‹ LéaChapitre 4 sur 15 · LÉA 2T · texte numérisé non relu

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romans et les journaux, il n'est pas toujours possible à un médecin de se prononcer dans un cas semblable. Nous comptions sur vous pour avoir quelques éclaircissements. Je vous en prie, parlez...

— En conscience, monsieur, je ne sais rien. J'ai toujours considéré Geneviève comme une enfant d'une honnêteté absolue... Je croyais savoir tout de sa vie, et cette vie me paraissait parfaitement pure. Chacune, ici, pensait comme moi et vous dira la même chose. Vous recueillerez les mêmes renseignements auprès du professeur Bouchardon, qui a été le maître de Geneviève à la Faculté de Paris.

— En effet, l'accusée a été élève sage-femi^e, nous a dit M™* Jackson... Est-ce qu'elle exerçait?

— Non. Elle n'en aurait d'ailleurs pas eu le loisir.

— Mais enfin, elle avait à sa disposition des instruments de chirurgie... sa trousse d'élève?...

— Je crois... Oui... elle les avait...

— Où cela?

Daisy ne répondait pas. Frédérique, comprenant que toute dissimulation serait périlleuse, dit :

— Monsieur, les instruments de Geneviève sont en bas, dans le laboratoire. On vous les montrera.

— Ah?... Merci, mademoiselle... Nous irons les prendre tout à l'heure. Pour le moment, puisque nous ne trouvons ici aucun renseignement

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sur le mobile du crime, nous allons jeter un coup d'œil rapide dans la chambre de la demoiselle Soubize... Vous nous avez dit qu'elle communique avec la vôtre, mademoiselle Craggs?... Venez... Vous pouvez assister à la perquisition, mesdames.

L'opération dura peu. L'armoire de Geneviève contenait des vêtements, qui furent laissés, ainsi que le linge, après avoir été toutefois soigneusement examinés. On confisqua deux portraits, l'un de Parnell, l'autre de O'Connell, qui décoraient la cheminée. La bibliothèque fut inventoriée. Elle renfermait quantité de brochures révolutionnaires récentes, et aussi une collection de journaux irlandais, datant de plus de vingt années, qui citaient fréquemment le nom de Daisy Craggs. Dans le tiroir de la table à écrire, on saisit enfin toute la correspondance de Geneviève, son journal intime et plusieurs cahiers d'un papier très jauni : c'étaient des conférences ou des programmes de conférences élaborées par Daisy au temps du fénianîsme.

Daisy, interrogée, s'en reconnut l'auteur : elle se défendit de les avoir donnés à Geneviève dans un dessein de propagande.

— Il y a longtemps, pour ma part, que j'ai dit adieu à toutes ces chimères. Quant à Geneviève, elle n'a jamais traversé la Manche : pouvait-elle s'intéresser à cela autrement que d'une façon abstraite, historique?...

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Ni le substitut ni le juge ne répondirent. Ils passèrent un instant dans la pièce voisine et y tinrent conseil avec les commissaires.

— Mademoiselle Craggs, dit M. Courbaraud en rentrant, nous allons être forcés de faire aussi quelques recherches chez vous. Et je ne vous cache pas que nous vous garderons probablement...

— Vous l'arrêtez ? s'écria Frédériquie. Mais qu'est-ce qu'elle a fait? Elle n'a pris aucune part...

— Je n'aurais pas demandé mieux que de ne pas inquiéter M^^® Craggs, répliqua le substitut. Malheureusement, les papiers que nous venons de saisir donnent beaucoup de vraisemblance à l'hypothèse d'un crime politique. Et plusieurs de ces papiers appartiennent à M^^* Craggs.

