‹ Le yachtChapitre 21 sur 47 · LES CROISIÈRES VNNU ELLES · texte numérisé non relu

LES CROISIÈRES VNNU ELLES

liste civile est celle d'un principicule allemand. Sans la compter, on peut estimer la somme totale dos salaires à 10000 ou I2(MK) francs par mois, au minimum. Ajoutez le prix du combustible, à 20 francs la tonne, les frais généraux de gréement, de voilure, d'approvisionnements de tout genre, la nourriture de l'équipage qui s'élève à

Le Bteam— yacht Alva, <le i 238 tonneaux, A M. Ç. Vanderbilt.

7500 francs par mois, s'il s'agit de .">() hommes; ajoutez, pour la Namouna, une lable toujours ouverte, avec les premiers vins du monde, et vous arriverez a la conclusion qu'un yacht pareil ne peut pas coûter moins de 750000 francs par an. M. .lav (îould reçoit peu de monde à son bord, et pourlanl sa dépense annuelle csl évaluée à :}()i)(X>() francs. Celle de M. Aslor, sur le Nourmahal, s'élève à 40000 francs par mois. »

Un des traits caractéristiques du yachting américain esl la disci-

pline toute militaire qu'il a introduite dans les mœurs, et qui ferait de ses membres actifs, au lendemain d'une déclaration de guerre, de précieux auxiliaires pour la flotte fédérale. Non seulement les officiers de marine de l'Union instituent fréquemment des cours de navigation à l'usage des grandes sociétés nautiques, comme le Corinthian Seatvanhaka Yacht Club; non seulement des examens spéciaux, donnant droit à des commissions d'officier de réserve, servent de sanction à ces cours; mais en leurs plaisirs mêmes, les yachtsmen américains se font honneur d'observer strictement les règlements de la flotte.

Dans tous leurs Yacht Clubs, la hiérarchie navale est établie. 11 y a un commodore, un vice-commodore, un contre-commodore, des capitaines, des lieutenants, des enseignes et aspirants. Soit en rade, soit à la mer, les membres du club sont tenus de rendre les honneurs à leurs chefs hiérarchiques et de prendre ses ordres, au moins pour la forme, sur les entrées et sorties. Enfin, des croisières de conserve, véritables manœuvres navales, sont organisées tous les ans, sous le commandement direct du commodore, entre les yachts d'un même club.

Ces croisières n'ont pas seulement pour but, comme la grande croisière anglaise, de suivre les régates locales; elles visent à être une école de manœuvre, et réalisent si bien leur objet, qu'en Amérique un yachtsman ne sera jamais pris au sérieux par personne s'il n'a point passé par cette épreuve décisive. Il s'agit, en effet, dans ces croisières maritimes, non seulement de gouverner convenablement son yacht, mais de garder par tous les temps le contact avec le reste de la flottille; d'envoyer et de recevoir des signaux; d'obéir à des ordres; d'exécuter des évolutions souvent difficiles; de montrer, en un mot, qu'on n'est pas un simple dilettante, et qu'on possède à fond toutes les connaissances essentielles au marin.

Chaque club organise sa croisière annuelle, qui a lieu après les premières régates de la saison, et dure une quinzaine de jours. Il s'agit habituellement d'aller de port en port, sur un parcours déterminé, et, en quelque sorte, par étapes. Le voyage de chaque jour

Page 1