‹ Le zodiaqueChapitre 28 sur 30 · SUICIDE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

SUICIDE SYPHILITIQUE

est plus prompte et exempte de toute récidive si l'on sait les rassurer sur l'aveuir de leur santé, et détruire certains préjugés existant sur la non possibilité de guérir radicalement. Sous ce rapport je partage entièrement l'opinion de M. Rattier qui dit avec raison : « Il ne faut pas croire qu'il y ait » un grand avantage à exagérer les dangers de la syphilis; l'erreur et le » mensonge ne peuvent avoir de bons résultats. J'ai toujours vu que cette » crainte, tout insuffisante pour arrêter une jeunesse inexpérimentée, n'a » d'autre but que de produire chez des sujets méticuleux une syphilivhobie » (rage vénérienne) , monomanie véritable que j'ai observée surtout chez les » étudiants en médecine. Pour ceux qui en sont atteints, il n'est plus de » repos, les phénomènes les plus simples, les plus insigniflants, sont pour eux » la syphilis ; avec la peau la plus saine , ils se voient couverts d'ulcères ron- » géants, et sont persuadés qu'ils ne guériront jamais, qu'ils ne pourront » jamais se marier sans communiquera leurs femmes, et sans transmettre a » leurs enfants une odieuse et funeste affection. Plus d'un suicide a eu pour » cause cette triste préoccupation. Heureux encore ces malades, s'ils tom- » bent entre les mains d'un médecin honnête homme et expérimenté tout "a » la fois; car, s'ils s'adressent a l'un des médecins trop nombreux qui n'ont » étudié la syphilis que dans les livres, ils l'induiront en erreur et l'obligeront » à leur administrer un traitement qui est aussi nuisible, quand il n'est pas » indiqué qu'il est efficace et salutaire lorsqu'il existe une véritable syphilis. » Que serait-ce donc si , comme il y a cent chances pour une , ils s'adressent » aux charlatans dont fourmillent nos grandes villes, et qui peuvent être » considérés comme un fléau plus funeste que la syphilis elle-même. »

Le poème de la Syphilis est un modèle de précision et un chef-d'œuvre de philosophie pratique. Il contribuera puissamment à éclairer les masses et "a détruire l'hydre mercurielle, et sous tous les rapports il est digne des autres productions de l'auteur de La Némésis; nouveau Fracastor, son nom sera conservé dans les annales de la médecine; car ses vers ne contiennent aucune hérésie scientifique. Déjà M. Barthélémy avait fait une heureuse excursion dans le domaine des sciences médicales, et je ne puis résister au désir de rappeler quelques vers qui sont toujours restés gravés dans ma mémoire, c'est la description du choléra-morbus qui parut dansZa Néméiis du 28 août 1831.

Oh 1 VOUS méritez bien toute reconnaissance, Ingénieux docteurs , qui dès noire naissance

Infiltrez dans nos bras , snr la pointe du fer,

Le bienfaisant poison recueilli par Jenner,

Vous , fléaux de la mort et des épidémies,

Qui gardez nos santés dans vos académies

Qui , par de longs calculs, des mémoires savants ,

Augmentez chaque jour le nombre des vivants,

Et grâce à la vertu de vos électuaires ,

Frustrez de tant de noms les listes mortuaires !

Honneur, gloire à vous tous qui pour le genre humain

Consumez tant de nuits une plume à la main ,

Philanthropes rêveurs qui , poussés d'un beau zèle ,

Avez bâti pour nous la paix universelle !

Oh ! qu'un dieu paternel récompense vos soins !

Mais, hélas! que nous font quelques lombes de moins?

Vous ne casserez pas la grande loi : personne

N'ébrèchera la faux du spectre qui moissonne ;

La nature et la moii ensemble ont fait un bail :

Celle-ci doit livrer tant d'hommes en détail ;

Quand un siècle finit , et que dans son domaine ,

La nature en comptant cette monnaie humaine,

Trouve un grand arriéré dans le total promis

Elle appelle la mort, son oublieux commis :

« Tu fais mal ton métier , lui dit-elle en colère ,

» D'où vient ce déficit au livre séculaire?

» Je devrais voir pourtant, à l'article trépas,

» Un million de plus que je ne trouve pas ;

» Sais-tu bien qu'un retard dans la mort d'un seul homme ,

» Qu'avant son temps prescrit la chute d'un atome ,

» Une goutte de moins dans le bassin des mers ,

>' Qu'un rien peut, suison axe, arrêter l'univers. »

Et la mort lui répond : « Ah ! je n'ai pu mieux faire;

" On lutte contre moi dans le double hémisphère ;

" L'homme se fait rusé, je crois, en vieillissant ;

- Dans des veines de glace il réchauffé le sang;

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