‹ Le Zona Ophtalmique SyphilitiqueChapitre 6 sur 20 · LÉSIONS OCULAIRES · texte numérisé non relu

LÉSIONS OCULAIRES

Observées, les lésions oculaires furent d’abord considérées comme des complications du zona ophtalmique, et Pacton évaluait leur fréquence à 70 % des cas de zona

ophtalmique.

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M. le professeur Rollet, par une expérience minutieuse, les considère comme partie essentielle du syndrome, et définit le zona ophtalmique: une affection non fébrile, caractérisée par une triade de signes fonctionnels : douleurs, exanthème, troubles oculaires. Ces derniers ne sont pas des complications, mais bien des symptômes constants, et le terme de zona oculaire est indispensable.

Quelles sont les lésions observées au niveau de l'œil et de ses annexes ?

Elles siègent au niveau de la conjonctive, de la cornée,

de l'iris et de la musculature extrinsèque de l'œil.

1° Les lésions de la consoxcTive se limitent le plus souvent à une hyperémie notable, ou à une conjonctivite nette, avec rougeur, cuisson, augmentation de la sécrétion lacrymale : épiphora ou formation de mucopus. Cette hypersécrétion est surtout abondante la nuit. Au réveil, les paupières sont collées.

Cette conjonctivite peut précéder l’éruption, et inquiète le malade, car elle est liée aux phénomènes prodromiques qui s’observent. Le plus souvent, elle accompagne l’éruption. Rarement elle suit les lésions de l'iris ou de la cornée.

Si l’examen de l’œil est possible, on note le gonflement de la muqueuse, en bourrelet autour de la cornée. Dans les formes graves, il est apparu de petites vésicules, surtout au bord de la cornée, qui sont passagères. Elles ne durent que quelques heures. Mais leur infection est fort possible.

La sensibilité de la conjonctive est abolie,

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2° Au niveau de la CORNÉE, qui est « de la peau adaptée à un rôle spécial », il y a souvent formation de vésicules, par plissement de l’épithélium.

L'ulcération qui suit est en coup d’ongle et laisse une irrégularité sur la cornée, d’où dépend une opacification plus ou moins importante, profonde ou étendue.

L'infection secondaire peut mener à la suppuration du segment antérieur de l'œil et provoquer la fonte de l'œil par panophtalmie, ou tout au moins, si l’ulcération est étendue, la réparation se fera incomplètement et l’on observera des opacités, pouvant obliger à l’iridectomie, ou un leucome vasculaire, ne laissant utile que la portion supérieure de la cornée.

S'il n'y a pas d'altération épithéliale superficielle, on peut observer cependant de la kératite parenchymateuse, circonscrite. Cette lésion fut observée par Sulzer, après le professeur Rollet. Elle s'accompagne de photophobie énorme, d'aspect laiteux de la cornée et d’envahissement de la cornée par les vaisseaux. Cette forme disparaît d’ordinaire sans laisser de traces, ou elle provoque un léger trouble cornéen persistant, par lésions profondes.

La sensibilité cornéenne est abolie.

3° Les TROUBLES IRIENS, moins fréquents que ceux de la cornée, peuvent être secondaires à un ulcère cornéen devenu infectieux. Mais on observe l'iritis primitive, latente, avec le cercle périkératique à peine dessiné, de la photophobie, des douleurs. La pupille est paresseuse. L'œil est très douloureux à la pression.

Son évolution, lente, ne laisse que quelques synéchies,

de la paresse de la pupille, qui disparaissent peu à peu,

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Mais on peut observer une iritis grave parenchymateuse, au lieu de cette iritis séreuse. Tout le diaphragme irien est alors envahi, au lieu de la limitation à la face antérieure de l'iris. L'évolution est plus rapide et aboutit à la déformation de la pupille, à l’établissement de synéchies postérieures, même à des adhérences de l'iris avec la capsule antérieure du cristallin.

Cette üiritis grave, le plus souvent, complique la kératite.

On a signalé (Sasportas, Thèse de Paris, 1914) des hémorragies de la chambre antérieure, voire rétiniennes.

Quant à la pupille, ses contractions ne sont pas expliquées. Sulzer invoque des réflexes dus à la douleur. D'’autres pensent à des phénomènes sympathiques.

Hutchinson, Bowmann et Steffan prétendent qu'iritis et kératite « n'apparaissent que lorsque l’éruption est à son summum ou bien quand elle commence à déclinen », et Albert Hybord arrive à ces conclusions :

« Dans le zona ophtalmique, l'iris et la cornée souffrent râärement quand l’éruption ne siège pas sur le territoire des branches du nerf nasal ; ils souffrent habituellement quand tout le côté du nez est envahi : l'iris et la cornée sont d'autant plus exposés à souffrir, et peutêtre à souffrir gravement que l’éruption recouvre tout le côté du nez ou l’aile du nez ».

4° Quant aux PARALYSIES MOTRICES, que l'on rencontre dans le zona ophtalmique, Désirat en a fait l'étude en 1903 (Thèse de Bordeaux, 1903 : Quelques complications du zona ophtalmique).

Elles intéressent soit les nerfs ciliaires, soit le sphinc-

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ter, soit les muscles moteurs de l'œil, et élles peuvent s'associer.

Elles éclatent en même temps que l’éruption ou la suivent de peu. Passant inaperçues, si les troubles provoqués sont légers, elles frappent par la paralysie totale d'un ou plusieurs muscles.

Au niveau de l’œil, c’est la non contractilité à la lumière ou la dilatation continue de la pupille, par paralysie du diaphragme. Cette dilatation de la pupille peut être le seul symptôme de la paralysie du nerf moteur oculaire commun.

C’est ce nerf qui est le plus souvent atteint, puis le nerf moteur oculaire externe, rarement, puis le nerf pathétique, exceptionnellement.

Ces paralysies provoquent la diplopie et un strabisme plus ou moins marqué. Leur pronostic est d'ordinaire bénin, car le plus souvent elles rétrocèdent.

Leur apparition est assez rare. De Wecker et Landolt, en 1880, estimaient à 3 % les cas de zonas ophtalmiques qui en étaient compliqués. Le professeur Rollet éleva la proportion à 7 ou 8 %. D'autre part, M. Rosnoblet, dans son article « Zona Ophtalmique et Paralysies associées » (Journal de Médecine de Lyon, 20 mars 1925), trouve encore une plus grande proportion, et fait remarquer la difficulté de reconnaître ces troubles moteurs en raison du ptosis inflammatoire qui masque le globe oculaire.

Ces paralysies s’observent aussi bien dans les cas de zona ayant envahi tout le territoire du nerf ophtalmique, que dans ceux où l’éruption fut limitée au niveau

d’une seule des branches de ce nerf,

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Age, ni sexe ne paraissent intervenir dans leur apparition, mais, pour Hutchinson, la paralysie irienne est constante lorsqu'il y a lésion de la cornée. Mais la mydriase peut être minime, la pupille seulement paresseuse, et il faut veiller à rapporter, sil y a lieu, ces

troubles à l’iritis, qui se rencontre assez fréquemment.

Nous verrons le point de vue pronostique du zona . Ophtalmique. Dès maintenant, étant énumérés les symptômes, nous notons que sa gravité réside dans les lésions oculaires, et non dans les paralysies qu’il peut provoquer.

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