A partir de cette minute, les représentants de la loi procédèrent à leur besogne avec moins de courtoisie, et presque en silence. De temps à autre, ils se renseignaient d'un ton sec. La perquisition chez Daisy ne fournit, naturellement, aucun indice nouveau. On trouva des papiers insignifiants, des ébauches de traductions et d'articles littéraires, quelques portraits de femmes. La trousse de Geneviève fut alors saisie dans le laboratoire. Ces opérations terminées, Courbaraud dit à l'Irlandaise :

— Veuillez vous habiller, mademoiselle; nous vous emmenons.

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— Bien, dit simplement Daisy. Pensez-vous me garder longtemps?

— Je ne puis rien vous garantir. Cela dépendra de l'instruction. Emportez des vêtements au moins pour deux ou trois jours.

On laissa Daisy seule dans sa chambre avec M^^* Heurteau et Frédérique. Celles-ci voulurent la réconforter.

— Oh! dit l'Irlandaise ne vous occupez pas de moi. J'en ai bien vu d'autres, danis le temps; les prisons ne me font pas peur... Et puis, il me semble que ma petite Geneviève aura plus de courage quand elle saura que je suis arrêtée aussi...

Elle embrassa ses deux compagnes :

— Au revoir, Heurteau; au revoir, Frédérique. Ne nous en veuillez pas trop, à toutes les deux. Geneviève n'est pas responsable... et moi, vraiment, si j'ai eu tort de vous cacher son état, je ne suis coupable que de l'avoir trop aimée.

Une tendre et puissante émotion oppressait le cœur de Frédérique. Elle serra Daisy dans ses bras :

— Ayez confiance, chère. Je m'occuperai de vous. Et je crois que je le pourrai efficacement.

■ — Vrai? Alors, si vous avez quelque influence, pensez d'abord à Geneviève. Sauvez-la, Frédérique!

— Je tâcherai... Je vous le promets.

— Je voudrais dire adieu à Pimitz et à Léa.

Frédérique réfléchit :

— Léa est bien nerveuse en ce moment, ditelle. Je crois qu'il vaut mieux lui épargner cette épreuve. Quant à Pirnitz, je vais l'appeler.

Mais Pirnitz était sortie, quelques instants avant l'arrivée du substitut, du juge d'instruction et des commissaires. Les magistrats commençaient à s'impatienter de tous ces délais.

— Il est temps, mademoiselle, dit assez rudement M. Courbaraud entr'ouvrant la porte.

— Allons! fit Daisy.

— Ne pourriez-vous, monsieur, demanda Frédérique, emmener miss Craggs par la cour du laboratoire, qui donne sur la rue Delormel?

— Soit! fit le substitut.

Un des agents fut dépêché aux fiacres; les cochers reçurent l'ordre de faire le tour des bâtiments et d'attendre rue Delormel. Ainsi Daisy, accompagnée des policiers, sortit inaperçue.

On était en juin; les nouvelles de politique générale chômaient; la Chambre des députés, en fin de session, expédiait quelques lois d'intérêt local. Le crime de la rue du Colisée fournit une pâture alléchante à la curiosité. Toute l'après-midi qui suivit l'assassinat, des, reporters affluèrent rue des Vergers : ils voulaient des détails sur Geneviève, sur Daisy Craggs et aussi sur l'organisation de l'École, sur la vie des maîtresses. Certains portaient en bandoulière des

appareils de photographie et prétendaient en user pour reproduire les visages et les bâtiments. Pirnitz, Frédérique et M^^® Heurteau opposèrent une résistance ferme à leur indiscrétion professionnelle. M^^^ Heurteau s'installa même dans la loge du concierge pour les recevoir sans qu'ils pénétrassent dans TÉcole.

