LE VOYAGE DU S UN BEA M
lader le pic. Tandis qiron est dans la région des nuages, à la lueur des torches, un phénomène curieux se produit : les ombres gigantesques des voyageurs se dessinent sur les nuages environnants, rappelant le « Spectre du Brocken. »
Arrivée prés de l'Equateur. Apparition de la Croix du Sud, qui ne semble à aucun des voyageurs aussi belle qu'il l'aurait cru.
(? août. — Passage de la ligne avec les farces accoutumées. Absence d'aurore et de crépuscule dans la zone tropicale; le soleil est maintenant si parfaitement vertical, que les bords du chapeau suffisent à ombrager toute la personne.
i6 août. — La terre est signalée (cap Frio, Brésil), après quinze jours passés sans avoir rien vu que le ciel et l'eau.
77 aoûl. — On jette l'ancre devant Rio-de-Janeiro. On visite la ville. Dans la rua do Ouvidar, achat de fleurs artificielles, spécialité du pays. Ces fleurs sont un peu chères (725 francs pour quelques tiges); mais aussi chaque pétale est formé de la gorge d'un colibri, et elles sont durables autant que coûteuses. ' — Voici neuf ans que je les porte, dit Mrs Brassey, et elles sont comme neuves.
2cS' aoûl. — Tous les journaux portant des annonces de ventes d'esclaves, les voyageurs, curieux de voir ce trafic, parviennent à s'introduire dans une maison où vingt-deux hommes, onze femmes et enfants sont exposés à l'enchère. Chacun de ces malheureux vante et proclame hautement ses qualités et ses talents, tout en examinant avec anxiété la physionomie de ses acheteui's j)ossibles.
z*"" septembre. — Ascension du pi(; de Tijuca. Les dernières assises de la montagne se composent de 96 degrés de granit avec une chaîne en guise de rampe pour garer les touristes du vertige dans celle montée précipituéuse. En haut, vue splendide : toute la baie de \\\o avec ses découpures rianles et ses îles innombrables, depuis le cap Frio jusipTau Hio (Irande do Sul.
5 septembre. — On quille Rio, en roule pour la République Argentine. Au milieu d'un vent d'orage, une troupe de pigeons et d'albatros suit le vnchl. On aborde à Montevideo. Profusion de cours pavées
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en mai'bre, (errasses à rilaliemie. Au lirésil, toiil élail clincclanl de fleurs : iei, c'est la verdure qui domine.
// scplcmbrc. — A Buenos-Ayres, achat de ponchos. Un poncho est une sorte de chàle carré de couleur bise, avec une ouverture au centre pour y passer la tète. Depuis le plus haut fonctionnaire jus- ([u'au dernier mendiant, tout le monde a son poncho. Les plus beaux sont faits de fine laine de vigogne lissée par les femmes de la province de Catamarca. 11 est difficile de s'en procurer d'authentiques, et on ne les paie pas moins de 2000 francs. Les touristes sont vivement exhortés, lorsqu'ils feront une excursion dans les terres, à ne pas emporter de châles. Car les Gauchos, métis indiens des Pampas, grands amateurs de ponchos, n'hésitent nullement, pour se les approprier, à couper la gorge du possesseur.
Les voyageurs assistent à la capture d'un cheval sauvage, au moyen du lasso indien.
28 septembre. — Embarqués la veille pour wSandy-Point (détroit de Magellan), les voyageurs rencontrent un navire anglais, le Monksliorcn, en train de brûler. On recueille l'équipage (15 hommes), et comme ce n'est pas une mince addition au personnel du yacht, on est obligé de se rationner pour certaines choses, notamment pour l'eau. Jusqu'au prochain ravitaillement, l'eau de mer seule devi'a être employée pour le bain. Le capitaine naufragé raconte qu'il a rencontré un navire américain qui n'a pas prêté la moindre attention à ses signaux de détresse. 11 dit aussi à Mrs Brassey, (ju'au moment tie quitter le Monkshoven, il a cru devoir sacrifier son chien, un ierreneuve magnifique, mais féroce pour les étrangers. En conlani son sacrifice, les yeux du capitaine se remplissent de larmes.
/*''■ octobre. — Un pacjucbot est signalé et reconnu pour a|)i)artenir à la Compagnie du Pacili(|ue. On demande à paiiemcMitei'. Le pacpiebot diminue sa vapeur, et une embarcation délachée du Siinbeain amène bientôt >L et M'"*-* Brassey, leur fille IMabel et le capitaine naufragé, à bord de rilliiuaiii, où ils sont accueillis avec beaucoup d'empressement et de curiosité. Le commandant se charge gracieusement de rapatrier les quinze marins. De plus, il fait présent à