INTRODUCTION DU ZÉBU DANS L'AFRIQUE DU NORD
Vers 1880 des religieux possèdant des concessions à Madagascar, vinrent s'établir dans la province d'Alger, amenant avec eux quelques zébus.
Les résultats du croisement avec ces animaux ne furent pas favorables et les métis furent trouvés inutilhisables pour la boucherie.
En 1889 un transport d'Etat, revenant des Indes, fit escale à Bône, transportant sur pied, comme viande de ravitaillement, des zébus de race moyenne. M. Rabon, éleveur dans la région fit l'acquisition de deux couples de ces animaux qu'il lâcha au milieu de ses troupeaux. Les résultats obtenus avec ces animaux de l’Inde, originaires du Nellore, dépassèrent tout ce qu’on pouvait en espérer.
Après de longues années d’expérience on reconnut en effet, à ces animaux et à leurs métis, des qualités particulières d’assimilation, de rapidité au travail et de résistance à une maladie sévissant dans les régions humides, mal connue jusqu’en 1904 et qualifiée par la suite de piroplasmose,
Les essais de M. Rabon furent continués par d’autres éleveurs et notamment par les exploitations agricoles de la Banque d'Algérie qui, pour produire elles-mêmes les métis, firent venir à grands frais des zébus du Laos. Par la suite, pour modifier le sang et la consanguinité, elles
importèrent des reproducteurs mâles et femelles de Cochinchine.
En Tunisie des essais de croisement zébu furent également effectués et rendirent de grands services.
Le Haras de Sidi Tabet s’adressa à la Région de Bône, vers 1896, pour l'introduction des premiers zébus en Tunisie.
Le Service de l’'Elevage de Tunisie tenta d'organiser, par la suite, une mission aux [Indes en vue d'acheter des reproducteurs, mais il dut y renoncer devant les difficultés matérielles rencontrées. En 1913 des vaches et taureaux zébus de la presqu'île de Malacca furent alors importés en Tunisie par la voie Hambourg. De nombreux essais de croisement furent effectués dont les plus fameux sont les métis de la région de Thibar.
Au Maroc, les premiers zébus furent importés en 1912 par les frères Mannesman. IIS provenaient directement des Indes et furent offerts par les Allemands au sultan. Ils furent exposés dès leur arrivée au premier concours agricole qui eut lieu au Maroc, à Mazagan, peu après l’installation du Protectorat. Le général Lyautey inaugura ce concours et dût dans ce but, se rendre par bateau de Casablanca à Mazagan.
Le taureau âgé de 2? ans étonna fort les indigènes par la présence de sa bosse et de son fanon extrêmement développé. La vache ne vécut que peu de temps.
En 1914, ce taureau devint la propriété du Service de l’Elevage qui le confia à un colon de la Région de Camp Boulhaut, où pendant douzeans,il créa une nombreuse descendance de demi sang. Il est mort de vieillesse en 1924, ayant environ 14 ans. C'était un animal de grande taille, appartenant au type Doddana, de la race du Sinde, de conformation très heureuse, au rein large, à la cuisse fournie et bien descendue,
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En 1913, un transport amena à Casablanca des zébus à grandes cornes du Sénégal, pour le ravitaillement de la troupe. Un certain nombre fut vendu à des colons.
En 1914 et 1915, Geoffroy Saint-Hilaire PAR des zébus en provenance d'Algérie.
M. le Directeur général de l'Agriculture, du Commerce et de la Colonisation ainsi que le chef du Service de l’Elevage, frappés des résultats obtenus en Tunisie par les croisements zébus, achetèrent 3 ou 4 de ces animaux en Oranie et les distribuèrent dans les différentes fermes expérimentales.
Plus tard des essais d'importation de zébus du Bengale et de Madagascar furent faits. Mais la conformation plus enlevée, moins fournie en chair et la PHRASE des femelles en aptitude laitière firent renoncer à ces essais.
On se décida alors à s'adresser directement au berceau même du zébu, c’est-à-dire à l'Inde. Trois zébus laitiers furent importés de la laiterie de Colombo. Ils sont encore répartis actuellement dans différentes exploitations du Maroc dont la ferme expérimentale d’Aïn Djemâa, du Service de l’Elevage.
Par la suite, un colon M. Bourotte, se décida à aller luimême aux Indes effectuer sur place des achats de géniteurs zébus, mâles et femelles. Ces animaux qui existent encore actuellement proviennent de la race du Sinde.
Sur ces entrefaites la peste bovine éclata dans les [Indes et au Sénégal et les éleveurs du Maroc demandèrent l'interdiction d'importation des animaux en provenance de ces régions.
Néanmoins, les résultats obtenus par les croisements zébus furent si remarqués que, tout danger de contamination étant écarté, la suppression de l’arrêté d'interdiction a été demandée en séance du Conseil Supérieur de l’Elevage.