‹ Leçons de thérapeutique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 64 sur 70 · M INDICATION DE L'URÉMIE · texte numérisé non relu

M INDICATION DE L'URÉMIE

Lie d'obtenir une survie de plusieurs semaines ou de plusieurs mois.

La saignée générale est alors contre-indiquée. En cas ' de phénomènes congestifs, on devra se contenter défaire appliquer des ventouses sèches sur la région lombaire. On insistera particulièrement sur l'emploi des purgatifs, dans la mesure permise par l'état du tube digestif. En même temps, on fera faire des inhalations d'oxygène. Lorsque le cœur est défaillant, dilaté, la caféine, la théobromine serontindiquées de préférence àladigitale.

Dans quelques cas, en apparence fort graves, la morphine a donné des résultats inespérés. Stephen Mackenzie a publié, en 1889, deux observations qui tendent à le démontrer. Dans la première, chez un malade atteint de dyspnée urémique chronique, on avait essayé sans succès le nitrite d'amyle, l'alcool et l'éther. Une injection d'un peu moins d'un centigramme de chlorhydrate de morphine amena rapidement la cessation de la dyspnée et une survie de trois mois pendant lesquels d'autres attaques de dyspnée furent calmées de la même manière. L'autre observation est analogue.

Malgré les faits de ce genre, je répète encore qu'il faudra toujours être très prudent dans l'emploi de la morphine.

La variété d'urémie dont nous parlons ici est le plus souvent remarquable par la prédominance des phénomènes gastro-intestinaux. La langue se couvre d'un enduit plus ou moins épais, il survient de l'anorexie, l'haleine et parfois tout le corps prennent l'odeur ammoniacale. En même temps se montrent des vomissements aqueux, souvent très abondants ou tout au moins répétés; la diarrhée alterne avec la constipation ou s'établit d'une manière permanente.

Vous savez que Frerichs a cherché à expliquer l'urémie par la transformation de l'urée retenue dans l'organisme en carbonate d'ammoniaque. La théorie de Fammoniémie a dû être repoussée; nous avons vu qu'elle est cependant susceptible d'expliquer en partie les phénomènes d'irritation locale. Le trailement inspiré par l'hypothèse de Fammoniémie est donc logiquement utilisable contre les troubles digestifs.

On a préconisé l'eau chlorée, l'acide benzoïque, les lavements et les lotions vinaigrés dans le but de provoquer la formation de chlorhydrate, de benzoate et d'acétate d'ammoniaque. Ces pratiques sont considérées comme rationnelles par MM. Lecorché et Talamon.

Pour mon compte, je dois répéter ici que je me suis bien trouvé des lavages stomacaux en cas de vomissements abondants, et j'ajoute que j'ai prescrit avec avantage contre la diarrhée la limonade lactique (8 à 12 gr. d'acide lact. p. 1000).

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