MICHEL
Geoffroy, Saint-Hilaire écrit qu'ils sont certainement plus sauvages que les bovins indigènes. Cette sauvagerie se remarque dès le bas âge et devient par la suite, un inconvénient sérieux pour le dressage ou l'expédition sur les marchés.
Les constatations du service del’élevageau Maroc, sur les premiers croisements, portent que le bœuf zébu est souvent difficile à manier. Cela est exact dans la plupart des cas.
Lorsqu'un étranger est obligé de s'approcher d’un métis, comme pendant la période des vaccinations, il arrive très fréquemment que ces animaux deviennent inabordables et même quelquefois dangereux. Il faut se livrer à une véritable corrida pour arriver à les capturer et cela ne s’opère pas sans danger. Il est d’ailleurs à remarquer à ce sujet” que les femelles sont en général plus sauvages que les mâles. |
Mais il est vrai que, Jusqu'à présent, nous ne voyons au Maroc que des troupeaux vivant en semi liberté, voyant très peu l’homme, ou bien ce sont des animaux, étant néanmoins attachés mais soumis souvent à une main d'œuvre brutale et généralement cruelle.
Nous avons remarqué que si les zébus sont habitués à être attachés Jeunes, ils se laissent assez facilement manier. Les mensurations, lors des concours de primes, ont été prises sans précautions excessives sur un métis adulte et très facilement sur presque tous les taurillons. Certains de ces derniers sont très maniables et cette particularité a eu dans l’esprit du jury une forte importance dans l’attribution des primes.
A la ferme expérimentale de Fez, tous les métis zébus sont très sociables et en particulier les mâles. A leur rentrée du pâturage, ils regagnent régulièrement leur place à l’étable et se laissent facilement attacher. Plusieurs attelages de bœufs métis ont été dressés ét labourent régulière-
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ment, ils sont d’ailleurs remarquables comme animaux de travail.
Ces résultats ont été obtenus en ayant soin de séparer les jeunes de leur mère dès leur naissance et en ne les mettant en contact avec elles qu’au moment de la traite, De cette façon, ces animaux sont habitués dès leur jeune âge à être manipulés, à être en contact avec un personnel qui les connaît et qu'on ne change pas, autant que possible, et s’ils restent légèrement farouches pour l'étranger ils sont très maniables pour l’indigène qui les soigne.
Dans l'exploitation de M. Brizon, signalée précédemment, ces précautions n’ont pas été prises, en ce qui concerne les Jeunes qui sont laissés avec leurs mères, néanmoins tous les métis sont remarquablement sociables.
Pour les bœufs, d’après les Anglais on obtient plus de travail en les conduisant isolés qu’en les dirigeant en attelages nombreux, car en les faisant travailler en troupes, ils ont tendance à se donner des coups de cornes; on doit également proscrire les fouets, les chiens et les cris inutiles.
À côté de ce gros inconvénient du croisement zébu dû à son caractère, il faut avouer que la conformation des métis n’est pas toujours parfaite. Le corps est cylindrique, manque de longueur, a une tendance manifeste à s’enlever, les cornes sont volumineuses et grossières. Aussi le choix des vaches à donner aux zébus n’est pas indifférent, pour obtenir de bons produits. On devra chercher celles qui sont près de terre et dont les cornes sont petites et en croissant.
La croupe et la fesse sont rondes et courtes, la cuisse insuffisamment descendue. Il serait intéressant de se livrer à des mensurations sur la distance séparant les pointes ischiales chez le bovin marocain, le zébu et le bovin de race européenne. Il est très probable qu’on se rendrait compte que le squelette du zébu est loin d’être parfait sous le rap-
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port des points d’attache musculaire permettant de le considérer comme un animal de boucherie idéal.
Les métis tiennent à la finesse de leur peau d’être frileux et beaucoup plus aptes à supporter la chaleur que le froid.
La viande est rouge bien que convenablement persillée, la graisse de couverture, le suif des rognons et du péritoine se montre souvent en excès.
Enfin, pour faire du croisement industriel, pour créer des métis de première génération, les plus avantageux, incessamment renouvelés, il faut pouvoir s’approvisionner facilement en reproducteurs mâles. Mais pour cela il faut s'adresser à l'animal pur. Le zébu pur est pour l'espèce bovine comparable au cheval syrien pour l'espèce chevaline. De même que le berceau du pur-sang arabe est la Syrie où les sujets sont conservés et élevés avec le plus grand soin au point de vue généalogique par les grands chefs indigènes, de même le berceau du zébu pur se trouve aux Indes anglaises et c’est à qu'il faut s'adresser.
Or, les relations entre ces pays et les nôtres sont difficiles, les quarantaines pour les provenances des Indes sont souvent à craindre, les transports pleins d’aléas et très coûteux, toutes circonstances qui font qu’un zébu, rendu au Maroc, revient à un prix qui n’est pas abordable à la moyenne des bourses. De tous, cet inconvénient n'est pas le moindre.
Il existe d’ailleurs actuellement un Dahir en date du o février 1926, interdisant l'importation et le transit en zone française du Maroc, de tous les animaux vivants des espèces bovine, caprine et porcine en provenance de l'Afrique Occidentale Française et des Indes. C’est ce qui a incité le Chef du Service de l'Elevage à créer à la Ferme Expérimentale de Fez, un centre de reproduction du zébu pur permettant d'approvisionner les éleveurs du Maroc.
Enfin, pour lerminer ce lableau des avantages et des inconvénients du croisement zébu, nous ne pouvons mieux faire
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que de rapporter ici les observations failes à la suile du concours ilinérant de 1931. De l'avis de presque lous les éleveurs, Si le croisement zébu donne une précocilé el une rusticité marquée ainsi qu'une immunilé relative à la piroplasmose, par contre il amène une diminution manifesle de la production laitière et a l'inconvénient de produire, en général, des sujets peu maniables.