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QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

MÉDICATION ANTIDYSPNÉIQUE (SUITE)

Médicaments (suite) : iodures (fin) ; acide iodhydrique ; éther, chloroforme, chloral, bromure de potassium, iodure d'éthyle; grindelia robusta; pyridine; quebracho; lobélie; euphorbia pilulifera; acide cyanhydrique et laurier-cerise; inhalations d'oxygène; morphine; cocaïne; inhalations d'acide carbonique; ciguë; solanées vireuses.

Messieurs,

L'élude pharmacodynamique des iodures, faite dans notre précédente leçon, a dû vous laisser cette impression, à savoir que, malgré les efforts de quelques expérimentateurs, il est impossible quanta présent d'expliquer, à l'aide des effets physiologiques de ces agents, les résultats thérapeutiques qu'on en obtient. Cette particularité n'est pas unique dans l'histoire des médicaments ; mais elle tend à constituer une exception de plus en plus rare au fur et à mesure que nos moyens d'observation se perfectionnent. Les iodures ne sont pas d'ailleurs d'une toxicité marquée. Puche a pu en faire prendre de hautes doses dans la syphilis et récemment Haslund a fondé un traitement du psoriasis sur l'emploi quotidien de doses s' élevant jusqu'à 40 et 50 grammes. Dans deux cas de cette affection, publiés par M. de Molèdes, un des malades a pu prendre, sans en éprouver d'accidents, 1117 grammes de Kl en neuf semaines, et l'autre 1751 grammes du même agent en soixante-div jours.

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L'usage de l'iodure potassique, même à close faible, peut cependant déterminer quelques accidents.

Les phénomènes décrits sous le nom iïiodisme aigu se réduisent, le plus habituellement, à quelques manifestations locales, dues à l'irritation que l'iode peut provoquer au niveau de certains points d'élimination.

La muqueuse nasale est un de ces points d'élection. Elle devient le siège d'un coryza iodique caractérisé par une céphalalgie frontale et une sécrétion abondante, très fluide, accompagnée d'une odeur d'iode manifeste. Exceptionnellement le développement du coryza se complique d'un œdème plus ou moins accentué des paupières et de la face.

On observe plus rarement des manifestations analogues du côté de la conjonctive (conjonctivite iodique), au niveau du pharynx (angine avec salivation) ou du côté de l'arbre aérien (toux iodique).

Certaines personnes présentent à cet égard une prédisposition telle que les petites doses de 0,50 les impressionnent.

Ce sont encore, pour Rossbach et Nothnagel, les impuretés du médicament qu'il faudrait mettre ici en cause.

L'état des muqueuses paraît cependant, même lorsque le produit ingéré est pur, prendre une certaine part dans le développement des accidents. Ehrlich pense que, dans cerlainscas, les sécrétions (celles du nez par exemple!, renferment des azotites donnant naissance à de l'acide nitrique et par suite à une décomposition de l'iodure. Aussi a-t-il proposé l'emploi de l'acide sulfanilique qui possède la propriété de fixer les azotites, pour combattre les accidents iocliques.

Ceux-ci peuvent se montrer avec tous les iodures;

je les ai observés à la suite de l'ingestion de protoiodure de fer.

Les manifestations cutanées, plus tardives que les précédentes, auraient pour origine la décomposition des iodures par les acides gras de la peau (Rôbrig). tilles sont érythémateuses, pustuleuses ou acnéiquesr parfois purpuriques. L'usage de bains fréquents peut les prévenir ou les faire disparaître.

Je ne ferai que signaler quelques accidents plus rares : l'œdème de la glotte, qui malheureusement s'est terminé parfois d'une manière fatale ; les éruptions anomales, telle que les nodosités iodiques douloureuses (Hallopeau), le pemphigus ; les douleurs lancinantes ou les fourmillements dans les extrémités inférieures. Notons encore un cas de parésie unilatérale (Hallopeau) ; quelques exemples de lièvre iodique.

Dans diverses observations, les accidents ont paru être imputables à l'existence d'un mal de Bright avancé dans son évolution. Mais il n'est pas inutile de faire remarquer, à ce propos, qu'Atkinson considère le traitement ioduré comme une cause possible de la fréquence de la sclérose rénale avec albuminurie chez les syphilitiques.

