‹ Leçons sur les affections de l'appareil lacrymal [electronic resource]Chapitre 7 sur 35 · PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL «EXCRÉTEUR DES LARMES · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL «EXCRÉTEUR DES LARMES

activée par le courant d'air établi dans l'intérieur des fosses nasales à chaque mouvement d'inspiration et d'expiration.

Rava regarde l'évaporation comme ne constituant qu'un agent très-peu actif de l'écoulement des larmes. L'auteur italien a fait des expériences, d'après lesquelles il se croit autorisé à conclure que l'écoulement du liquide lacrymal est presque exclusivement sous la dépendance de la raréfaction de l'air, produite dans les fosses nasales par les mouvements inspiratoircs. Bien que ces expériences ne nous paraissent pas toutes absolument concluantes, neus allons les passer rapidement en revue.

Dans un premier cas, Rava introduit dans la cavité du sac, à travers une fistule, une petite boulette de coton imprégnée de teinture de tournesol. Puis, après avoir pris soin de boucher l'orifice fistuleux avec du taffetas, il constate qu'un collyre à l'acide citrique, ins'.illé sur la conjonctive, passe dans le sac- et décolore le tournesol.

Dans une seconde expérience, il commence par boucher hermétiquement le canal nasal, vers l'extrémité inférieure du sac, au moyen d'une boule de caoutchouc, puis il procède de la même façon que dans la première expérience : il constate alors que le tournesol reste inctact, preuve que l'acide citrique n'a point pénétré dans le sac. Ce résultat le conduit à cette conclusion que l'écoulement des larmes, et même leur pénétration dans le sac, sont sous la dépendance du mouvement que les deux temps de la respiration impriment à l'air, vers l'orifice inférieur du canal nasal.

Après avoir constaté chez un jeune homme bien portant le passage dans le nez de collyres à l'acide citrique et au sulfate de soude, Rava, dans une troisième expérience, tain-

ponnc hermétiquement l'orifice postérieur de la fosse nasale correspondante, et observe que ces mômes collyres rie parviennent plus alors dans la narine. Il conclut de là encore, comme précédemment, que le défaut de courant inspiratoire est la véritable cause qui empêche l'écoulement du liquide lacrymal. 11 ne se refuse pas toutefois à accorder une certaine part à la diminution de l'évaporation qui résulte de l'occlusion de la narine.

En définitive, dans la théorie de Rava, on pourrait comparer les voies aériennes à un de ces appareils pulvérisateurs, aujourd'hui si répandus, dans lesquels, comme on sait, la colonne d'air en mouvement devient l'agent d'entraînement et de pulvérisation du liquide odorant ou médimenteux.

Nous résumerons tout ce qui précède sur le fonctionnement de l'appareil d'excrétion des larmes, en disant :

1° Que le liquide lacrymal est conduit, dé l'angfe externe de l'œil jusqu' aux points lacrymaux , par l'action de deux forces physiques, la pesanteur et la capillarité, aidées de l'intervention d'une force vitale, la contraction de Yorbiculaire ;

2° Que le sac lacrymal et le canal nasal se chargent de liquide sous l'influence de la capillarité, qui trouve une cause adjuvante dans la contraction de Yorbiculaire ;

3° Que les larmes s'écoulent à travers le canal lacrymonasal, grâce à l'action combinée de deux forces physiques : l'une, très-puissante, Yévaporation, secondée par l'action mécanique du courant aérien ; l'autre, peu active, pesanteur. Aces deux forces physiques, il convient d'ajouter l'action d'une force vitale, la contraction du petit muscle de

Page 1