‹ Le zodiaqueChapitre 21 sur 30 · SIEGE DE L'AMOUR · texte numérisé non relu

SIEGE DE L'AMOUR

tures de M. Barlhelemy, on voit qu'il n'est pas d'affection qui ne puisse revêtir le caractère des maladies syphilitiques; ce quia probablement donné naissance a cel aphorisme de Sydenbam : itt omnibus morbis (enacibus suspicanda est lues venerea.

N''a-t-il mis clans nos sens Tirrésislible envie, LMnnpérieux besoin de propager la vie.

Les physiologistes ne sont pas d'accord sur l'organe d'où part la déterminalion d'agir pour se reproduire. Biiffon , qui voulait qu'on regardât les parties génitales comme le siège d'un sixième sens, leur attribue la sensation qui en provoque directement l'exercice. MM. Broussais , Cabanis et Gall font dépendre au contraire cette faculté des impressions de l'ame. Les deux premiers l'attribuent à une réaction des organes sexuels sur l'imagination , et le dernier l'a fait dépendre d'une faculté primitive ayant son point de départ à l'encéphale. On sait que Gall indique en effet le cervelet comme le siège particulier de l'instinct de reproduclion , et considère l'état plus ou moins prononcé de l'espace étendu entre les protubérances mastoïdes, situées derrière les oreilles comme le signe du penchant plus ou moins énergique de l'homme a se livrer aux plaisirs de l'amour.

Ce sentiment n'est pas le même chez tous les individus; il varie selon les dispositions organiques propres à chacune , el surtout selon les habitudes qui entretiennent l'imagination dans des idées trop fréquentes de volupté, ou lui donnent une direction contraire. L'oisiveté , les fêtes et les grandes réunions, si communes dans les cités populeuses, impriment à ce sentiment un caractère d'exaltation habituelle qu'il n'a pas chez les habitants de la campagne , ni à la ville chez ceux qui s'adonnent avec assiduité à l'étude et au travail. Ovide a dit avec raison :

Olia si tollas periere cupidinis arcus.

Les anciens ont prétendu que les muses étaient vierges, pour exprimer le peu de disposition qu'ont les savants aux plaisirs de l'amour, et Lafontaine a exprimé une grande vérité en disant que :

Un muletier à ce jeu vaut trois rois.

Le sentiment qui sollicite la réunion des sexes offre toutes les nuances intermédiaires entre la plus entière indifférence et l'amour porté jusqu'au délire. Il y a même quelques individus que le dégoût éloigne de tout rapprochement sexuel , disposition particulière qu'on appelle anaphrodisie.

Et du métal liquide, adorateur fervent L'infuse dans le corps qu'il tue en le sauvant.

Le mercure était regardé par les anciens comme une substance dangereuse. Ils ne l'employaient pas en médecine. Les Arabes furent les premiers qui en Orenl usage dans le traitement extérieur des maladies cutanées, et contre les insectes qui naissent sur la peau. Toutefois, ils en redoutaient les effets , car ils ne le laissaient entrer que dans la proportion d'un dixième à un quarantième dans les onguents dont ils se servaient.

Vers la fin du quinzième siècle, en 1493, "a l'occasion de l'épidémie si grave et si rebelle qui régna à Naples, on fut conduit "a faire usage du mercure, par l'analogie de quelques uns des symptômes de cette maladie avec les affections lépreuses , contre lesquelles les Arabes avaient employé avec succès des onguents dans lesquels entrait ce médicament.

Depuis cette époque, qui date de plus de trois cents ans, on n'a pas cessé d'employer ce médicament contre la syphilis, malgré les nombreux et graves accidents auxquels il donnait lieu, et que, par un aveuglement incompréhensible, on a regardé jusqu'à la fin du dernier siècle comme les résultats naturels de la maladie.

Le mercure fut d'abord administré sans règles et sans méthode. Quelques médecins éclairés et prudents l'employèrent cependant avec quelque précaution, tels furent entre autres, Gruenbeck, Widmann, Aguilaicus, Torella ; mais beaucoup de charlatans le prescrivaient sans mesure et sans discernement, ce qui en rendait"l'usage beaucoup plus dangereux.

Le chevalier Ulrick de Hutten fut une victime remarquable de la confiance qu'on avait dans les propriétés du mercure, et de l'ignorance où étaient alors les médecins sur la manière de l'employer. Cet écrivain, qui soutint la réforme de Luther, nous dit avoir subi onze traitements mercuriels dans l'espace de neuf ans, et n'avoir dû qu'au gaïac la guérison radicale d'exostoses, de pustules, d'ulcères rongeants, de caries profondes et de dou-

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