‹ Le zodiaqueChapitre 27 sur 30 · NOUVEAU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

NOUVEAU TRAITEMENT

marche, cl les précipite dans des terminaisons funestes. Des affections secondaires se montrent, celles surtout qui siègent à la peau , aux ouvertures des membranes muqueuses, se succèdent, s'aggravent et se compliquent de plus en plus. C'est alors que le régime diélique et l'hygiène dévoilent toutes leurs puissances d'action. »

La vérité commence à luire sur la France.

Après avoir suivi les cours cliniques de Cullerier, de 1820 a 1825, à l'hospice du Midi, je soutins ma thèse au grade de docteur, le 1*" février 1825, sur un sujet qui paru! bien hardi et qui m'a suscité de nombreuses tracasseries; elle était intitulée: Z?e la thérapeuiique des affections syphilitiques sans l'emploi dit. mercure. Depuis ce temps l'opinion a fait bien des progrès, et, d'après l'impulsion que les médecins de l'école de Paris ont donnée a lascienc^, partoutoii le nouveau traitement sera exactementetsoigneusementappliqué, il rendra les maladies syphilitiques de plus en plus légères, diminuera le nombre et la gravité des accidents qui les compliquaient si souvent, et la guérison sera généralement exempte de récidive. On ne verra plus ces marques honteuses et ineffaçables qui ont troublé le repos de tant de familles et empoisonné l'existence de ceux qui les portaient.

On doit être tolérant pour les idées mystiques de la multitude , et pour les chimériques projets de certains publicistes; mais, induire la tolérance des fausses pratiques en médecine, c'est commettre un délit moral ; l'on ne saurait donc trop s'empresser de révéler les erreurs dangereuses des partisans du mercure; et certes l'on doit plus s'étonner de la coupable indifférence des médecins qui le prescrivent, que de la crédulité de ceux qui y ont recours; car souvent ils ne le prennent qu'avec défiance , et ce n'est que par l'espérance chimérique d'être guéris plus radicalement , qwe. les malades se soumettent avec résignation à ce traitement qui n'a pour lui que l'ornière de la routine et le prestige des préjugés.

Et sait qu''il est trop tard pour réclamer Tappui D'un système sauveur quMl repoussa de lui.

Le cadre de ces notes ne comporte pas que l'on entre dans les détails

du traitement de chaque symptôme des maladies syphilitiques , et nous l'indiquerons sous forme d'aphorismes dont le développement se trouve dans un ouvrage spécial que nous avons publié sur ce sujet, intitulé : Traité des maladies syphililiques , 1 vol. in-8. avec grav.

La blennorrhagie peut être guérie dans quelque cas , surtout lorsqu'elle est bénigne, parla diète, le repos, les bains, les boissons délayantes, et quelquefois les évacuations sanguines. Mais en général la prudence exige quelques dépuratifs internes.

Lorsque cette maladie a été longtemps douloureuse, qu'elle a donné lieu al'orcliile, elle peut déterminer les accidents généraux de la syphilis, dont elle réclame le traitement. Les moyens qui conviennent, dans ce cas, sont l'usage des sudorifiques unis aux calmants, et des purgations légères réitérées, lorsqu'il n'y a pas de contre-indication.

Les injections ne doivent jamais être employées pendant la période inflammatoire. Le traitement abortif par le copahu ou le poivre cubèbe, ne doit être tenté que chez les individus robustes, peu irritables et lorsqu'il n'existe aucun indice d'irritation intestinale.

Les ulcères primitifs peuvent disparaître par un traitement local; mais alors on a à redouter les accidents consécutifs auxquels la syphilis peut donner lieu; il n'est pas prudent de les traiter de cette manière. Lorsque les ulcères sont indolents et restent stationnaires, malgré le traitement rationnel intérieur, ils ont besoin d'être ranimés. Les lotions alcooliques , l'eau de chaux, les savonules de potasse caustique, le nitrate d'argent, l'onguent styrax, sont les principaux moyens qui conviennent a leurs pansements.

Lorsque les ulcères sont douloureux , rongeants, serpigineux, la saignée, les sangsues, les émollienls, les lotions et les onguents opiacés, sont les moyens extérieurs les plus convenables. La sévérité du régime, lessudorifi-

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(jues concentrés, les purga lions légères réitérées, tous les excitants propres à produire une révulsion sur le tube intestinal , peuvent convenir, étant employés à propos , sauf le naercure qu'on doit exclure rigoureusement.

