‹ Le Zébu au MarocChapitre 6 sur 20 · CROISEMENTS ET LEURS CARACTÉRISTIQUES · texte numérisé non relu

CROISEMENTS ET LEURS CARACTÉRISTIQUES

L'idée première, de ceux qui avaient préconisé l’importation du zébu au Maroc, était d'en faire uniquement un croisement industriel réservé à l’animal de boucherie, à l'amélioration toute momentanée de la production de la viande.

Ce n’est que plus tard, après la connaissance des résultats obtenus en Amérique du Sud, qu'on eut l’idée de faire du métis zébu, un «porte greffe » selon l'expression du Dr Velu, Chef du Laboratoire de Recherches. Ce métis zébu en effet, du fait de certaines de ses qualités, permettait alors, par la suite, l'introduction de types plus perfectionnés, tels que les races européennes.

Nous envisagerons donc les résultats obtenus par les croisements du zébu avec la race bovine autochtone et examinerons successivement leurs qualités et leurs défauts.

Mais avant d'aborder cette question, il nous faut signaler que le zébu est un animal qui race bien, il transmet d’une facon très nette ses différentes caractéristiques à ses descendants et il est facile de reconnaître ses produits jusqu’au 12 ©; de sang pur environ.

a) Rusticité.

Une des premières qualités qui frappe, même un pro- ‘ane, en parcourant le « Bled marocain » en octobre, époque

à laquelle le bétail atteint son état d'entretien le plus bas et où les animaux cachectiques sont nombreux, c’est l’état relativement bon des bovins de sang zébu. Les croisés zébus utilisent, en effet, à leur maximum les chaumes et les quelques tiges ligneuses et desséchées qui peuvent exister au Maroc en cette saison.

Dans la région des Ouled Ziane, endroit réellement déshérité au point de vue des terrains de parcours, les zébus et croisés zébus sont toujours restés en assez bon état d’entretien, alors que les bovins marocains étaient cachectiques.

Le métis hérite, en effet, de son père zébu, une puissance digestive très grande et toute spéciale, dirigée dans le sens de l’utilisation des matières sèches et peu alibiles, comme les pailles de blé, d’orge, ou d’avoine.

Néanmoins, les zébus et leurs métis s’accommodent fort bien d’une nourriture saine et abondante, mais économiquement ils ne sont pas indiqués pour les régions agricoles privilégiées, pour les gras pâturages, que d’autres races peuvent utiliser plus avantageusement qu'eux. C’est ainsi qu’au printemps, à l’époque du régime idéal pour les bovidés, on remarque qu'ils n’en tirent pas un meilleur parti que les animaux du pays, auxquels, même, ils se montrent inférieurs quand il s’agit de vivre sur les pâturages couverts de plantes vertes et aqueuses, non arrivées à maturité.

Leur supériorité s'affirme seulement dès que les chaleurs ont détruit toute végétation herbacée. Le passage brusque au régime exclusif du sec, si redoutable pour les bovins marocains devient pour les métis, la bonne saison. Ils engraissent, alors que leurs congénères indigènes commencent à maigrir. :

L'alimentation sèche leur convient admirablement, on peut donc avec eux utiliser les chaumes et les pailles,

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qui, dans certaines régions, par suite de la surproduction et la difficulté des transports, n'ont qu’une valeur insignifiante. |

En dehors de cette faculté d’assimilation, le zébu présente une résistance aux variations atmosphériques et aux intempéries d'une façon très caractéristique.

C'est ainsi qu'il y a quelques années, chez un colon de Bou Znika, qui avait organisé un troupeau d'animaux de travail, il fut signalé une mortalité très élevée se chiffrant par 54 cas de mort sur un effectif de 200 animaux. Cette mortalité était consécutive à une période de froid exceptionnel, de pluies violentes s’abattant sur des animaux anémiés, en état de moindre résistance et sans aucun abri.

Le troupeau en question se composait de bovins marocains et de 50 à 60 croisés zébus, 50 %, 25 % et 12 %, Toute la mortalité a porté surles animaux de race marocaine, tous les croisés zébus, même à un faible degré de sang, avaient résisté.

De même en plein été, les métis ne redoutent aucunement la chaleur et par les siroccos les plus violents, ils font d'excellentes siestes en plein soleil.

A ce sujel, il est un fait intéressant à signaler au point de vue de l’acclimalation des animaux. Quant on veut améliorer des races indigènes par croisement en imporlant une race étrangère, il est recommandé pour favoriser son acclimalement de choisir, aulant que possible des pays semblables par leur climat, leur milieu, leurs ressources alimentaires. IL existe dans ce but des règles qui nous montrent la nécessité de soustraire les animaux importés aux facleurs mésologiques défavorables, de créer pour eux un milieu artificiel plus favorable que le milieu nalurel. Cetle action de l'homme dont on ne saurait d’ailleurs nier la valeur, peul, dans une certaine mesure, permeltre aux animaux de s’accommoder, c’est-à-dire de se modifier, de se transformer. Si la chose est possible dans

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Le régime végétal, chez nos animaux domestiques celle naluralisation complète, lotale, absolue semble beaucoup plus rare. Or le zébu de l'Inde, contrairement à loules les règles classiques, a été transporté sans transition d’un pays chaud et humide, à pluies constantes el abondantes, à végétation luxuriante, dans un pays chaud et sec, comme le Maroc, restant une grande partie de l’année sans pluie, à ressources alimenlaires maigres, se composant pendant huit mois de l’année de chaumes el de fourrages secs, cellusosiques, non alibiles.

Cet animal transplanté dans de telles conditions vit néanmoins merveilleusement au Maroc el même se porle mieux que les animaux autochtones. Pour le zébu il n'y a donc pas eu d'adaptation, d’acclimatation, cel animal présente, suivant l'expression de Velu, une faculté caractéristique de préadaplation.

b) Résistance aux piroplasmoses.

La résistance bien connue des zébus de race pure et de leurs métis contre les piroplasmoses a été une des principales raisons de l'importation de cette espèce en Amérique du sud, au Texas. Elle a eu certainement une grosse importance au Maroc où les terrains de parcours sont infestés de tiques et où certaines années, le cheptel marocain subit, dans diverses régions, des pertes s’élevant à 10 et 15 % de son effectif par les affections à hématozoaires.

Celle résistance particulière à été attribuée, selon cer- Lains éleveurs, au peu de longueur des poils, à la dureté et à la finesse de la peau qui offre un obstacle sérieux à la morsure des tiques. Toutes les observations des éleveurs tendent à prouver que les zébus à long poil donnent plus souvent asile aux tiques que ceux à poil court.

D’autres auteurs, comme J. D. Mitchell, attribuent cette résistance à une sécrétion visqueuse émanant de la

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