SUR LES HOPITAUX
» deux mois, il s'en suivait que deux "a trois cents malades restaient aban- » donnés et attendaient leur tour de faveur pendant six mois ou un an. » Ce ne fut qu'en 1792 que le sort de ces malheureux s'améliora par une décision de l'assemblée constituante, et, depuis ce temps, la mortalité, qui étail de un sur dix, n'est plus que de un sur quarante - sept, dit Parrnt-Diichàtelct.
Quaud marchant pas à pas, do rideaux en rideaux , Vous verrez tour à tour soulever ces bandeaux.
Les maladies syphilitiques se divisent en primitives et consécutives; ces deux ordres sont bien distincts et admis par tous les syphilographes. On donne le nom de symptômes primitifs "a tout phénomène ou accident qui résulte de l'action immédiate ou locale du principe contagieux sur la partie ([iii en reçoit l'impression ; les uns sont particuliers aux organes de la génération et résultent du rapprochement des sexes; les autres sont l'effet du contact d'une partie saine avec une partie malade , soit qu'il s'agisse de symptômes acquis pendant l'accouchement, communiqués par l'allaitement, soit euûn qu'ils soient dus au contact du principe contagieux par l'intermédiaire d'un corps inerte.
Il n'y a que deux modesd'action dans les circonstances ordinaires, l'inflammation de la muqueuse et son idcéraiion; la première donne lieu aux écoulements, la seconde aux divers genres d'ulcération. Les autres phénomènes qui en dépendent sont secondaires ou consécutifs. Cependant il arrive quelquefois que l'on observe une infection générale sans avoir pu observer aucune trace de maladie locale.
Les maladies syphilitiques primitives se développent et s'épuisent ordinairement dans la région qui en est le siège, tandis que celles qu'on appelle secondaires ou consécutives réagissent toujours sur l'organisme, et le disposent à éprouver tous les accidents qui peuvent résulter de la syphilis.
Dans la description des affections constitutionnelles ou invétérées, on doit suivre la division adoptée par M. Jourdan , et pour rapprocher sous le même coup d'œil l'ensenible des accidents que peut produire cette affection , il est
utile de rapporter ici le tableau qu'il en a présenté d'après M. Capuron : « Des catarrlios aigus ou chroniques de l'urètre, des yeux, du nez, de » l'oreille, de l'intestin, des tumeurs de différentes natures, des abcès, des )> fistules, des végétations et des excroissances; les paupières enflammées, » épaisses , rouges, ulcérées, cancéreuses; l'œil toujours baigné de larmes » et plus ou moins lésé dans sa structure et dans sa fonction ; la cornée trans- » parente, obscurcie, altérée; l'épaississement de l'humeur vitrée; la con- » crélion et l'opacité du cristallin; la fistule lacrymale; la diminution ou la » perte de la vue; l'inflammation et l'ulcération de l'oreille interne avec des » douleurs plus ou moins aiguës ; la carie des osselets renfermés dans la ca- » vite du tympan ; des écoulements de pus, de sanie , de sérosité ou de sang » par le conduit auditif, accompagné d'une fétidité insupportable; un bour- » donnemeul continuel; la dureté ou la perte de l'ouïe; la phlogose de la » membrane muqueuse qui tapisse l'intérieur de la bouche et des narines; » l'ulcération de la voûte palatine, de la langue, des gencives, delà luellc, » des amygdales, de ra."rière-bouche, du larynx; la fongosilé et le cancer » des narines; la carie des os du palais, des cartilages du larynx; des os » propies du nez, du vomer; la difformité de la face; le changement, l'al- » tération ou la perte de la voix; l'érosion des gencives; la carie, l'ébran- » lement et la chute des dents; la fétidité de l'haleine; la peau couverte de » taches dont la forme, l'étendue et la couleur varient a l'infini; des érup- » lions nombreuses, sèches ou humides, avec ou sans démangeaison ; des » crevasses ou des gerçures ; des végétations ou excroissances de toute » espèce; le sculèvement et la chute de l'épidernie , des tubercules, des pu- » slules en différents endroits du corps; la chute des poils, des cheveux , » môme des ongles; des ulcères du plus mauvais caractère; des tumeurs plus » ou moins dures; des douleurs insupportables presque sur tout le corps et » spécialeuu-nl dans les i^nembres , lesquels simulent quelquefois le rhuma- )) tismc ou la goutte, la carie , le ramollissement, la morlilicalion des os; le » gonflementdouloureuxou iudoientdes glandes lymphatiques; des mauxde » tête violents; le tremblement ou la convulsion des membres; la paralysie, » l'insomnie, la toux, la difficulté de respirer; la phthisie tuberculeuse ou ») l'ulcération des poumons; la syncope ou les palpitations du cœur; l'affec- » tion hypochondriaquc , mélancolique ou hystérique ; les viscères abdomi- » naux engorgés ou obstrués: l'hydropisie, des hémorrhagies, la faiblesse , » la langueur et l'abattement des forces; la fièvre lente; la diarrhée ou les » sueurs colliquatives, l'amaigrissement, le marasme, la mort.» D'après ce tableau , que nous avons cité pour démontrer la vérité des peiu-