Contre l'iodisme on a essayé, outre l'acide sulfani- Lique, à la dose de 4 à 6 grammes, la belladone (Aubert), le bromure de potassium (Noms), le bicarbonate de soude.

Emploi théru- La médication de la dyspnée par l'iodure do potaspede3UC sium a été insliUlée par Trousseau, en cas d'asthme, iodures. Elle a été vantée surtout par Hyde Satler, par Leyden et avec une certaine froideur par S. Ringér.

Dans ces dernières années elle a trouvé en M. G. Sée un promoteur convaincu. Entre ses mains l'iodure de

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potassium se serait montré efficace non seulement dans l'asthme, mais aussi dans la dyspnée des bronchitiques, des emphysémateux, des cardiaques.

Et, de fait, ce médicament peut être considéré comme capable, dans certains cas, de produire des effets manifestes.

D'après M. G. Sée le bénéfice qu'on en retire se rapporterait : 1° à la liquéfaction des produits du catarrhe bronchique ; 2° au développement d'une hypérémie pulmonaire qui supprimerait la stase du sang veineux ; 3° à une irrigation plus active du cœur, capable de relever et de tonifier l'action cardiaque.

L'iodure de potassium se prescrit à la dose de 0,50 à 3 grammes.

Il est indispensable de débuter par une faible dose pour se mettre en garde contre certaines suscep tibilités individuelles, bien que souvent de fortes doses soient d'emblée tolérées.

Dans la dyspnée, la dose active est de 2 grammes. Le médicament doit être pris aux repas, en solution aqueuse ou dans de la bière ou du cidre. L'administration doit en être continuée longtemps, mais coupée par quelques intervalles de repos. Elle n'est pas pour l'estomac aussi inoffensive qu'on le croit généralement.

Quelques médecins ont proposé de remplacer le Kl par le Nal qui, en tout cas, doit être prescrit à dose un peu plus élevée. Sur ce point les opinions sont fort partagées. Tandis que Rossbach et Nothnagel n'admettent la supériorité du Kl que dans la syphilis et dans les états hyperplastiques simples des glandes et de la thyroïde, M. G. Sée soutient, au contraire, que l'iodure de sodium ne peut remplacer le Kl dans la dyspnée. Pour le moment, on peut dire que si le dernier a fait

ses preuves, il est loin encore d'en être de même pour l'iodure de sodium.

A. ide Signalons, pour être complet, un autre succédané de iodhydrique, i'j0(jur.e potassique. Buchanan (de Glasgow) a proposé, à cet effet, l'acide iodhydrique administré sous forme de sirop.

On éviterait ainsi les troubles gastriques et les phénomènes d'iodisme.

L'acide iodhydrique se donne à la dose de trente gouttes en cas d'asthme; le sirop doit contenir 1 p. 100 d'acide iodhydrique absolument pur. Chez bon nombre de malades cette préparation aurait été plus efficace que l'iodure de potassium (Atkinson).

Nervinà. Si l'action de l'iode et des iodures sur le pouvoir excito-moteur du centre respiratoire ne peut être envisagée que comme une hypothèse, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'un assez grand nombre de nervins exercent incontestablement une influence de ce genre.

L'éther, le chloroforme, le chloral, le bromure de potassium, que nous avons déjà étudiés, doivent sans doute leur efficacité dans la dyspnée à une action centrale.

Les deux premiers (éther et chloroforme) n'interviennent que pendant l'accès. 11 suffit parfois, pour le prévenir ou pour le calmer, de faire avaler une ou deux perles d'éther ou une certaine quantité de sirop d'éther.

Les inhalations de chloroforme doivent être réservées en cas d'échec des autres moyens pour combattre la toux et les dyspnées spasmodiques, dans l'asthme ou dans les accès des emphysémateux. On pourra tout d'abord faire l'essai des inhalations d'iodure d'éthyle,

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à la dose de cinq à dix gouttes versées sur un mouchoir, suivant la pratique de M. G. Sée.

Le chloral est particulièrement approprié à la médication de l'asthme vrai, et utilisé soit au moment des accès, soit en dehors d'eux pour combattre la disposition aux crises.

Il peut entrer, en cas de bronchite, dans diverses associations.