Les journaux du soir publièrent peu de renseignements. Le Temps disait :

ce On n'a pas encore trouvé une explication satisfaisante du crime, mais il paraît bien qu'on est en présence d'un attentat anarchiste. La perquisition faite à l'École, rue des Vergers, par le juge d'instruction, a provoqué la saisie d'une grande quantité de brochures et de placards révolutionnaires. Une autre maîtresse, nommée Craggs, Irlandaise d'origine et ayant pris part, dans son pays, à plusieurs mouvements agraires, a été écrouée à Saint-Lazare... Quant à Geneviève Soubize, elle donne des signes de dérangement cérébral : mais on incline à la croire une simulatrice très habile. y>

Au cours de cette même journée, plusieurs parents d'élèves vinrent s'informer. M^^ Heurteau leur donna des explications si franches, si nettes, qu'ils se retirèrent rassurés. Pour toute personne de bonne foi, le crime de Geneviève était sans relation avec la doctrine et les moeurs de l'École. D'ailleurs, la plupart des élèves étaient orphelines ou abandonnées. Sans excep-

"tion, elles se rangèrent autour des maîtresses, prirent le parti de Geneviève et de Daisy. On les réunit, après le souper, dans la salle des conférences, où naguère Pirnitz avait prononcé le discours-programme de l'Œuvre. Ce fut elle encore qui leur parla :

ce Mes chères en&nts, leur dit-elle, vous êtes, avec celles qui vous enseignent, les membres d'une même famille; vous avez le droit d'être tenues au courant de tout ce qui intéresse la vie de l'École. Eh bien, l'École traverse une crise pénible; il faut que vous l'appreniez afin que vos jeunes âmes se préparent aux événements.

« Notre prospérité suscitait déjà bien des jalousies; bien des volontés hostiles cabalaient contre nous. Nos ennemis guettaient les traverses qui ne manquent jamais aux entreprises longues et importantes. Une première épreuve fut la maladie et la ruine de notre bienfaitrice, de celle par qui l'École existe, — M^^* de Sainte- Parade... La noble femme a perdu sa fortune; elle est paralysée sans espoir de guérison. L'École ne peut plus compter sur ses libéralités. Mais l'École n'en est pas moins vivante, sachezle. Je vous l'assure et je dens à ce que vous en soyez persuadées : malgré tout ce qu'on pourra prétendre, l'École ne mourra pas faute d'argent. Si l'argent se fait rare, nous réduirons nos frais : au besoin, nous travaillerons toutes ensemble

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pour gagner le nécessaire, n'est-ce pas?... (Ouil Oui/ crièrent les élèves.)

ce Aujourd'hui, un autre malheur, plus cruel qu'une perte de fonds, nous atteint. Écoutezmoi : une des fondatrices de notre maison, une de celles que vous aimiez le mieux et qui méritait le mieux votre amour par son intelligence et son dévouement, est accusée d'avoir commis un crime...

(Les élèves crièrent : Ce n'est pas vrail ce nest pas vrail)

« J'ignore si le fait est vrai, continua Pirnitz. J'ai appris aujourd'hui, en même temps que cette affreuse nouvelle, une chose que nous ignorions toutes, sauf W^^ Daisy Craggs : Geneviève Soubize était une malade, sujette à des crises où sombrait parfois sa responsabihté. M"* Craggs, je le déclare hautement devant vous, a eu tort, grand tort, de nous dissimuler l'infirmité de Geneviève. Elle l'a fait par charité discrète : mais voyez, mes enfants, comme toute dissimulation du vrai, même dans une intention pieuse, provoque parfois de redoutables conséquences ! La pauvre Daisy Craggs en est la première victime. Elle est considérée comme la complice de Geneviève, ce qui est -faux, je vous l'atteste : on le reconnaîtra certainement. Geneviève, si elle est coupable, n'a confié son projet à personne et l'a exécuté seule, comme une monomane, comme un pauvre être en état

de somnambulisme. Daisy en a été aussi étonnée et aussi actérée que nous toutes...

