‹ Leçons de thérapeutique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 70 · F = 0,124 G =0,189 ( U'JU · texte numérisé non relu

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Liquide abondant, filtrant facilement; peptones abondantes; pas de réaction des acides gras.

On rencontre des cas d'h yperchlorhydrie encore beaucoup plus prononcée chez des malades ne se plaignant en aucune façon de leurs digestions. J'ai en ce moment, dans mon service, un jeune homme atteint de myélite syphilitique, auquel j'ai dû faire prendre, à diverses reprises, de hautes doses d'iodure de potassium. Cette médication l'a rendu fortement hyperchlorhydrique, et cependant il ne ressent aucun signe de dyspepsie. Voici son état gastrique au bout d'une heure :

Liquide abondant (80 cent, cubes), bien émulsionné, filtrant facilement, peptones assez abondantes, pas de réaction caractéristique.

En général, cependant, quand l'acide chlorhydrique

Indications ressortissant à la gastralgie.

Flatulence.

atteint de telles proportions, il est rare qu'il n'y ait pas, au moins par moments, quelques douleurs stomacales.

Nous arrivons, dans cette étude de la gastralgie, à une conclusion fort analogue à celle que nous avons tirée de nos considérations sur les vomissements. En cas de gastralgie, comme en cas de vomissements , la gastropathie préexistante constitue une prédisposition au développement de l'élément nerveux; plus rarement, elle en est la cause unique et directe. De là, l'indication de s'adresser à la fois à l'état nerveux et à la gastropathie.

Lorsque les douleurs sont un peu intenses, surtout, au moment des grandes crises, les nervins, les sédatifs de la douleur sont indiqués. Il faut appliquer la médication de la douleur, que nous avons étudiée antérieurement, en l'appropriant par le choix des moyens au siège particulier de la manifestation douloureuse. Mais, en même temps, on ne doit pas négliger la recherche des signes de gastropathie, notamment au moyen de l'étude chimique, et en cas de résultat positif, il faut instituer le traitement de l'affection gastrique. L'existence de la gastralgie rendra toujours nécessaire la prescription d'un régime sévère, comprenant les aliments qui produisent la plus faible excitation stomacale. Vous verrez que c'est le lait qui répond le mieux à cette indication, et si quelques malades éprouvent pour cet aliment une répugnance invincible, il est le plus souvent possible de faire disparaître, par des lavages appropriés, cette répugnance, qui est liée habituellement à l'existence de fermentations anormales.

Le dernier symptôme, à proprement parler, gastrique, qui mérite de nous arrêter, est la flatulence, dont

l'élude a été un peu négligée par les auteurs contemporains. Il était regardé, autrefois, comme le signe le plus caractéristique de la dyspepsie dite putride.

La flatulence consiste dans la production de gaz gastro-intestinaux, et s'accompagne souvent de renvois gazeux bruyants par la bouche, et quelquefois aussi par l'anus. Elle s'accompagne de ballonnement plus ou moins considérable de l'estomac et de l'intestin; mais il n'existe pas de proportionnalité entre le ballonnement stomacal et les renvois ou éructations. Chez certains malades, la distension tympanitique est considérable et les renvois peu abondants ; dans d'autres cas, on observe l'inverse : éructations fréquentes sans grande distension gastro-intestinale. La distension commence peu après les repas, et détermine parfois une telle tension de l'estomac et de la paroi abdominale, qu'il u'est possible d'obtenir ni la succussion, ni le clapotage, bien que l'estomac soit dilaté.

Dans quelques cas, le refoulement du diaphragme est assez prononcé pour produire de l'essoufflement, et même des accès rappelant assez ceux de l'asthme pour qu'on ait admis un asthme dyspeptique. Chez d'autres malades, on observe des palpitations de même origine. Les renvois soulagent en général, et font disparaître le ballonnement.

Les gaz sont tantôt fétides, tantôt inodores; c'est dans ce dernier cas qu'ils sont le plus abondants ; ils peuvent alors causer une infirmité des plus pénibles, qui oblige les malades à éviter toute société, et influe par suite d'une manière fâcheuse sur leur état moral.

Ces gaz ont pu, parfois, être recueillis et analysés. On a admis que, dans certains cas, ils proviennent de

l'intestin, les gaz intestinaux passant dans l'estomac, par suite d'une sorte d'incontinence du pylore. Cependant, il est rare d'y constater la présence d'une certaine proportion d'acide sulfhydrique.

Carius, chez un malade de Friedreich, a trouvé, dans es gaz issus de l'estomac, de l'acide carbonique, de l'hydrogène, du gaz des marais, de l'oxygène et de l'azote dont le mélange était inflammable. Dans ce fait, l'analyse chimique montrait l'existence d'une fermentation butyrique. Popoff a décrit un cas analogue; le mélange gazeux, constitué par de l'acide carbonique et de l'hydrogène, était également inflammable.

Un des cas les plus remarquables est celui qu'Ewald et Ruppstein ont fait connaître. Le contenu stomacal renfermait de l'alcool, de l'acide acétique, de l'acide lactique et de l'acide butyrique. Les renvois gazeux étaient constitués par de l'oxygène, de l'azote, de l'hydrogène, de l'acide carbonique, du gaz des marais, et par des traces de gaz d'éclairage ; ils renfermaient, en outre, un peu d'acide sulfhydrique.

Dans les faits où l'on a pu faire l'analyse des gaz, il existait presque toujours une sténose pylorique entraînant, par séjour prolongé des aliments dans l'estomac, un degré notable de fermentation. On ne peut donc rien en conclure touchant la constitution des gaz chez les éructants n'ayant qu'une dilatation modérée, ou même non atteints de dilatation. Chez ces derniers, les gaz sont habituellement inodores, et constitués surtout par de l'air atmosphérique; lorsqu'ils renferment des traces d'acide sulfhydrique, ce qui est rare, il y a coïncidence de troubles intestinaux et passage probable, dans l'estomac, d'une partie des gaz formés dans l'intestin.

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