Voici un exemple de mixture complexe empruntée à A. S. Davis:

Hydrate de chloral 15

Chlorhydrate d'ammoniaque 10

— de morphine 0,20

Sulfure doré d'antimoine 0,15

Extrait de grindelia robusta 45 à 60

Eau distillée, q. s. pour faire 120.

Toutes les trois à six heures une cuillerée à thé dans de l'eau chaude.

N'abusez pas de ces associations médicamenteuses dont on peut dire, tout au moins, que l'utilité est fort contestable.

Le grindelia robusta, qui ligure dans la précédente foi- Grindelia mule, est une composée (série des astériées) , originaire roousta de la Californie. Cette plante a été recommandée par les médecins américains dans l'asthme et dans la bronchite. On en fait prendre 3 à 5 grammes d'extrait fluide par jour, en potion.

Parmi les agents médicamenteux qui peuvent être également considérés comme dépresseurs du pouvoir excito-moteur de la moelle, il convient de signaler la j»\ ridine, le quebracho, la lobélie.

La valeur du tabac dans les affections spasmodiques, Taba telles (pic l'asthme gloltique, l'asthme vrai, la coque- Pyndine. luche, était restée incertaine, quand un des principes

contenus dans la fumée du tabac, la pyridine, fut in- Lroduil en thérapeutique.

La pyridine, C5H5Az, est la Lriaminede bases homologues naissant en même temps qu'elle dans le coin s de la distillation sèche de diverses matières organiques. Elle a été découverte par Anderson dans l'huile animale de Dippel et trouvée, plus tard, dans le goudron de houille, dans les produits de la distillation de la tourbe et dans la fumée du tabac.

Elle est extraite des huiles pyrogénées. La pyridine est un liquide très mobile, incolore, répandant une odeur spéciale, très pénétrante, miscible à l'eau en toutes proportions, de réaction alcaline. C'est' à cette base que les cigarettes dites antiasthmatiques devraient leurs propriétés (G. Sée).

Bochefontaine, en étudiant ses effets physiologiques, l'a trouvée douée d'un faible pouvoir toxique. La pyridine diminuerait, d'après lui, l'action réflexe de la moelle et manifesterait une tendance à paralyser le centre respiratoire. lia vu chez le cobaye le cœur continuer à battre, alors que la respiration était arrêtée. La perte de l'excitabilité des centres serait démontrée chez le chien par l'absence d'augmentation de la pression sanguine à la suite de l'excitation du bout central du vague, lorsque au préalable on a injecté à l'animal 1 gramme de nitrate de pyridine et obtenu ainsi un abaissement de la pression.

Pour utiliser la pyridine, M. G. Sée en fait verser l à 5 grammes dans une assiette qu'on place à côté du malade dans une petite chambre bien close. L'inhalation de l'air chargé de vapeurs médicamenteuses (lin e vingt à trente minutes et est renouvelée trois fois par jour. L'oppression diminue et, au bout d'environ une

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heure, il survient un certain degré de somnolence.

Les quelques cas de guérison ou d'amélioration cités par M. G. Sée concernent des asthmatiques, des emphysémateux et des cardiaques. Neff et depuis quelques autres médecins ont également obtenu de bons résultats des inhalations de pyridine dans différents cas de dyspnée. J'ai eu l'occasion de constater plusieurs fois la valeur réelle de ce médicament, comme antidyspnéique, mais je fais des réserves relativement à ses propriétés curatives.

Le quebracho, q. aspidosperma , blcuico (apocynées), arbre commun dans la République argentine, fournit une écorce très dure qui est employée en décoction par les indigènes de l'Amérique du Sud contre les accès de fièvres palustres. Il importe de se servir exclusivement de la variété blanco.

Cette drogue renferme deux alcaloïdes principaux : Yaspidosperm'me obtenue par Fraude et la quebrachine isolée plus récemment parO. Hesse.

h'aspidospermine, C2-H30Az2O2, se présente sous la forme de petits cristaux prismatiques, blancs, faiblement solubles dans l'alcool et l'éther, très peu dans l'eau; mais donnant des chlorhydrates et des sulfates très solubles dans ce liquide.

La quebrachine revêt l'apparence d'aiguilles délicates, incolores, jaunes au soleil; elle est d'une grande amertume, très faiblement soluble dans l'eau, un peu plus dans l'alcool et l'éther.

