur diamètre extérieur. Pour les chaudières ayant des foyers complètement environnés d'eau, on déduira de leur surface de chauffe totale la surface de leur grille. La surface de chauffe des chaudières fonclionnani avec tirage arlificiel sera doublée. Le souffleur ou simple jet de vapeur, à l'exclusion de toute machine soufflante ou aspirante, n'entraînera aucune surcharge de la surface de chauffe de la chaudière.
Pour la première classe, le tonnage T ainsi que la longueur L du yacht sont relevés sur les papiers de douane ou officiels du yacht.
Pour la seconde classe, le tonnage est obtenu de la manière suivante : on multiplie le quart du périmètre, élevé au carré, par la longueur totale diminuée de la longueur occupée par les machines, chaudières et chambres de chauffe. Le produit divisé par 3 exprime le tonnage de course. V.q qui donne la formule:
dans laquelle T exprime le tonnage en méires cubes et fractions, P la longueur du périmètre on mètres et fractions, L. la longueur totale du yacht en mètres et fractions; /, la longueur occupée dans le yacht par les machines, chaudières et accessoires, exprimée en mètres et fractions.
Le périmètre P est la somme des longueurs de la chaîne passée sous le bateau, et du bau. ('es deux dimensions sont prises de la
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façon suivante : on fait passer sous le yachl une chaîne pailani de chaque bord, à la hauteur du dessus du pont (ou du plal-bord); on mesure la longueur de celte chaîne à Tendroil où elle est le plus longue.
Le bail ou largeur se prend de dehors en dehors du bordé, à l'endroit où il est le plus grand; les bitores ou porte-haubans ne se
Lo yaclil électrique Viscnuutesx Riny, propriélé «l'ime soriclé nnt(l;iise d eleclricilc.
comptent pas, mais les préceintes et toutes les saillies faisant partie de la coque se comptent.
La longueur L se prend sur le pont de Tavant de Tétrave à Tavant de la mèche du gouvernail. La longueur l est celle de Pespace occupé par les machines, chaudières et accessoires.
Si la chaufferie n'est pas séparée du reste du navire \)i\v des cloisons bien définies, elle sera considérée comme ayant une longueur égale au 1/10 de la longueur totale L du yacht, sans pouvoir jamais être inférieure à 0'"90.
On comptera par tonneaux et cenlièmes de tonneau. Toute fraction de centième comptera pour un centième.