‹ Le yacht; histoire de la navigation maritime de plaisanceChapitre 8 sur 80 · I.E YACHT DE COL I! SE 'J · texte numérisé non relu

I.E YACHT DE COL I! SE 'J

huit ou dix prix. Mais l'honneur et le profit national se voient do reste et Ton ne peut assurément pas dire de ce luxe qu'il soit improductil'. Rien de mieux fait que le yachlini;- de course pour former les man(xnivriers consommés dont la vapeur est en train de suppi'imer la race. Il est tels capitaines de yachts (pii bâtiraient à la voile les plus fins instructeurs de nos écoles navales, comme les équipages de ces yachts, véritables jockeys de mer, peuvent en remontrer à tous les chevronnés de la flotte. Lord Ailsa, propriétaire du fameux yawl Foxhound, en fil un jour l'expérience. Il avait voulu former son équipage de matelots émérites, enrôlés sur les côtes de sa belle terre de l'Ayrshire, en Ecosse, tous hommes d'élite, rompus aux secrets du mélier, incomparables sur leurs bateaux de pêche. En dépit d'un entraînement régulier et de l'écrasante supériorité du Foxhound, ils se firent pourtant battre cà plate couture. Force fut à lord Ailsa de revenir aux professionnels, et dés lors il enleva tous les prix.

La faculté maîtresse du jockey de mer est une finesse d'observation, et, si l'on peut dire, de doigté, absolument merveilleuse. Le vrai capitaine de yacht est un artiste qui n'ignore rien des ressources de son instrument. On se figure ainsi nos grands corsaires malouins. La force du courant, celle de la marée, le plus léger changement de vent, la position des adversaires, il voit tout à la fois. Le moindre élément devient pour lui un facteur de changements dans la voilure et le motif d'un tour de roue. C'est qu'un instant d'inattention, une seule minute perdue, décident parfois du succès!

Aussi n'y a-l-il rien de délicat et d'attachant comme ces luttes courtoises, de capiteux comme ces triomphes à la mer. Ceux-là seuls connaissent la joie de vivre par tous les pores et les ivresses du plein air, qui ont suivi une course au large, à la condition iVQW savoir lire les péripéties.

Que si l'intérêt de la lutte est international, il devient épique. Hien n'en peut alors donner l'idée, pas même le drame d'une vraie bataille, toujours confus et indistinct au spectateur. Chose curieuse : de même que les jockeys du turf viennent de Xcwmarket. les spécialistes de la course en mer sont pour la plupart des pêcheurs de Colchester, (\\\\,

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tous les ans, s'exercent à la maïKruvre du yacht, après la saison des huîtres. Les gens de Colchester sont des loups de mer, personne n'en doute. Mais croit-on que ceux de Cancale et de Saint-Servan ne les vaudraient pas, après un entraînement approprié? C'est à voir en tout cas; et il y a là du bon prestige national à gagner, sans effusion de sang ou de larmes.

Aussi, toutes les fois que revient une grande course navale pour la Coupe de VAinerica, est-ce un crève-coeur nouveau de se dire que la France n'v sera pas représentée. Il serait si simple de faire, par souscription, ce qu'un sac d'écus ne peut ou ne veut pas faire seul, et de construire un yacht de 80 tonneaux qui montre notre pavillon à Sandy-Hook!... Trop simple, sans doute. On croit bien plus malin d"y montrer, de loin en loin, un cuirassé de vingt millions, déjà vieux avant (ju'on Tait lancé, et qui ne sera jamais sérieusement mis à répreuve, jusqu'au jour peut-être prochain où le |)remier j)é[ard le coulera comme un galet.

Ancre.

Cowps. — L;i r:i(lc cl k'-mouilhiiic ilcp \;iclils.

LKS > VC.IITS ANdl.AlS — LA MECQUE UL' VA(.IITI\(

i:t la croisière anmjelee

La première mention d'un bateau de plaisance qu'on trouve clans les annales de l'Angleterre remonte au wi'^ siècle et à la reine Elisabeth. Elle possédait un petit navire construit à Cowes, île de ^\ ight, et l'avait baptise le Rat-de-Wight. Tous ses successeurs eurent égalomenl leur bateau personnel. Il faut néanmoins arrivera (Charles II pour rencontrer, avec le mot même de yacht, venu de Hollande, le goût du yachting proprement dit. La Compagnie néerlandaise des Indes lui avait offert, en 16(^0, un bateau gréé en sloop, la Mary. Charles 11 s'en fit construire un autre, à Lambelh, par Phinéas Petl, célèbre architecte naval, et Tappela la Jamaic.