0. Hesse a encore retiré du quebracho l'aspidospermatine, laspidosamine, l'hypoquebrachine et la quebracbanine.

On utilise imssi, en thérapeutique, le quebracho Colorado (rouge) de la Camille des térébinthacées.

Il renferme surtout du tanin et une certaine proportion d'une base désignée par 0. liesse sous le nom de loxoptérygine.

Les effets physiologiques du quebracho blanc et des principes qu'il renferme, étudiés par Penzoldt, Gutmann, Harnack et Hofmann, etc., consistent en une paralysie motrice respiratoire accompagnée de troubles de la circulation.

Chez l'homme on a observé, avec les closes thérapeutiques, une aisance plus grande de la respiration.

Les études qui ont été faites avec les divers principes actifs ont fourni des résultats assez variables. A la suite de leur long travail Harnach et Hofmann ont été amenés à considérer ces agents thérapeutiques comme des dépresseurs de l'irritabilité du centre respiratoire et à les rapprocher de l'acide cyanhydrique et de la morphine. Leur emploi serait moins dangereux que celui de l'acide cyanhydrique et aurait sur celui de la morphine l'avantage de déterminer moins d'effets accessoires.

D'après MM. Eloy et Huchard tous les principes du quebracho auraient la propriété d'abaisser la température ; le plus actif à cet égard serait la quebrachine; l'aspidospermine serait la seule base douée de propriétés antidyspnéiques.

En général, on s'accorde à reconnaître que l'indication du quebracho est corrélative de la dyspnée d'origine non mécanique.

Dans ces dernières années ce médicament a été essayé dans les cas les plus divers. 11 a réussi à diminuer la dyspnée dans l'asthme, dans l'emphysème, dans les maladies du cœur, parfois aussi dans la phtisie. Malheureusement le bénéfice qu'on en a obtenu a été éphé-

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mère. Pour les uns, il serait le meilleur antidyspnéique dans les lésions cardiaques ou pulmonaires (Mariani y Larrion), tandis queMM.Huchardet Eloy ne l'ont trouvé efficace que dans les dyspnées dites essentielles.

On peut prescrire l'extrait fluide de quebracho à la close de 0,50 à 4 grammes par jour ou bien la teinture à la même dose. Maragliano, MM. Huchard et Eloy ont fait prendre jusqu'à 10 grammes de cette dernière. L'aspidospermine du commerce, qui est impure et contient tous les autres alcaloïdes du quebracho, a été essayée à la close de 5 à 15 centigrammes par jour.

Quelques tentatives d'injections hypodermiques ont été faites avec les sels solubles.

La lobêlie [lobelia inflata) ou tabac indien (campanulacées, tribu des lobéliées) est une plante herbacée, annuelle, qu'on trouve dans l'Amérique du Nord, au Canada et au Mississipi.

Elle est employée entière et est très vénéneuse.

Le principe actif, la lobêline, obtenu par Procter, est une substance volatile, de la consistance du miel; elle est combinée dans la plante à l'acide lobélique (Procter et Pereira) .

Au point de vue physiologique la lobélie détermine des effets analogues à ceux de la nicotine. Gubler a observé chez le chat des vomissements avec les petites doses (1 cent.), et avec des closes cinq à six fois plus fortes, de la prostration, de la résolution musculaire, et une dilatation des pupilles.

Lalobéline n'a été guère étudiée que par Ott, dont les expériences ont porté sur des grenouilles et des lapins.

Cet observateur a obtenu une paralysie des nerfs moteurs, avec dépression de l'excitabilité médullaire, sans modification des propriétés des nerfs sensitifs,

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ni dos muselés. Les mouvements volontaires deviennent incoordonnés, puis ils sont abolis.

La lobéline produit encore d'autres effets : après avoir ralenti le pouls, elle l'accélère; elle fait baisser temporairement la pression sanguine, pour l'élever plus tard, et à haute dose, elle paralyse le centre vaso-moteur de la moelle. De même que la conine et que la nicotine, elle accélère les mouvements respiratoires, phénomène qu'il est possible d'empêcher par la section des nerfs p neumogas triques .

Enfin, elle abaisse la température.

Les effets qu'elle détermine chez l'homme ont été décrits par Gubler, Barraillier (de Toulon) et par Oit. Ce dernier les a étudiés sur sa propre personne. Ils sont assez complexes.

