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DANGERS DU MERCURE

nerveux , el sur le cerveau en particulier ( 1809) , une altenlion toute spéciale a été dirigée vers ce sujet, et des traités plus ou moins importants ont vu le jour. Parmi eux nous pouvons citer les travaux de MM. Rochoux, Rostan, Laiiemand, Georget, Bouillaud, Serres, Abercrombie, Cruveilhier, Andral et Calmeii.

C'est "a dater de ce moment que l'on a entrevu un grand nombre de maladies distinctes qui peuvent entraver les fendions d'innervation : l'anatomie pathologique, plus cultivée que par le temps passé, a révélé des altérations qui jusqu'alors étaient restées inaperçues. On a fondé une nouvelle méthode diagnostique sur le concours du raisonnement et de l'observation ; on a découvert de nouveaux signes; on a insisté avec plus de soin sur les manifestations symptômatiques que l'on appréciait sans attention anciennement; et, dans un grand nombre de cas , on est parvenu a localiser, dans l'organisme , des troubles que l'on avait, au commencement du siècle, vaguement attribués à des perturbations essentielles de l'intelligence, du sentiment el du mouvement.

Le culte de Mercure est un culte idolâtre.

A l'époque où il était généralement admis qu'on ne pouvait guérir la syphilis sans mercure , déjà des observateurs de premier ordre avaient reconnu qu'il échouait souvent contre ce genre de maladies. « Ceux qui affirment que le mercure guérit toutes les maladies vénériennes se trompent ou veulent tromper, dit Van Swiéten , car il en est dans lesquelles il est sans efficacité , quelle que soit la manière dont on l'emploie; el, souvent même, il peutoccasionner les accidents les plus graves dans une infinité de cas. »

Louis, convient aussi que le mercure ne guérit pas toujours, que souvent au contraire les symptômes augmentent, ou qu'il survient de nouveaux accidents dans les cas même où le traitement semble avoir été dirigé avec le plus de prudence.

On sait généralement que les symptômes qui paraissent avoir été guéris par le mercure, reparaissent souvent bientôt après. Bomfiel, Blégny, et beaucoup d'autres praticiens en ont fait la remarque.

Alexandre Trajan Pétronio , cité par M. Richon de Brus , affirme , d'après son expérience, que l'action du mercure est toujours incertaine , et qu'on ne peutjamais l'administrer avec succès. En efl'el, si on modère son usage par la crainte de nuire, on ne guérit pas; et si on élève la dose, il peut faire beaucoup de mal ; d'oir il faut admettre qu'il est fort difficile de l'administrer de manière à ne pas en redouter les effets.

Swédiaur, dans le chap. xviii de son Traité consacré à l'examen des maladies qui ne cèdent pas au mercure et des causes de son ineflScacilé, s'exprime ainsi : « Quoiqu'il y ait peu de praticiens qui n'aient vu de fréquents exemples de maladies syphilitiques qui résistent au mercure, et que nous voyons a peine un écrivain d'importance qui n'en fasse pas mention, aucun d'eux n'a cependant, a ma connaissance, fait des recherches exactes ni un exposé suffisant de ces causes; ce qui m'a engagea examiner ce sujet avec attention et à exposer le résultat de mes recherches. J'ai vu nombre de personnes attaquées de gonorrhées invétérées, d'ulcères phagédéniques aux parties génitales, de gonflements douloureux et carie des os, d'éruptions cutanées, d'ulcérations au nez, à la gorge, etc.; d'excroissances condyloniateuses ou verruqueuses en difiérentes parties du corps , etc. , qui semblaient résister obstinément au pouvoir du mercure, elles symptômes, bien loin d'être dissipés, étaient plutôt augmentés par cette médication, ou , s'ils semblaient guéris , ils reparaissaient souvent peu de temps après. . . Il arrive fréquemment que l'on est trompé sur les eflets du mercure, parce que les maladies, quoique originairement produites par le virus syphilitique, ont changé de caractère, ont dégénéré en maladies d'uue nature toute différente pour lesquelles le mercure, loin d'être un remède salutaire, est devenu un vrai poison. C'est surtout dans les ulcères qu'on s'aperçoit de ce changement. Ils deviennent stationnaires sous l'usage du mercure, et bieniôl après tendres et douloureux au moindre attouchement; leur matière devient acre et corrosive , ou bien le malade est accablé d'une faiblesse générale, d'une cachexie universelle; les gencives saignent aisément, l'haleine et la bouche sentent mauvais, l'ulcère devient livide, sale, atonique; le malade n'a ni vie ni vigueur. »

Ce tableau, présenté par Swédiaur, doit frapper d'autant |)lus que ce médecin était lui-même par,tisan du mercure, ce qui donne à sa parole toute la confiance due à la bonne foi.

Il est donc incontestable que par son emploi souvent la maladie résiste au mercure ou peut être aggravée, quel que soit le mode de préparation et la manière dont on administre ce métal.

Si on se représente maintenant la multitude des causes qui peuvent rendre inefficace l'usage de ce médicament, et les accidents si nombreux et si graves que, de l'aveu même de ses partisans il peut occasionner, on doit s'étonner que tons les médecins ne soient pas d'accord pour rejeter de la thérapeutique une substance aussi dangereuse.