Cette Jamaïc lit, en 1C,C,2, contre le Bc-au. yacht hollandais, une

course restée célèbre, grâce au chroniqueur Samuel Pepys. « Je suis allé par eau à Woolwich, écril-il dans son fameux journal, el j'ai vu le yacht construit sur les plans du commissaire Pelt. Ce yacht est parti de Greenwich avec le bateau hollandais Beian pour essayer qui irait le plus vite. Avant de dépasser Woolwich, le hollandais avait un demi-mille d'avance; mais au retour de (iravesend, le roi, qui gouvernait en personne, Ta battu de trois milles, — de quoi tout le monde était bien content. »

A la suite de cette première victoire, Charles II prit un goût de plus en plus marqué pour la navigation de plaisance. De 1(K)2 à 10)82, en vingt ans, il ne fit pas construire à Portsmouth, Chalam, Greenwich, Rotherithe et Woolwich moins de treize autres yachts de 25 à 150 tonneaux. Ces bateaux s'appelaient le Cleaveland, la Charlotte, la Kitcheii, le Fubbs, YHenrietta, la Mavf (deuxième du nom), le Quccnborougii, la Catherine et Vlle-de-Wight.

D'autres yachts furent construits à Cowes et Soulhampton pendant le xvni*' siècle. L'année 1720 vit se fonder à Cork, en Irlande, le premier cercle nautique, sous le nom de Water Club. Ce cercle réservait à ses membres, à leurs femmes et à leurs filles, le droit de porter son uniforme. 11 ne paraît pas avoir exercé d'infiuence appréciable hors de sa région et s'éclipsa bientôt. Le club actuel de Cork (Queenstown) prétend toutefois en être l'héritier direct.

Vers 1810 se constitue à Clowes le Yacht Club, et à cette date doit être fixée l'organisation définitive du yachting. C'est alors que furent élaborés les premiers règlements relatifs aux courses en mer. Le chiffre des souscripteurs fut d'abord de cinquante, et l'on a i)u dire ([u'ils formaient vers 1812 tout le yachting du globe. Mais

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Sur le slcamer (lo Soiilhamnlon à Cowft.

LA MECQUE DU YACllTINCi

presque aussitôt, après I8ir), le clul), i^rossi (riiii i;i-;in(l noml)re

d'olliciers de marine en réforme par suite de la paix générale, prit

une imporlance réelle et devint une véritable institulion nationale.

Dès l'origine, il avait reçu de nolahles privilèges, notamment ce-

Cowes : la lour du cliàlcnii du Royal Yacht Squadron.

lui d'arborer sur ses bateaux le pavillon blane rayé de rouge de la marine anglaise, et de pénétrer dans les bassins de la flotte. En 1883, il obtint le titre de Royal Yacht Sqiiadron, qui lui assignait son vérital)le caractère d'annexé volontaire à l'armée navale, et en 18r)l, piil à bail le château de Cowes. pour l'aménager à son usage. Ses progrès furent rapides : il compta bientôi plus de (juatre cents membres possédant chacun un ou plusieurs yachts.

Néanmoins, pendant un quart de siècle, son existence fut purement locale. A ses yeux, le monde du sport nautique était circonscrit par la rivière de Southampton et l'île de Wight. C'est là, dans le Soient, que se donnaient toutes les régates. Aussi la construction des bateaux de plaisance, tout en se perfectionnant d'année en année, restait-elle conforme aux types traditionnels qui avaient cours au commencement du siècle. Pour vivifier cet art, il fallut l'élément nouveau, inattendu, que les bateaux américains apportèrent tout à coup dans le yachting. C'est en 1831 que s'accomplit cette révolution. Elle marque dans l'histoire de la navigation de plaisance une date véritablement mémorable et ouvre une ère nouvelle, celle du yachting international. On reviendra sur ce point, en contant l'histoire de la « Coupe de VAnief^ica ». Bornons-nous à constater ici que la victoire imprévue de la goélette américaine eut en Europe un prodigieux retentissement. Elle galvanisa, on peul le dire, le yachting français et en même temps donna une impulsion féconde au yachting britannique. De toutes parts, on se mit à étudier les lois de la statique na\ale, on combina des formes nouvelles, on institua des clubs nautiques. Ce fut, dans le ciel un peu gris et monotone du yachting primitif, un coup de tonnerre comparable à celui de Sadowa dans l'histoire militaire de l'Europe. Et tel est le lien étroit qui rattache le yachting à la marine de guerre et de commerce, (jue l'influence de cet événement s'exerce encore, au moins indirectement, sur la construction des croiseurs de combat et de transport, des torpilleurs et des cuirassés.