La lobélie développe dans la bouche une sensation Acre et désagréable, elle produit de la sécheresse de la gorge et des picotements au niveau des muqueuses cavitaires ; une eonstriction du pharynx, du larynx, puis du thorax, accompagnée d'une gène respiratoire, des irrégularités des battements cardiaques et une diminution de la fréquence du pouls ; de la dilatation pupillaire; de la céphalée, de la somnolence, de l'engourdissement cérébral (Baraillier). Gubler a noté des fourmillements sous la peau, des douleurs lancinantes dans les voies urinaires, des sueurs profuses et une grande prostration. Il faut ajouter, à cette liste déjà longue, des nausées, des coliques, de la diarrhée comme avec la nicotine.

La mort a lieu dans les convulsions après le développement d'une horrible rigidité tétanique des muscles de la respiration.

Comme les doses faibles et filées favorisent, au con-

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traire, l'expectoration et amènent du calme dans la respiration, quand celle-ci est spasmodique, on a utilisé le médicament dans la dyspnée.

En Amérique on l'emploie comme vomitif. Ses effets antidyspnéiques ont été vantés d'abord par Cuttler, Andrew, Elliotson, Michea. Pour Baraillier la lobélie paraît particulièrement indiquée dans la dyspnée de cause organique, et en effet, Fourrier (de Compiègne), Parrot, l'ont trouvée peu efficace dans l'asthme. On s'en est servi avec avantage dans l'asthme cardiaque (Fourrier) et même dans la phtisie pulmonaire.

La lobélie est généralement administrée sous forme de teinture. La dose de cette préparation est de 2 grammes par jour en potion, par fractionnement. On peut la faire entrer dans diverses associations, et la donner notamment en même temps que l'iodure de potassium (Dujardin-Beaumetz, C. Paul).

Les doses de lobéline sont de 5 à 40 centigrammes pour les adultes, de 1 à 5 centigrammes pour les enfants (Silva Mines).

Notre attention doit maintenant se porter sur Y eu- Euphorbia phorbia pilulifera (euphorbiacées). Cette plante habite Pilulifc*'< les deux continents de chaque côté de l'équateur; mais elle provient en général, en droguerie, de l'Australie. Populaire dans les régions tropicales contre l'empoisonnement parle venin des serpents et contre diverses maladies, entre autres celles des voies respiratoires, elle a attiré l'attention d'abord de M. lYla.rsset (thèse de 1884), puis de Reber. Le principe actif qu'elle renferme probablement n'a pas été déterminé.

L'extrait, étudié par M. Marsset, est toxique pour la grenouille à la, dose de 10 à l.ri centigrammes ; pour le cobaye, à celle de 50 à 60 centigrammes.

G. Hatbm. — IV. 41

Apres avoir accéléré la respiration et les battements du cœur, cette préparation ralentit l'une et l'autre de ces fonctions, et paraît exercer une action directe sur les centres respiratoires et cardiaques. Son étude physiologique mériterait d'être poursuivie.

Chez l'homme les préparations iïeuphorbia pilulifera irritent la muqueuse gastrique ; elles n'ont été envisagées qu'au point de vue de leurs effets thérapeutiques. Ceux-ci se feraient sentir dans la dyspnée d'origine asthmatique ou cardiaque (Tison). Matheson (de Queensland) a également vanté l'euphorbia pilulifera dans l'asthme ; mais depuis les observations confirmatives ou contradictoires ne se sont guère multipliées.

On peut utiliser la décoction faite avec 15 grammes de plante sèche dans 2 litres d'eau, à la dose de 3 à 4 verres à bordeaux par jour (Tison) ; la teinture, à la dose de X à XX gouttes; l'extrait hydroalcoolique, à la dose de (F, 10. M. Petit a préparé un sirop qui renferme 0er,05 d'extrait par cuillerée à bouche.

Le médicament doit être pris, en dilution suffisante, avant le repas ; on peut en faire alterner l'usage avec celui de l'iodure potassique, cyaniques. Parmi les autres principes qui influencent le centre respiratoire, il faut citer encore l'acide cyanhydrique et le laurier-cerise, qui est d'ailleurs un cyanique assez énergique.

