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L'ALLÉGEANCE

profite de la tolérance de 1/4 de la longueur accordée pour la voûte des yachts jaugeant au maximum 5 tonneaux.

On donne, en matière de courses nautiques, le nom d'allégeance à l'avantage en temps accordé au yacht de plus faible tonnage sur les yachts d'un tonnage plus fort.

Cette allégeance est réglée par des- tables spéciales qui la donnent, en secondes et décimales, par mille nautique pour chaque tonneau et dixième de tonneau. Sans reproduire ici ces tables, ce qui serait fastidieux, il suffira d'indiquer que l'allégeance, étant 0 seconde pour 1 tonneau, est 32,27 pour 2 tonneaux, 55,57 pour 3 tonneaux (par mille métrique), et ainsi de suite jusqu'à 400 tonneaux, où elle arrive à 200,70.

Exemple de l'usage des tables d'allégeance pour yachts à voile. Soient trois yachts A, B, C, engagés dans une course d'ensemble ayant 28 milles nautiques de longueur.

Leurs jauges de courses (1) sont :

A 4,82 comptant pour 4.0 B 29, 3G — 30 »

On trouvera les rendements du temps du yacht A, dans la table d'allégeance :

En face de 4,9 77,24

De même, pour les yachts B et C, on trouvera dans la table d'allégeance :

En face de 30 143,57 En face de 44 155,34 Pour A 77,24 X 28 donneront 2,163

(1) Pour les yachts de 10 tonneaux et au-dessous, on compte par 1/10 de tonneau, et pour les yachts au-dessus de 10 tonneaux, chaque dixième compte pour un tonneau (art. 6 du règlement).

L'ALLÉGEAN C E

En retranchant successivement 2 163, rendement du yacht A, de 4020 et de 4350, les différences seront les rendements de temps que B et C donneront à A, soit 1 857 ou 30"\57 pour rendement du yacht B au yacht A, et 2817 ou 36m27 pour rendement du yacht C au yacht A. Pareillement le yacht C rendra au yacht B \ 350, ',020, 330, soit :>m30.

En résumé, A recevra de C 36m27

— A — de B 30n,57

— B — de C 5M3G

Il esl a peine besoin de dire (pièces méthodes de handicap poulies courses à la voile restent un sujet d'ardentes discussions dans le monde nautique. Elles ne sont assurément pas parfaites et feront très probablement place, tôt ou lard, à d'autres systèmes. Mais en somme elles fonctionnent d'une manière assez satisfaisante, et Unir simplicité relative doit faire pardonner quelques imperfections.

Notons en passant que l'allégeance fut calculée avant le départ, pour la première fois, aux régates qui eurent lieu à Argenteuil au mois d'octobre 1870.

Voici le système employé.

Étant donné la distance à parcourir et le tonnage de chaque coureur, on voit quel est le temps (pie les plus puissants d'entre eux rendent aux plus faibles. On sait donc, avant le signal, combien de minutes ou de secondes les coureurs se rendent les uns aux autres. Ce calcul fait, le président des régales. M. E.-.f. E..., a pensé qifil était possible de faire partir d'abord le bateau du tonnage le plus faible, puis le bateau du tonnage immédiatement supérieur, et ainsi de suite, jusqu'au bateau le plus puissant. De celle façon, quand ce dernier reçoit le signal du départ, il a déjà accordé à ses concurrents l'allégeance à laquelle ils ont droit, el quand l'un des coureurs arrive le premier au but d'arrivée ou regagne le premier son piquet, il est le véritable gagnant. Par cela même, le grave inconvénient qui résulte de l'ignorance où se trouve le public des calculs d'allégeance esl supprimé. Le coureur, est de plus, mieux stimulé par l'émulation.

LES RÉGATES

car avec ce système, il sait à quoi s'en tenir sur l'avance qu'il a sur ses adversaires ou que ceux-ci ont sur lui. Quand, à l'arrivée, les coureurs se trouvent dans les mêmes eaux, leur ardeur redouble, et à ce moment, la hardiesse des manœuvres passionne le public, tout comme dans les courses à l'aviron.