ce Voilà, mes chères filles, la vérité. Vous l'entendrez probablement défigurer autour de vous. Ceux qui nous haïssent, parce que nous représentons, sous sa forme libre, la conscience de la Femme, essaieront de tirer parti, pour nous anéantir, de faits malheureux accomplis à notre insu. Nous, fortes de notre innocence, nous résisterons. Nous comptons sur vous pour nous seconder dans cette résistance... (Ouil oui!..,) J'ai le plus ferme espoir que la coalition des jalousies, des cupidités, des haines sectaires, ne prévaudra pas contre nos énergies unies. D'ailleurs, dussions-nous être vaincues, dispersées, dût cette École ne plus connaître la prospérité, eh bien, la semence jetée par nous dans vos coeurs ne sera pas perdue.

ce Tant que l'une de vos maîtresses sera vivante, vous pourrez toujours vous grouper auprès d'elle... Enfin, fussiez-vous seules, séparées de nous, j'ai la confiance que vous resterez ce que nous avons fait de vous : de petites femmes honnêtes, braves, libres. ]o

Toute la jeune assistance en pleurs assaillit l'estrade quand Pirnitz cessa de parler... L'humble apôtre aux membres souffreteux fut entourée, embrassée, caressée par cette foule juvénile, subitement haussée à l'enthousiasme des grandes

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causes. Elles étaient fières, ces fillettes, d'être traitées comme de& femmes, comme des coUar boratrices. En cette minute, Pirnitz eût pu leur commander de s'exposer à la mort, elles y eussent couru avec la joie des catéchumènes. Les maîtresses, les adjointes, gagnées par une égale ferveur, se jetaient dans les bras les unes des autres : ce fut vraiment la communion d'un baiser de catacombes.

Frédérique, dont le puissant organisme commençait à souffrir de tous ces chocs répétés, eut peine à contenir ses larmes, lorsque tant de bras débiles l'enlacèrent et que toutes ces bouches, d'une fraîcheur de fleur, cherchèrent sa joue... Léa elle-même, pâle, les yeux secs, ne put résister. Elle eut un regain d'abnégation, de dévouement pour l'œuvre en péril : elle crut sincèrement qu'elle se reprenait à l'héroïsme.

a Non, pensa-t-elle, je ne serai pas seule à faiblir parmi toutes ces vaillantes... »

Ce fut l'accès suprême, la dernière flambée de charité apostolique où se consuma ce qui restait en elle de la foi superbe, des beaux espoirs suggérés par Pirnitz et Frédérique. Toute cette soirée mémorable en fut réchauffée : pour la dernière fois, Léa s'endormit apôtre, prête au martyre.

Mais quand l'aube la réveilla, vers cinq heures, elle ne retrouva plus dans son cœur que les cendres de cet ardent foyer. Sa froideur lucide l'épouvanta. Elle jugea la scène de la veille au soir.

« Quelle vaine parade !... Pourquoi jouer ainsi avec nos nerfs? » Elle eut la nette vision des lendemains : ce Cette affaire Baftlett va achever l'œuvre. Nos ennemis exploiteront le scandale et nous feront chasser... D'ailleurs, M^^« Heurteau nous trahit... d Léa, sans aucun indice précis, était certaine de cette trahison. <k Oh I ce visage d'énigme, cet arrière-sourire, hier soir, tandis que Pirnitz parlait I... Il faut que je prévienne Frédérique... » Mais aussitôt elle pensa ; « Non... je ne dirai rien... A quoi bon? Tout effort est inutile... L'Ecole est condamnée, quoi que l'on tente I... »

L'instinct de sa conservation, son besoin de bonheur et de liberté clamèrent alors en elle : ce Moi! moil que deviendrai-je au milieu de cette débâcle?... Lutter encore, essayer de rebâtir sur des ruines?... Oh! non... -Je ne crois plus à tout cela. Et puis, j'ai assez fait... j» C'était sa conviction forte et nette qu'elle avait assez donné à l'œuvre, qu'elle avait rempli ses engagements, payé sa dette à Frédérique et à Pirnitz. ce L'œuvre écroulée, mon devoir n'est plus ici... Je me libérerai, je partirai. Je me le jure à moimême... x>

Elle se répéta plusieurs fois ce serment solennel : elle y puisa une énergie sereine qui l'avait désertée depuis longtemps.

