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cinctes sur 1 anatomie pathologique de 1 anémie. Mais générales, l'étude de la lésion ne permet pas à elle seule de poser les indications thérapeutiques. Il est indispensable de s'inquiéter également de la détermination du processus qui préside à la réalisation des modifications du sang. Cette difficile question se rattache étroitement à celle de la formation et de la rénovation du sang, et sur ce point encore, je ne puis vous énoncer que des considérations générales et sommaires. Nous aurons surtout à nous occuper de la rénovation du sang chez l'adulte ou du moins après la naissance.
En raison du rôle particulier et de première importance qu'il joue dans la nutrition générale, le sang est en voie incessante d'évolution. C'est la partie la plus changeante et la plus active de l'organisme. Voilà un premier fait qu'il ne faut jamais perdre de vue.
Constamment un certain nombre d'éléments du sang se détruisent et sont remplacés par des nouveaux qui doivent trouver dans l'organisme les matériaux nécessaires à leur développement complet. Le sang le plus normal présente des particularités anatomiques ne permettant pas de douter de cette perpétuelle mutation. Les recherches que j'ai poursuivies m'ont permis de démontrer qu'elle se fait par l'intermédiaire de ces petits corpuscules auxquels j'ai donné, pour ce motif, le nom à' hématoldastes. Chez les ovipares dont les glo-
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billes rouges sont nucléés, les liémaioblastes sont également des cellules nuclëées, et j'ai pu démontrer, à l'aide de preuves tirées de l'anatomie et de la physiologie comparées des éléments du sang, qu'il y a similitude entre les hématoblastes corpusculaires des animaux supérieurs et les hématoblastes nucléés des animaux à globules rouges nucléés.
La richesse du sang humain en hématoblastes, c'està-dire en élémentsde rénovation, est relativement considérable. On compte chez l'homme adulte environ 5 millions d'hématies — un peu moins chez la femme
— 250 000 hématoblastes; de sorte que le rapport N
— =20, ce qui veut dire que, normalement, il y a un H
hématoblaste contre 20 globules rouges.
Le remplacement des hématies détruites se fait par le développement et la transformation des hématoblastes. Cette opinion que je défends depuis longtemps n'a été acceptée jusqu'à présent que par un petit nombre d'auteurs. Elle tend cependant à se vulgariser. On lui oppose la théorie de la formation du sang par la moelle des os et par la rate, soutenue par Neumann, Bizzozero et depuis par beaucoup d'autres observateurs. Ces organes peuvent effectivement produire des cellules à contenu hémoglobique. Ils sont très actifs chez l'embryon et sont secondés à cette époque par le foie. Mais, tout en admettant qu'avant la naissance, chez l'homme, le foie et même la rate cessent d'exercer leur fonction hématopoiétique, on suppose que dans la moelle des os cette fonction continue pendant toute la vie.
D'après mes propres études, la fonction hématopoiétique de la moelle des os est temporaire comme celle du foie et de la rate, mais susceptible de reprendre
. MÉDICATION DE L'AMÉMIE.! 2ob
une certaine activité dans quelques conditions pathologiques. Lorsqu'elle se réveille, aux lésions habituelles de l'anémie, vient s'ajouter la présence dans le sang de cellules hémoglobiques nucléées. La rate peut dans certains cas participer au processus, notamment dans la leucocythémie.
Dans les anémies indépendantes de cette dernière maladie, les globules rouges à noyau du sang sont de provenance médullaire et toujours fort peu nombreux.
On peut en voir apparaître quelques-uns dans l'anémie aiguë post-hémorragique, lorsque les pertes de sang ont été considérables. Mais dans l'aglobulie chronique, on n'en trouve que dans les cas où l'anémie a atteint le quatrième degré. Us indiquent un effort extrême de réparation, une sorte de lutte contre un état des plus graves.
Le processus normal de rénovation sanguine est le processus hématoblastique. C'est lui qu'on excite à un degré si remarquable par le seul fait d'une saignée, ainsi que vous avez pu en juger par les documents rassemblés dans mes leçons de 1881 . Mais il est également influencé dans un grand nombre d'autres circonstances dont l'examen rapide nous permettra de prendre connaissance des conditions étiologiques générales de l'anémie.
Le mouvement nutritif du sang, constitué d'une part par une destruction, de l'autre par une rénovation d'éléments, est plus ou moins intense aux diverses périodes de l'existence. Cette particularité montre déjà par elle seule pourquoi les anémies apparaissent de préférence à certaines époques de la vie.
Au moment de la naissance, le sang humain est très riche et, à en juger par les diverses formes anato-
miques qu'il contient, il est en évolution active. Au bout de peu de jours le sang s'appauvrit et l'alimentation lactée du nourisson semble peu favorable au maintien d'un chiffre élevé de globules rouges. Les matériaux de cette alimentation servent d'ailleurs à l'accroissement rapide des organes, de sorte que chez les nouveau-nés et même chez les enfants du premier âge, le système lymphatique l'emporte sur le sanguin. Aussi les enfants sont-ils d'une grande sensibilité aux hémorragies et présentent-ils souvent un sang pauvrement constitué.
Cet état d'infériorité relative s'atténue, en général, pendant la seconde enfance, lorsqu'il ne survient aucun trouble dans la santé. A cette époque l'enfant est surtout exposé aux maladies éruptives et à diverses causes d'affaiblissement déjà signalées à propos de la médication reconstituante générale. Il est rare, cependant, que l'anémie, d'ailleurs fréquente dans ces circonstances, dépasse une intensité modérée.
Nous arrivons ensuite à l'âge particulièrement critique de la puberté, où la prédisposition aux anémies dites spontanées est des plus évidentes. Cette prédisposition prend naissance par suite de l'emploi des matériaux de nutrition au développement du corps et à l'établissement de nouvelles fonctions, parfois aussi elle a pour substratum anatomique un retard dans le développement du système vasculaire entraînant à sa suite une diminution relative de la masse sanguine.
C'est dans ces conditions particulières que survient la chlorose, type nosologique le mieux connu des anémies protopathiques.
La chlorose n'est pas spéciale à la jeune fdle ; elle
est très fréquente aussi chez les garçons, mais l'anémie n'acquiert un haut degré que chez la femme.
Après l'achèvement du développement corporel, les dépenses des matérieux nutritifs sont plus restreintes. Le sang paraît se former et s'entretenir facilement. Il se maintient dans une sorte d'équilibre qui ne peut guère être troublé que par diverses maladies, et il montre en cas d'hémorragies un remarquable pouvoir de réparation. Aussi l'âge adulte est-il presque exclusivement celui des anémies symptomatiques. Dans quelques circonstances, rarement réalisées chez nous, on voit naître cependant la plus grave des anémies désignée sous le nom d'anémie pernicieuse progressive.
Au déclin de la vie, chez la femme, l'âge critique de la ménopause peut jeter une certaine perturbation dans la rénovation sanguine, et susciter un état anémique, sorte de chlorose tardive de la ménopause.
Enfin chez le vieillard les fonctions sont ralenties et la formation du sang est moins active. Mais, d'autre part, il n'y a ni destruction ni dépenses exagérées. Aussi la résistance aux pertes de sang est-elle très amoindrie, tandis que les cas d'anémie spontanée sont d'une grande rareté. C'est encore l'époque des anémies symptomatiques et spécialement de celles qui sont liées au développement des néoplasmes.
Telles sont les conditions générales qui prédisposent à l'anémie et aux différentes formes d'anémie suivant les diverses phases de l'évolution de l'organisme.
Il ne nous reste plus à examiner que les causes prochaines de la lésion du sane:
G. Hayej. — Thér. IL