Les faits thérapeutiques montrent cependant que les cyaniques sont plus efficaces contre la toux que contre la dyspnée.

inhalation. Enfin, pour compléter cette liste, rappelons que les d'oxygci e. inhalations d'oxygène, en augmentant la teneur dusàng en oxyhémoglobine, diminuent l'excitabilité des centres respiratoires et le besoin de respirer. Elles luttent

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d'ailleurs, malheureusement d'une manière forcément passagère, contre l'asphyxie d'origine dyspnéique.

Un certain nombre de médicaments, tout en exerçant parfois une action centrale, paraissent avoir pour principal effet de calmer l'excitabilité des nerfs sensitifs, et par suite répondent à l'indication corrélative aux dyspnées d'ordre réflexe.

En tète de ces médicaments vient se placer l'opium et surtout la morphine dont les effets centraux sont indéniables, mais qui doit peut-être en grande partie ses propriétés antidyspnéiques à son action sur les nerfs sensitifs et dans le cas actuel sur le pneumogastrique.

Toujours est-il que la morphine est le meilleur moyen à utiliser pendant les accès : 0,005 à 0,01 suffisent parfois pour amener une sédation bienfaisante. Les excellents effets qu'on en peut obtenir sont mis chaque jour à contribution dans toutes les formes de dyspnée, voire même dans l'asthme vrai. On doit être cependant circonspect en présence d'un cas chronique à cause du danger de la morphinomanie.

Chez certains malades l'association de l'atropine à la morphine a paru donner de meilleurs résultats.

C'est probablement aussi en raison de son action sur les nerfs sensitifs que le salicylate de cocaïne a fourni quelques succès relatés par Beschorner et par Mosler. Ce sel s'emploie à la dose de 0,04 en injections sous-cutanées.

La. dyspnée a parfois pour origine les fosses nasales. Elle ne paraît pas dans ces cas purement mécanique, mais en même temps d'origine réflexe. Lorsqu'on constate une hypertrophie de la muqueuse des cornets ou simplement une tuméfaction de ces parties,

Opium et

morphine.

Atropine.

Cocaïne.

l'attouchement de la muqueuse boursouflée avec de la cocaïne fait cesser la dyspnée; mais lorsque l'insensibilité de la partie malade a été ainsi obtenue, il est jiécessaire, pour couper court à l'affection, de pratiquer une ou plusieurs cautérisations au thermo-cautère. En cas de néoplasme des fosses nasales, l'enlèvement des produits morbides fait également cesser les phénomènes dyspnéiques. Toutes les muqueuses accessibles, hyperémiées et excitables, qui peuvent être le point de départ de phénomènes réflexes analogues, celle du larynx, par exemple, seront utilement traitées par les attouchements à la cocaïne. La solution dont on se sert en pareil cas est habituellement faite dans la proportion de 10 p. 100.

Acide carboni- A côté de l'emploi local de la cocaïne, on peut plaque. cer jes in[ia]ations d'acide carbonique que M. Ed. Weill a proposées en s'inspirant des expériences de M. Brown-Séquard sur les effets inhibitoires résultant de Tinsufllation de ce gaz dans le larynx.

Les inhalations d'acide carbonique se pratiquent avec l'appareil qui sert aux inhalations d'oxygène (par exemple, celui de M. Limousin). Elles déterminent au bout de quelques minutes (2 à 5,, après l'inhalation de 4 à 5 litres de gaz, une anaLgésie du larynx. M. Ed. Weill a employé ces inhalations surtout chez les tuberculeux et dans quelques cas de dyspnée urémique. Les faits qu'il a annoncés ont été confirmés par M. Chavannes qui, de plus, a observé des effets avantageux dans la dyspnée des cardiaques, mais a échoué dans ses tentatives chez les malades atteints de coqueluche.

Ci„uë La ciguë et son principe actif (conine, conicine) mé-

ritent d'èLre cités parmi les médicaments capables

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d'agir par voie réflexe. Ils paraissent, en effet, diminuer la sensibilité des pneumogastriques.

Les autres nervins antispasmodiques, tels que la belladone (atropine), l'iiyoscine (iodhydrate) agissent suivant un mode encore mal précisé.

Les feuilles de sauge et de datura, qui entrent dans la composition des cigarettes antiasthmatiques, calment vraisemblablement l'excitabilité des extrémités nerveuses s 'épanouissant dans les muqueuses des voies aériennes. L'action analogue, produite par le papier nitré n'est pas expliquée.

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