‹ Le yachtChapitre 10 sur 47 · YACHTS M EN FRANÇAIS · texte numérisé non relu

YACHTS M EN FRANÇAIS

l'autre que de faire profiler de vos voyages tous ceux qui n'ont pu les faire, et qui seraient souvent heureux de les suivre dans un livre écrit au jour le jour, sans prétention ni gloriole? Une des difficultés

que nous avons rencontrées dans cet historique du yachting français.

est l'absence de documents écrits. Chez nous on navigue trop peu,

La yacht Vclox, Y. C F. à M. Henri Sleber.

et quand on navigue on ne raconte pas ses prouesses. Qui l'aurait cru, d'une nation que ses ennemis taxent de vanilé!

En 1887, M. Roissard de Mollet vendit le Vehx à M. Henri Sieber, qui lui conserva son nom el le fi! revoir complètement par M. Normand, son constructeur; le Velox subit, par les soins de cet habile architecte naval, une réfection totale, qui en fil un navire pour ainsi dire neuf. M. Sieber entreprit alors divers voyages, où le yacht donna de nouvelles preuves de ses excellentes qualités nautiques. Il doit se rendre prochainement dans la République argentine, où

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M. Sieber possède d'importantes exploitations; il n'est pas douteux que, bien dirigé, choisissant habilement les routes de vents favorables, le Velox n'effectue la traversée avec une rapidité de paquebot.

On doit regretter que, jusqu'à présent, aucun des propriétaires de ce magnifique yacht n'ait eu l'idée de courir contre un bateau américain une de ces courses transatlantiques si fort en faveur de l'autre côté de l'Océan. Ces défis se sont toujours courus, jusqu'à ce jour, d'Amérique en Europe, c'est-à-dire en allant vers l'est, route favorisée par les vents d'Occident, à peu près constants dans ces parages. Il serait intéressant de tenter l'épreuve en suivant la route inverse, c'est-à-dire contre le vent : un navire comme le Velox y trouverait l'occasion naturelle de mettre en relief ses qualités de louvoyeur cle premier ordre.

M. Pilon a débuté dans le yachting vers 1879 avec VEthel, de 8 tonneaux, qui fut son bateau école. L'année suivante, il achetait le Surf, célèbre yawl de course de 55 tonneaux, construit par Fife, de Fairlie, et le rebaptisait Henriette. Ce nom devait être porté successivement par deux autres bateaux appartenant au même propriétaire.

Surf avait battu tous les grands yachts de sa série, Arethusa, Hypathia et autres. Sous son nouveau nom, il fit toute la saison des courses en Angleterre et remporta de nouvelles victoires. M. Pilon s'en sépara pourtant en 1882 pour l'échanger contre le Cuckoo, de 92 tonneaux, qui devint sa deuxième Henriette. C'était un bateau à deux fins, à la fois très rapide et très sûr; M. Pilon fit à bord de ce yacht une campagne en Danemark, puis il prit part à plusieurs régates au Havre et à Bordeaux.

Mais, entre temps, une révolution s'était faite dans la construction des bateaux de course; on était dans « l'âge du plomb », on y était avec une outrance dont on est quelque peu revenu : pour marcher avec son temps, M. Pilon se fit construire une troisième Henriette, 20 tonneaux de course, qui prit part, pendant quatre années

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consécutives, aux principales régates du littoral français, et sur quarante-quatre épreuves fut quarante-une fois victorieuse (trentesix premiers prix et cinq seconds prix).

Depuis lors, M. Pilon s'est plus spécialement adonné au yacht de croisière. Il a d'abord acheté YAdeline, de 90 tonneaux, puis une

Ht. (i. P ILON

charmante goélette, A-iadé, de 130 tonneaux, à bord de laquelle il voyage avec toute sa famille.

Nous ne pouvons terminer celte rapide revue du grand yachting français sans parler de M. Demay. de Bordeaux, qui eût peut-être figuré mieux dans la partie consacrée aux régales, s'il n'était, avant tout, un homme de mer de premier ordre.

M. Demay, en effet, a effectué peu de croisières et s'est surtout

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occupé de courses; mais il y a acquis une telle notoriété, il y est devenu tellement marin et manœuvrier, qu'on peut l'appeler le premier voilier de France.

Les succès de M. Demay avec ses deux Zampa et son H arlequin ne se comptent plus. Malheureusement, un deuil cruel l'a frappé au cœur; son fils, un charmant jeune homme qui promettait d'être son digne continuateur, lui a été enlevé à l'âge de vingt ans. Depuis, M. Demay a renoncé aux courses et avait même renoncé à la mer. Il y est revenu, achetant, il y a peu de temps, un petit yacht à vapeur. C'est la première infidélité que M. Demay fait à la voile qu'il aimait tant et dont il était resté un des derniers fervents.

Citons aussi parmi les yachtsmen qui ont pratiqué et se sont retirés de la mer — mais non point peut-être sans pensée de retour — M. Edmond Blanc, qui posséda longtemps le petit yawl Yedda et passa brusquement à la Nubienne, de 575 tonneaux, avec laquelle il fit, en 1884, le beau voyage du Canada et des États-Unis. Peu après son retour, la Nubienne, achetée par M. Henri Menier, devint la Velléda, et nous en avons parlé sous ce nom.

Le voyage de M. Blanc a été publié dans un volume intitulé : A travers V Atlantique, et signé de M. Paul Saunière, un des invités du propriétaire.

Un mot enfin sur les petits yachts; il ne faut pas oublier les humbles : tel amateur qui a débuté sur un 2 ou 3 tonneaux a souvent fini par un grand yacht de mer, et peut-

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être a-t-il trouvé plus d'une fois qu'il avait goûté plus de plaisirs sur son petit bateau.

Parmi les petits yachts, bateaux de courses et de rivière pour la plupart, citons quelques-uns de nos contemporains les plus notables.

MM. Caillebolte frères en ont eu une véritable flottille; nommons

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