Les huissiers, qu'on attendait, ne se montré-

rent pas durant la journée qui suivit le crime. On ne les vit pas davantage le lendemain. En revanche, Pirnitz reçut la visite du sieur Quignonnet, adjoint de Saint-Charles, agent d'affaires. Quignonnet déclara qu'il venait au nom de M. Duramberty. Il exhiba en effet un pouvoir signé de celui-ci, lui remettant ses intérêts dans l'affaire présente.

Il fut poli, presque obséquieux :

— Madame, dit-il à Pirnitz, qui le reçut en l'absence de M^* Heurteau, je vous assure que M. Jude n'est animé d'aucune intention malveillante à votre endroit. Même il compatit à vos ennuis; pour rien au monde il ne voudrait les compliquer par des exigences pécuniaires... Toutefois, les affaires ne se font pas avec des sentiments. Vous deviez verser avant-hier cent cinquante mille francs à titre de cautionnement : vous ne nous avez pas avisés que le dépôt fût fait...

— Il n'est pas fait, monsieur, répondit Pirnitz, et nous attendions une démarche de M. Duramberty pour nous expliquer là-dessus. Nous ne sommes pas en mesure de déposer cent cinquante mille francs : nous ne les avons pas encore. Mais nous offrons le dépôt d'une somme déjà considérable, quatre-vingt-douze mille francs, aujourd'hui même. Nous comptons, je l'avoue, que cette somme paraîtra suffisante à M. Duramberty pour gager un nouveau contrat, dont les conditions seront à discuter.

Quignonnec déclara qu'il ne pouvait prendre sur lui de donner une réponse ferme, qu'Û devait consulter M. Duramberty.

Il revint dans l'après-midi et apporta les propositions suivantes :

« Le contrat signé en 1897 était annulé. Le cautionnement était réduit à quatre-vingt-dix mille francs. Les clauses relatives à l'occupation gratuite du terrain pendant vingt ans, à la reprise des bâtiments par M. Duramberty en cas de dissolution de l'œuvre, étaient maintenues ; seulement, dans ce dernier cas, outre la reprise des constructions, cinquante mille francs sur les quatre-vingt-dix étaient acquis à M. Duramberty à titre de dédommagement. j>

Cette proposition, si avantageuse qu'elle fut pour le puissant voisin, fut accueillie par les membres du comité avec une joie véritable. Ne permettait-elle pas à l'œuvre de vivre, de vivre indéfiniment sans préoccupations financières? Qu'importait à Pirnitz et à Frédérique l'abandon éventuel de cinquante mille francs, inutilisables le jour où l'École n'existait plus? M"® Heurteau opina dans le même sens, ainsi que l'avoué dont on prit les conseils. Un premier accord fut signé le soir même. M^^ Heurteau y apposa sa signature à côté de celle de Quignonnet. Les conditions visées par les mots a dissolution de TËcole » étaient nettement spécifiées : il fallait qu'au moins deux des fondatrices participassent à la

r direction effecrive de TÈcole pour que celle-ci

i' fut considérée comme subsistante... Les fon-

l datrices étaient désignées par leurs noms : Pir-

l nitz, M^^« Heurteau, Frédérique, Léa, Daisy. On

n'osa pas nommer Geneviève. En cas de décès l de l'une d'elles, les survivants élisaient une

r remplaçante qui acquérait aussitôt les mêmes

t' droits.

■ Pimitz dut quitter avant la fin le comité où

[ ces décisions furent prises. Elle était convoquée

t à trois heures à la prison de Saint-Lazare : l'auto-

i risation de voir Daisy Craggs — refusée les

{ jours précédents — lui était enfin accordée. Elle

l put entretenir l'Irlandaise au parloir assez libre-

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