Dès l'année suivante, des clubs nautiques se fondaient à Londres, à Kingstown, à Plymouth et dans vingt autres ports anglais. Southsea, Douvres, Clasgow, IJverpool, Belfast, Bristol, Falmouth, Weymouth, Ilarwich, Birkenhead, Rothsay, Southampton, Torcjuay, Bangor, Ryde, Hull, Gravesend eurent bientôt leurs régates annuelles, presque aussi illustres que celles de Cowes.

Cette jolie petite ville n'en est pas moins restée en quelque sorte « la Mecque du yachting ».

L'île de Wight est le Jai'din du Pioyaume-Lni. Ainsi c(uc les îles

LA M LCOL !•: 1)1 ^ xciniNd

Normandes, elle baigne clans les eaux lictles du (iulf-Slream; son aspect, sa floi-e, son climal sont d'une terre méridionale plutôl que d'un lambeau délaché d'Albion. Une chaîne de collines (\u\ court de Test à Touest la divise en deux régions bien distinctes : au nord c'est encore le Hampshire. tempéré par la douceur maritime; au midi une

Carie marine de l'ilc «le \Vii;lil.

sorte de comté de Nice britannique, bien abrité des autans et chauffant au soleil ses hautes falaises blanches. Les médecins, en hiver, y envoient leurs malades. Une jolie rivière, la Médina, descend de la chaîne centrale entre les prés verdoyants. Un chemin de fer à trois branches relie les stations les plus notables : Hyde et Ventnor, Sandown, Newport et Cowes, Woolton et Wippingham, Freshwater et Vermouth. Tous ces bourgs sont des nids de villas étagées parmi les pelouses et les buissons fleuris. Des maisonnettes de rien, par-

fois (le simples gourbis de bois et de terre, mais si bien drapes de vigne vierge et de clématite, qu'on n'en voit plus qu'un toit rouge, une girouette et une baie vitrée. (,^à et là un château, une ruine pittoresque, une résidence royale comme Osl>orne, un gouffre riant comme le Chine de Shanklin, un récif fameux comme les Needles.

Le tour de Tile en bateau à vapeur est une promenade de quatre heures (environ 65 milles marins). Quant à la traversée du Soient, qui la sépare de la grande terre, c'est l'affaire de trente minutes entre Portsmouth et Ry de, de cinquante entre Southampton et Cowes. Un brise-lames naturel dominé par Ilurst-Castle protège au sud-ouest ce bras de mer contre l'Atlantique; il forme ainsi une sorte de lac maritime ou de rade extérieure en avant de Southampton, Gosport et Portsmouth d'un côté, de Yarmouth, Cowes et Ryde sur l'autre rive. C'est une nappe d'eau superbe, assez vaste pour que les vents y jouent librement, assez profonde pour que les plus gros cuirassés y puissent évoluer à l'aise et néanmoins abritée de toutes parts.

Cette nappe d'eau unit le plus beau port de guerre de la Grande- Bretagne à son plus beau port de commerce et à son île la plus charmante. La navigation de plaisance était tout indiquée dans un pareil bassin. lîllle devait nécessairement y naître et n'y a pas manqué, par une application visible de la loi qui lie partout la fonction à l'organe.