Ce n'était pas assez de savoir que le mercure ne guérit pas toujours et peut faire beaucoup de mal , il fallait encore prouver qu'il n'était pas indis-

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pensable, et qu'il existait des moyens de guérir plus efficaces et non accompagnés de danger. C'est principalement aux médecins anglais, chargés du service des grands hôpitaux militaires, que cette tâche était réservée.

Guillaume Fergusson , médecin de l'armée anglaise et espagnole en Portugal , eut occasion de guérir un grand nombre de malades atteints de la maladie vénérienne, sans employer un seul grain de mercure, ce qui l'engagea à publier ses observations et à conseiller à ses compatriotes de cesser l'emploi d'un remède qu'il voyait souvent produire des accidents très graves dont les malades se ressentaient toute la vie.

Quelques années après que Fergusson eut fait connaître les résultats de son expérience, plusieurs ouvrages publiés en Angleterre par Thompson, Rose, Barlhe, etc., contribuèrent puissamment a faire rejeter le mercure du traitement des maladies vénériennes.

MM. Gordon et Guthrie, médecins de l'hôpilal d'York, ont aussi traiié et guéri beaucoup de vénériens sans employer le mercure. Guthrie affirme particulièrement que tous les ulcères des parties génitales, quels que soient leur forme et leur aspect, sont guérissables sans mercure. Ce serait, suivant lui, un fait établi sur plus de cinq cents observations qu'il a recueillies on qui lui ont été communiquées d'individus traités dans les différents régiments des gardes pour des maladies vénériennes (1).

Tandis que MM. Evans, Murray, Brown et les syphilographes de l'école physiologique constataient en France l'inutilité du mercure, en l'excluant du traitement des maladies vénériennes, je réunissais de mon côté de nombreuses observations qui attestent les heureux effets qu'on peut obtenir des anliphlogistiques et des dépuratifs sagement combinés.

L'action bienfaisante des sudorifiques dans le traitement de la s\philis est depuis longtemps reconnue. On sait qu'en Egypte, où ces maladies sont très communes, les moines la guérissent fort bien par le seul moyen des bois antivénériens. L'utilité de l'excitation des fonctions de la peau est encore démontrée par la guérison spontanée de la syphilis souvent observée chez les malades qui passent des pays froids de l'Europe dans les régions tropicales. C'est aussi par la même raison que peut s'expliquer chez les forçats la disparition sans traitement des maladies dont ils sont infectés, et qui n'est due qu'à la réaction cutanée que déterminent habituellement chez eux les travaux pénibles auxquels ils sont condamnés.

Les témoignages qui précèdent, présentés en faveur des guérisons obte-

(1; Mémoire de Krueger, Journal comp., l. XIV, p. 110.

nues sans mercure, étant réunis dans un cliapitre destiné a faire connaître les funestes accidents que peut occasionner ce remède, doivent Olre un motif de plus d'en faire rejeter l'usage.

Les accidents immédiats du mercure ne se bornent pas a ceux auxquels on peut remédier. Il arrive souvent, lorsque la salivation est établie, que les dents se noircissent, se carient, s'ébranlent et tombent, sans qu'on puisse y mettre obstacle.

Quant aux accidents consécutifs que peut déterminer le mercure, indépendamment de ceux que nous venons d'énumérer, il en est un qui mérite une grande attention : c'est l'altération générale que peut éprouver l'organisme par l'effet du mercure donné à trop foriedose , ou a la suite de plusieurs traitements mercuriels. Il est évident qu'il existe une habitude cachectiqu»; produite directement par le mercure, et qu'on peut appeler cachexie mercurielle. On doit même croire que l'état, désigné communément sous le nom de cachexie vénérienne, n'est pas moins dû a l'abus du mercure qu'à la diathèse syphilitique. Cela paraîtra d'autant plus probable qu'il n'y a pas d'exemple d'un vénérien tombé en cachexie sans avoir été traité par le merc.ire.

Les mots : donné à forte dose, soulignés plus haut, ne veulent pas dire que, pour produire la cachexie , le mercure doit être porté à une dose invariablement déterminée; ces résultats au contraire peuvent varier selon la disposition des individus; et telle dose assez minime pour ne produire que des effets peu remarquables chez quelques uns, peut suffire chez d'autres pour les jeter dans un état cachectique, tant les effets de ce médicament sont incertains.

M. Desruelles s'exprime ainsi, relativement au mercure, dans l'Esculape (journal) du 12 avril 1840 :

« Il peut nuire et être mal supporté a la dose la plus minime. C'est alors que vous verrez le malade triste, abattu; sa langue se couvrira d'un limon jaunâtre, son haleine sera fétide et son appétit perdu; il conservera, quoi qu'il fasse, un goût métallique dans la bouche. Si ces phénomènes précurseurs ne vous mettent pas sur vos gardes, des coliques, des pincements d'estomac, quelques nausées, des vomissements même, une fièvre vive, une soif, sécheresse et brûlure de la gorge, un amaigrissement rapide, une teinte jaunâtre de la peau, et un tiraillement inaccoutumé des traits de la face, vous avertiront, mais bien tardivement, que la dose du mercure est très élevée, qu'elle est mal supportée, qu'elle nuit. »

» Dans ces cas, les maladies syphilitiques partagent la souffrance de l'organisme, et le médicament qui devait les guérir, les exaspère, entrave leur

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