Tous les symptômes sypliijiiiques primitifs et consécutifs réclament l'usage d'un traitement général, rappelle traitement général toute médication intérieure combinée, selon les circonstances, avec l'usage des remèdes externes, de manière à faire cesser l'état morbide.

Le traitement général des affections syphilitiques primitives et secondaires doit durer ordinairement de trente 'a cinquante jours; ce délai est nécessaire aux modifications que doit subir l'état morbide pour parvenir a la guérison , aOn de coordonner l'action des médicaments de manière à ne pas occasionner d'irritation intestinale.

Lorsque la syphilis est invétérée , le traitement doit durer un temps indéterminé, et qui est plus ou moins long, en raison de la détérioration que la constitution du malade a pu subir, parce que le retour k la santé ne peut s'opérer que par une succession de mouvements organiques conservateurs, provoqués par l'action des médicaments, et dont le terme dépend nécessairement des dispositions de la maladie et du malade à se modifier par le traitement.

Là, désormais rebelle à des soins superflus, Etendu sur un lit qu''il ne quittera plus.

Quand un homme, jeune encore, occupant une position sociale, honorable et jouissant de l'affection d'une famille qu'il aime et dont il est aimé, se tue sans motif apparent, sous le vain prétexte du dégoût de la vie, de spleen, que l'on prenne des informations exactes, et l'on verra que, sur cent sui~

cides de cette espèce , les trois quarts au moins doivent êlre attribués aux eiTets du mercure donné inutilement sous toutes les formes. En effet, c'est en vain qu'un malade change de médecin, car la méthode ne change pas. Cela me rappelle la réponse d'un habitant de Palerme a qui je disais, à l'avènement du dernier roi, que le sort de la Sicile allait probablement s'améliorer sous la direction d'un jeune roi. «iVb lo credo, il maestro di capella è cambiato, ma la musica sarà semprè lasiessa.»

Je n'aurai pas beaucoup a dire pour convaincre que les passions violemment excitées portent le trouble dans tout individu, soit dans son organisation, soit dans son intelligence. Lorsque l'ame est fortement ébranlée par une affection vive et imprévue, les fonctions organiques sont bouleversées, la raison est troublée, l'homme perd la conscience du moi, il est dans un vrai délire; il commet les actions les plus irréfléchies, les plus contraires h ses affections, a ses intérêts. Mais le délire des passions est passager; le suicide qu'il provoque est instantané; s'il n'est point consommé, ordinairement il ne se renouvelle plus; la tentative infructueuse semble avoir été la crise de l'affection morale. Tel est le suicide involontaire aigu, bien différent du suicide réfléchi et chronique, occasionné par les affections syphilitiques exaspérées par les mercuriaux.

Celui à qui la douleur ne laisse aucun instant de relâche, qui n'entrevoit point le terme d'une longue et cruelle maladie, après avoir d'abord supporté ses maux avec résignation, devient impatient; et subjugué par les souffrances qui l'affaiblissent depuis longtemps, se tue pour mettre lin "a des maux intolérables. Il n'est point d'état qui inspire plus de crainte de mourir, et en môme temps d'être délivré des maux présents , que l'hypochondrie syphilitique.

Enfin l'idée de se tuer devient une idée fixe qui préoccupe sans cesse les malades, idée dont ils ne peuvent se distraire ni être distraits; toutes leurs pensées sont dirigées, concentrées, sur cet objet avec tout l'entêtement et toute l'opiniâtreté dont les autres mononianes sont susceptibles. Si la fatigue de la veille les fait dormir, ils ont des rêves affreux; ainsi, la nuit comme le jour, ces infortunés ne peuvent éloigner de leur pensée l'idée de la mort, pas plus que les autres monomanes ne peuvent se défaire de l'idée qu'ils sont ruinés, déshonorés, damnés, etc., etc.; tant l'attention concentrée pervertit les impressions, rend douloureux les rapports extérieurs, brise tous les liens qui rattachent à la vie.

Il faut en général traiter philosophiquement les malades; la guérison en

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