De juillet à septembre, le Soient présente un spectacle merveilleux. Les plus beaux yachts de l'Angleterre, petits ou grands, s'y donnent rendez-vous. A perte de vue, sur 15 ou 20 milles carrés d'eau brillanle, ce ne sont que goélettes et sloops, cotres et yawls à l'ancre ou sous voiles; et ces bateaux de tous les tonnages, de toutes les formes connues, ont, du premier jusqu'au dernier, l'aspect élégant et fin qui distingue le navire de plaisir du navire de travail. Les bordages sont fraîchement peints et relevés d'un liston d'or, les voiles sont l)lanches, les parquets bien lavés, les agrès neufs, les cuivres étincelants. Des femmes et des enfants en toilette prinlaniére campent sur le pont parmi les sièges cannés et les lai-

L \ M ICCOl 1-: 1)1 V M.IITI \C.

nages aux couleurs vives. Des canols (ilent. char-i;és de jeunes lilles et de fleui'S. Des rires cristallins s'envolent sur les eaux |)armi le cliquelis des i^oùters en pIcMue brise. On dirait dans le décor du siècle une (<ythére moderne, une de ces l'èles galantes rc\ées par Walteau, mais où les flanelles rayées et les casquettes de laine auraient pris la place des vestes de soie et des chapeaux à plumes. Mille embar-

Pointe sud-ouesl, do lile de Wight. : l'hc Xccdles (les Aiguil

cations minuscules vont et viennent entre ces salons flottants. Au mouillage on se visite, on voisine, on échange des gâteaux et des verres de vin muscat; ou bien le yacht, déployant ses ailes, pivnd un air de vent et court des bordées d'une rive à Tautre.

Cowes. à reml)Ouchure de la Médina, est le centre de ce tourbillon mondain. (Test là que se sont établis plusieurs cercles naulicjues : le Roj'al Yacht Sqiiadyon, le London Yacht Club, le Médina Club et autres. Les chantiers de construction les plus renommés, les ateliers de voilerie, les magasins (Tapprovisionnements sont, avec les hôtels et les maisons meublées, Tindustrie presque exclusive du pays, (^n n'a pas encore mis pied à terre (|ue les noms fameux de

Laplhorn et d'Alkey éclatent au-dessus des toits en lettres aériennes. Aux devantures des boutiques ce ne sont que fanaux, compas de mer, baromètres, lochs brevetés, fourneaux portatifs, rouleaux de filin, engins de pêche, vareuses de laine et boîtes de conserve. Sur les quais, dans les rues étroites, à la porte des maisons, des gens de mer d'une espèce particulière, roses, bien tenus, alertes et farauds. Le long de la plage, des hôtels, des cercles, des villas meublées, Partout des mais, des pavillons, des pavois flottant cà la brise.

Un joyau, cette plage de sable fin bordée d'une pelouse en pente douce derrière laquelle s'étagent les maisons dans un fouillis de vieux arbres moussus. Nous lisons sur une pierre commémorative que la pelouse a été donnée à la ville par un bon citoyen pour le bien-être et Tagrément de ses habitants et de ses hôtes, « à condition qu'elle ne soit jamais appliquée à des usages mercenaires ». Voilà un homme qui connaissait son métier de donateur! Il savait ({u'un terrain libre de bâtisses est comme le poumon d'une ville et (ju'il ne faut pas y toucher quand on a le bonheur de le posséder sain. Sur son gazon frais tondu des enfants jouent, des couples flirtent, tandis qu'au loin, sur la mer bleue, les voiles des yachts s'espacent comme un vol de colombes,

A la pointe du petit cap qui sépare la ville proprement dite de la plage se dresse la Casbah de celte Mecque du yachting, son sanctuaire et son berceau, le siège social du Royal Yacht Squadron. C'est un vieuv château fort bâti par Henri VIII, mais il n'en reste qu'une tour à poivi'icre drapée de lierre et flanquée de constructions modernes. Le rempart est maintenant un jardin en terrasse, où d'innombrables fauteuils de rotin, bien alignes, remplacent les couleuvrines; dans la fraîcheur des oubliettes, les vins du Bordelais et de la Bourgogne attendent seuls l'exécution; les corps de garde se sont transformés en oflicincs gasti'onomifjues, où des maîtres queux français, bardés de blanc, soutiennent, la bi'oche au ]:)oing. l'honneur de la cuisine nationale; les casemates sont devenues des salons et bibliothèfjucs fastueusement décorés d'acjuarellcs sportives et de portraits histori(|ues.