On pense bien, d'ailleurs, que la course a des ennemis, même dans le monde du yachting. Beaucoup de yachtsmen prétendent que le bateau de course n'est pas un bateau sérieux, que c'est un joujou bon à marcher vite et incapable de faire autre chose. Cela n'est pas juste. Nous estimons que la course est l'école de manœuvres du vrai

yachtsman, qui y acquiert le sangfroid, la précision, le coup d'œil cl rhabilude du commandement. Quant aux bateaux de course, ils n'offrent assurément pas la commodité des yachts construits pour voyager; on a dû sacrifier à la vitesse toutes les installations confortables et spacieuses qui se traduisent par des excédents de tonnage; mais leur tenue à la mer est souvent des plus remarquables, cl d'ailleurs la construction de yachts de course et leur

,, . . manœuvre lien-

Ue cotre Marjorie en course, avec son toc-ballon.

LES RÉGATES

nenl en haleine des constructeurs el des équipages qui sont loul entraînés pour le grand yachting.

Sans être échelonnées avec, la savante régularité des régales anglaises, qui motivent chaque année la grande croisière des yachts autour des côtes sud et ouest du Royaume-Uni, nos régales françaises de mer ont une périodicité qui résulte en quelque sorte de la nature des choses.

Vers le milieu de mars, c'est Monaco qui inaugure la saison nautique en Méditerranée; presque aussitôt viennent les régales de Nice, puis en avril celles de Menton, de Cannes e! de Saint-Jean- Beaulieu, el en juillet celles de Marseille.

En mai commencent les régates de l'Océan el de la Manche, avec les courses nautiques de Chanlenay el de Trentemoult. Suivent celles de Bordeaux, de Pauillac el de Rouen; puis celles de Bayonnè el celles du Havre; juillet ramène les régates d'Arcachon, celles de Roy an, du Légué et de Saint-Xazairc ; août voit celles de Trouville, de Boyardvillc, de Duclair, de l'île Tudv et de Brest, de Portrieux, Granville, Royan, Le Croisic, Douarnenez, Fécamp, Cherbourg, Rornic, Dinard, Port-Navalo, Pouliguen, Paimpol, Roscoff et Trouville. Septembre ramène les courses en mer de Coursculles, Ouistreham, Sainl-Pol-de-Léon, Le Pellerin, Tréguier, et la saison se termine a Arcachon dans les derniers jours de septembre.

On ne saurait dire par conséquent que les épreuves nautiques manquent sur nos côtes. Ce qu'il faudrait souhaiter, c'est qu'elles fussent échelonnées plus méthodiquement, de manière à permettre a un yacht de course de suivre toutes les grandes régates de l'année; el aussi (pie des prix d'une importance réelle, volés soit par les Chambres, soit par les conseils généraux, offrissent une attraction suffisante aux propriétaires de yachts. On ne saurait attendre de la majorité d'entre eux qu'ils consacrent deux ou trois mois par an, comme en Angleterre, à aller de rade en rade : les conditions de loisir el de fortune ne sont pas les mêmes dans les deux pays. Mais il faudrait au moins qu'un amateur de courses en mer.

LES RÉGATES

après s'être imposé de lourds sacrifices pour obtenir le meilleur yacht de Tannée, pût avoir au moins l'espoir légitime de couvrir ces frais pour une bonne part. Il en est ainsi pour les écuries de course : il devrait en être de même pour les yachts.

Or, la somme des prix distribués sur nos côtes aux bateaux de plaisance, de 139 000 francs qu'elle avait atteints en 1880, est tombée depuis lors aux environs de 800(30 francs, et parfois au-dessous. La valeur moyenne de ces prix ne dépasse plus guère 350 francs, au lieu de 850 francs qu'elle avait atteints en 1881. C'est absolument insuffisant; il importe au plus haut point à l'avenir du yachting français que cette valeur moyenne soit ramenée au moins à 1000 francs.

La barre d'écoute.

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