LA MECQUI-: 1)1 ^ \C.IITI\C. I(Ȕi

D'autres cercles nautiques s'égrèiieul le loni^ du ([uai, (Milre les hôtels. Ils ont aussi leur terrasse vitrée, leur jardin en pente douce, leur màt de i)avillon, et surtout leur télescope. Car la grande alïaire de Cowes, spécialement pendanl la première quinzaine d'août, est la course à la voile qui se poursuit en mer et dont on vérifie les progrès la lorgnette aux yeux. Chaciue clul) a son jour, ses prix, son programme illustré aux couleurs des bateaux engagés dans la course, avec le tonnage el la lettre de chaque yacht et son allégeance.

Le matin, à huit heures, pour peu qu'on s'attarde au lit, on a été réveillé par l'artillerie roulante des yachts saluant leur pavillon l'un après l'autre. A neuf heures quarante-cinq, le canon tonne sui- la plage même, au pied du màt de départ. C'est le coup d'appel pour inviter les concurrents au branle-bas de bataille. Un peu plus tard le pavillon du club sera hissé pour annoncer les cincj minutes de grâce avant \ejlj-ing- start, ou départ sous voiles, et à dix heures précises un second coup -donne le signal définitif. Comment ignorer ce i\\.\\ se passe?... Tout le monde est aux fenêtres, aux balcons, sur le pont des bateaux; tout le monde lorgne les partants.

Le parcours est habituellement de 25 à 40 milles, aller et retour, entre la rade et le bateau-limite qu'il faut virer après avoir doublé telle ou telle bouée. Pour les grands prix seulement il contourne l'île entière. Selon la force du vent, il peut exiger de quatre à six heures, ou davantage. Entre le déjeuner et le dîner, Cowes tout entier le suit à la lunette. Au moment où le yacht qui lient la tète, toutes voiles dehors, rentre et franchit la ligne, un coup de canon appuie son arrivée. Il en est de même pour les yachts qui suivent et parmi lesquels peut se trouver le vain(|ueur s'il reste dans les conditions de temps fixées par son allégeance. C'est le drame de la journée. Chacun Ta suivi avec un intérêt ()ui n'a rien d'artificiel ou de morbide, car le pari, cette plaie des courses, n'est pas de mise pour les régates en mer et y reste, en tout cas, chose exceptionnelle.

Le soir on descend cà terre; on se répand dans les villas et les clubs, où les dames sont admises, el qui se transforment en décamérons nauliques. Ainsi passent les jours d'août. La semaine de

LES YACHTS A\GLAlS

Un « coi'inlhian.

Cowes répond clans le monde nautique à celle d'Ascot dans le monde hippique, ou, pour mieux dire, à celle du Grand-Prix de Paris, car c'est une clôlure de saison. Il y a bien encore quelques courses dans les ports voisins, mais le plus fort est lait, et la fin du mois venue, les yachts se dispersent, soit pour entreprendre cjuclque voyage isolé, soit pour rentrer au port d'attache.

Beaucoup ont entamé la campagne dès le mois de mai et suivi d'un bout à l'autre la croisière (jui longe pendant Tété toute la côte sud et ouest de TAngietcrre.

Les choses sont en effet arrangées de telle façon, qu'un yacht de course puisse, durant la saison, participer à toutes les épreuves importantes. Aux premiers jours du printemps le rendez-vous est dans l'estuaire de la Tamise, vers Erith ou Gravesend. Après quelques courses organisées par les cercles nautiques de Londres, la flottille gagne reniréc du fleuve au commencement de juin, pour suivre la première grande épreuve, sur 45 milles, entre South-End et Harwich. Gcst là que se montrent et se font Juger les nouveaux yachts, ceux qui aflichenl l'intention, ou la prétention, de battre les vain- (|ueurs de l'année précédente. Viennent ensuite les régates de Douvres, dirigées par le club des (an(j-Porls, et qui durent deux jours. Puis la flollille appareille pour l'ouest, double le Land's-End, el. par le canal Sainl-Cicorges, remonte vers Liverpool. L'estuaire de la Mei-sey n'est pas précisément, avec son énorme trafic et ses violentes marées, le champ d'évolutions le plus séduisant du monde; aussi beaucoup de yachts vont-ils attendre à l'île de Man le résultai de ces régates. Deux jours plus tard ont lieu celles de Bari'ow, dans la baie toute voisine de Morecambe. On repart pour doublei' le MuU de (ialloway et pénétrer dans la Clyde. A ce moment Tété bat déjà

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